Observatoire français des tornades et orages violents

Tornade EF0 à Sainte-Maxime (Var) le 18 mai 2013

Le 18 mai 2013, vers 8h40 locales, une tornade de très faible intensité (EF0), issue d'une trombe marine, touche brièvement la commune de Sainte-Maxime, dans le Var. Fait inédit, le phénomène touche terre à deux reprises : d'abord pointe des Sardinaux, où il se dissipe une première fois; puis plage de la Nartelle, où il s'évanouit définitivement. 
 

Principales caractéristiques de la tornade

Tornade de Sainte-Maxime, dans le Var, le 18 mai 2013 : localisation de la tornade.intensité maximale :  EF0, soit des vents estimés de 105 km/h à 135 km/h
* distance parcourue : 1,1 kilomètre dont 950 mètres en mer
* largeur moyenne : indéterminée

* commune traversée : SAINTE-MAXIME (pointe des Sardinaux, plage de la Nartelle)
* département : VAR (83)
* altitude moyenne du terrain : 2 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, pelouses naturelles

* principaux dégâts : sable projeté en l'air, probables dommages légers au mobilier urbain (à confirmer)
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 


Reconstitution du phénomène

Une trombe marine se développe au large du golfe de Saint-Tropez avant 8h37 locales. A 8h39, elle touche la pointe des Sardinaux. Ce premier contact avec la terre ferme génère une première phase de dissipation. Très rapidement, la trombe se reconstitue à 8h40 et touche terre une seconde fois au niveau de la plage de la Nartelle (8h41) pendant trente secondes, avant de se dissiper définitivement. Le contact sur la terre ferme aura représenté une distance de 150 mètres environ.

La séquence suivante est une série de clichés qui retrace la chronologie du phénomène:
 
 
 

Autres photographies du phénomène

La tornade a également été photographiée par un témoin situé sur la plage des Eléphants, à une distance d'environ 2,5 kilomètres. A cet instant de la photographie (8h38 locales), la trombe marine aborde la pointe des Sardinaux mais le premier contact au sol n'a pas encore lieu :
 
Trombe marine devenant tornade à Sainte-Maxime (© Var matin)
 
Un autre témoin, Laurent Bouvard, positionné sur le port des Issambres (commune de Roquebrune-sur-Argens), à 3 km au nord-est du phénomène, a pu photographier l'événement dans sa globalité.
 
Trombe marine au large du golfe de Saint-Tropez (8h37 locales):
© Laurent Bouvard

Phénomène en approche de la pointe des Sardinaux (8h39) - Reconstitution et 2e contact sur la terre ferme (8h41):


 

Captures vidéo du phénomène

Le phénomène a pu être filmé lorsqu'il atteint la plage de la Nartelle, à 8h41 locales. Très temporairement, du sable est soulevé et le buisson prend une teinte brunâtre. Environ trente secondes plus tard, le tourbillon se dissipe:
 
         
 

Coupure de presse

Var matin consacre une brève sur l'événement dans son édition du 18 mai 2013.
 
Saint-Tropez

Trombe d'eau au large de Sainte-Maxime    

Ce samedi matin, au large de la pointe des Sardinaux, une mini tornade a été aperçue par les responsables de la plage des Eléphants. Ces derniers ont fixé sur l'objectif  la trombe d'eau.
 

Analyse de la situation météorologique

La configuration synoptique associée à la tornade de Sainte-Maxime est une situation dynamique, caractérisée par un rapide flux de sud-ouest sur le sud de la France. Ce flux est piloté par un minimum d'altitude bien creux, calé sur le nord de l'Espagne ce 18 mai en matinée (voir ci-dessous à gauche).

Les cisaillements profonds sont sévères, notamment entre le Var et les Alpes-Maritimes, où ils culminent à 46 m/s dans la simulation réalisée par le modèle WRF (voir ci-dessous au milieu). Ces puissants cisaillements s'appliquent sur une masse d'air modérément instable. Les plus fortes valeurs de MUCAPE sont observées dans le Golfe du Lion (> 500 J/kg), avec néanmoins une extension de l'instabilité sur l'ensemble du littoral méditerranéen (voir ci-dessous à droite).
 

 
Le profil généré par le modèle WRF (coeur ARW) en résolution 6 km (voir ci-dessous à gauche), dans son run initialisé quelques dizaines de minutes avant la formation de la tornade, présente des caractéristiques propices aux phénomènes tourbillonnaires : outre une MUCAPE et une SBCAPE simulées à 237 J/kg et réparties sur une épaisseur suffisante pour générer une convection profonde, on note une forte hélicité en basses couches (SRH 0-3 km de 248 m²/s²). Celle-ci est notamment liée à un cisaillement directionnel marqué, qui génère une structure d'hodographe conforme à la moyenne des hodographes producteurs de tornades dans cette région.

Enfin, la carte pointée (voir ci-dessous à droite) confirme la forte humidification de l'air au niveau du sol (point de rosée de 13°C à Toulon, par ailleurs parfaitement simulé par le modèle), ainsi qu'un fort flux de sud-est en basses couches. A noter que des Cumulonimbus sont signalés par les aéroports de Nice et de Marseille sur ce relevé de 08h locales.


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