Observatoire français des tornades et orages violents

Séquence orageuse remarquable du 18 au 23 juin

Une séquence orageuse, mettant fin à un épisode de canicule remarquable, a concerné la France du 18 au 23 juin. Supercellules multiples ont provoqué des chutes de grêle fréquentes et destructrices.


Supercellule dans l'Allier le 21 juin - Eric TARRIT


Faits marquants observés

- multiples violentes supercellules, provoquant des chutes de grêle de 3 à plus de 10 cm de diamètre, des rafales isolées de 90/110 km/h :
Dès le 18 juin, des supercellules provoquent de fortes chutes de 2 à 5 cm de diamètre de la Gironde à la Touraine.
Le 19 juin, l'axe grêligène se décale du nord-est de l'Aquitaine jusqu'à la région Centre où à nouveau des chutes de 2 à 5 cm sont observées.
Le 20 juin, la grêle fait des dégâts considérables dans le sud-ouest, avec des diamètres supérieurs à 5 cm relevés entre Gironde, Charentes et Dordogne. En Béarn et Bigorre, des grêlons géants (> 10 cm) sont reportés.
Le 21 juin, les violentes chutes de grêle (jusqu'à 8 cm) se concentrent aux abords du Massif-Central, entre Allier, Nièvre, Cher et Saône-et-Loire notamment.

- inondations locales en raison d'orages localement diluviens sous des MCS ou clusters multicellulaires :
Le 19 juin, la région Centre Val de Loire est la plus touchée par les fortes pluies. Jusqu'à 73 mm sont relevés à Lorris (45), avec plus généralement 30 à 60 mm.
Le 20 juin, de 30 à 50 mm ont été localement relevés en Nouvelle-Aquitaine et sud du Centre avec jusqu'à 55 mm à Clion (17).
Le 22 juin, des lames d'eau de 40/60 mm sont relevés dans le Pays de la Loire, avec parfois jusqu'à plus de 80 mm comme à Mayenne (53) avec 89 mm recueillis. Localement, de forts cumuls sont enregistrés en Rhône-Alpes avec 64 mm à l'aéroport de Lyon.
Le 23 juin, un vaste MCS provoque des pluies intenses entre le nord Midi-Pyrénées, le Massif-Central et l'est Aquitaine. 50 à 70 mm sont parfois relevés.

- plus de 140 000 éclairs détectés sur la période, faisant de cette séquence l'une des plus orageuses de ces dernières années. 


Des supercellules récurrentes provoquent des dégâts importants

La goutte froide responsable de l'épisode caniculaire exceptionnel de la mi-juin est restée bloquée plusieurs jours durant dans le Golfe de Gascogne. Réalimentée par un thalweg Atlantique le 19 juin, le système dépressionnaire a généré de nombreux épisodes orageux durant plus de 5 jours sur bon nombre de régions françaises.

Plusieurs forçages dynamiques ont circulé sur la France. Durant toutes ces journées, une instabilité très marquée combinée à des cisaillements importants ont contribué au développement de très nombreuses supercellules et de MCS très pluvieux.
Quotidiennement, des branches de jet assez puissantes ont circulé sur le pays, autorisant ainsi le développement de ces supercellules en raison de cisaillements significatifs. Ces orages ont provoqué de nombreux épisodes de grêle forte ou violente.


Les phénomènes observés sur la France durant la période ont été récurrents, avec des occurences de violentes chutes de grêle assez remarquables. On a ainsi comptabilisé près de 1400 fortes chutes de grêle (> 2 cm) durant cette séquence orageuse, dont près de 130 violentes chutes (> 5 cm de diamètre) ce qui est absolument considérable :



On constate aisément les empreintes des supercellules les plus actives sur la carte de densité de foudroiement présentée ci-dessous. Avec plus de 140 000 éclairs détectés sur la période 18-23 juin, la séquence apparaît comme l'une des plus orageuses de ces dernières années :


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