Les orages en France en 2025 : bilan d'une année moins orageuse que la normale

13 Janvier 2026

L'année 2025 s'est révélée peu orageuse en terme de fréquence, affaiblie par un printemps peu orageux et un été dans la norme. Des phénomènes parfois sévères ont néanmoins été observés, sur le plan de la grêle, des tornades et des rafales de vent. Bilan complet.

Les chiffres clés

Une activité orageuse proche de la normale

Afin d'évaluer de manière précise le niveau d'activité orageuse en France, Keraunos calcule quotidiennement depuis le 1er janvier 2009 l'indicateur de sévérité orageuse (ISO). Il s'agit d'un indicateur multi-paramétrique, qui permet de ne pas se limiter à la seule activité foudre pour qualifier le niveau d'activité orageuse. Il prend ainsi en compte : l'étendue spatiale couverte par les orages, l'intensité des précipitations produites, l'intensité des chutes de grêle et des rafales convectives, ainsi que les occurrences de tornades. L'ensemble permet d'obtenir un score quotidien, qui varie généralement entre 0 et 30, et qui fournit la représentation la plus objective possible du niveau d'activité orageuse sur le pays.

En 2025, le score moyen annuel s'établit à 2,4 pour une normale 2009-2025 de 2,4. L'année a donc présenté un niveau de sévérité orageuse proche de la moyenne des 15 dernières années.

Le graphique ci-dessous présente les moyennes mensuelles, et leur position par rapport aux valeurs enregistrées depuis 2009. Même si l'année est normale dans sa globalité, on note des disparités d'un mois à l'autre : l'activité orageuse a en effet été plus marquée qu'à l'ordinaire en janvier et en mars, alors que les autres mois ont présenté une activité proche ou inférieure à la normale. On peut d'ailleurs noter que le coeur de la saison orageuse (juin-août) a été globalement moins orageux que la normale. Le mois d'octobre a également été particulièrement calme.

L'analyse des valeurs quotidiennes de l'I.S.O montre, comme chaque année, que plusieurs vagues orageuses ont concerné la France en 2025. On note plus particulièrement 4 séquences orageuses actives au cours de cette année :

  • première quinzaine de mai
  • fin juin
  • mi-juillet
  • fin août / début septembre


La journée la plus orageuse de l'année 2025 s'est produite en début d'été, le 25 juin, avec un score de 41. Il s'agit du maximum annuel le plus élevé depuis la mise en place de l'indicateur en 2009 ; cette journée constitue donc le nouveau record absolu de journée la plus orageuse en France depuis 16 ans.

Pour plus d'informations, consultez les bilans mensuels de l'année 2025, et les données détaillées par département.

230 jours avec orage en France en 2025 : une fréquence inférieure à la normale

Au niveau national, on dénombre 230 jours avec orage en 2025 (234 en 2024), soit une valeur inférieure à la moyenne des 15 dernières années. 63% des journées de l'année ont ainsi été marquées par au moins un orage sur la France.  

Comme les six années passées, aucun département ne dépasse la barre des 100 jours avec orage sur l'ensemble de l'année. Le département des Hautes-Pyrénées enregistre le score le plus élevé de France avec 83 jours d'orage relevés. Il est suivi de près par les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques (82 jours), la Corse (81 jours), les Pyrénées-Orientales (80 jours), le Var (79 jours) et les Alpes-Maritimes (78 jours). 

De manière conforme à la climatologie - mais de façon particulièrement prononcée en 2025 -, les orages ont été moins fréquents sur le nord-ouest du pays. Ainsi, hormis Paris et la petite couronne, dont le chiffre est à considérer en regard de leur très faible superficie, il n'a été relevé que 25 jours d'orage dans le Calvados et le Morbihan. 26 jours sont comptabilisés en Eure-et-Loir, 27 dans les Côtes-d'Armor ou la Sarthe, 28 dans les Deux-Sèvres, l'Oise et le Maine-et-Loire et 29 dans l'Orne. 

Au total, la France enregistre un léger déficit de jours d'orage qui s'élève à 12 jours. A l'échelle départementale, on observe des déficits très largement majoritaires sur les trois quarts nord du pays ; les seuls départements qui enregistrent des excédents se situent pour leur part des Pyrénées aux régions méditerranéennes (+12 jours dans les Hautes-Pyrénées, +11 jours dans le Gard, +9 jours dans le Var ou la Corse-du-Sud).
Les déficits atteignent pour leur part 18 jours dans le Calvados ou le Nord, 17 jours dans le Cher et le Loiret, 16 jours en Moselle, Oise et dans la Sarthe.

De manière logique, l'activité foudre associée aux orages a été faible dans le centre-ouest du pays et près des côtes de la Manche en 2025, comme le montre la carte ci-dessous. Des densités d'éclairs localement fortes ont en revanche été observées dans le sud de l'Aquitaine, ainsi que de l'Occitanie à la Lorraine. Quelques séquences bien électriques ont également été relevées entre Normandie et nord-ouest du Bassin Parisien :

Grêle et violentes rafales plus fréquentes du nord-est au sud du pays

33 tornades certaines (liste 1) ont été recensées en 2025, dont trois d'intensité EF2 à Roche le 1er juin, Guéhenno le 2 septembre et Ermont le 20 octobre.
On relève par ailleurs près de 720 occurences de rafales convectives > 90 km/h, environ 5600 chutes de grêle > 2 cm, près de 3400 lames d'eau significatives et 137 dégâts significatifs dus à la foudre.

Les cartes ci-dessous (vert : fortes chutes de grêle, jaune, orange et rose : rafales convectives > 90 km/h, micro/macrorafales, bleu : pluies intenses, rouge : dégâts dus à la foudre) présentent la répartition géographique de chaque phénomène observé.

On note une activité grêle encore assez marquée cette année avec de multiples fortes chutes qui ont provoqué des dégâts significatifs notamment sur la moitié sud du pays.
Les événements venteux sont quant à eux assez bien répartis sur la France avec des occurrences de micro/macrorafales plus importantes sur le centre-est du pays. La répartition spatiale des événements pluvieux intenses a été plus fortement représentée sur les régions du sud-est, ce qui est conforme à la climatologie.

Une instabilité proche de la norme en 2025

L'instabilité moyenne en France a été conforme à la normale 1991-2020 en 2025 (+4%). Ce constat cache toutefois de fortes disparités régionales :

  • une instabilité durablement déficitaire a concerné tout le centre du pays, ainsi que les abords de la Bretagne et les départements proches des frontières belges. Le déficit de MUCAPE avoisine parfois -20% sur ces régions, jusqu'à -26% dans l'Indre.
  • à l'inverse, l'instabilité a été excédentaire dans le sud du pays, près des frontières de l'est, ainsi qu'entre Bassin Parisien et Haute-Normandie. La Corse s'adjuge les excédents les plus marqués (> +40%).

Au total, l'année 2025 constitue la 9ème année consécutive avec instabilité normale ou excédentaire en France. Il faut en effet remonter à 2016 pour observer une instabilité moyenne inférieure aux normales 1991-2020.

Cette situation s'explique essentiellement par un contexte dynamique davantage propice aux orages sur le sud du pays qu'au nord.

On note en effet la présence récurrente en 2025 de géopotentiels plus bas que la normale sur le nord de l'Atlantique (à 500 hPa), et à l'inverse plus hauts que le normale de l'Europe Centrale à la Mer du Nord et à l'Islande (ci-dessous à gauche). Dans ce type de configuration, les conditions anticycloniques tendent à prévaloir sur le nord de l'Europe, et par extension sur le nord de la France ; en réponse, le flux perturbé de l'Atlantique se trouve dévié vers le sud, principalement en direction de l'Espagne. On retrouve des éléments de même nature en analysant l'anomalie de pression réduite au niveau de la mer (ci-dessous à droite), avec des pressions trop élevées sur une large partie centrale de l'Europe, débordant jusque sur le nord de la France et sur toute la Mer du Nord, et à l'inverse une tendance dépressionnaire durable sur l'Espagne, débordant sur le sud de la France :

Dans des configurations synoptiques de ce type, les flux dominant tendent à s'orienter au SSO à SSE d'une part, ou à l'E lorsque les hautes pressions débordent largement sur la France. Conséquemment, ce sont des masses d'air plus chaudes que la normale qui ont de nouveau été dirigées vers la France en 2025, avec un excédent de 1 à 1,5°C à 850 hPa par rapport à la normale récente (1991-2020). Les contenus en eau précipitable ont également été excédentaires, tout particulièrement en Espagne, et par extension jusque sur le sud de la France :