Observatoire français des tornades et orages violents

Tornade EF2 à Saint-Aunès (Hérault) le 14 septembre 2006

Une tornade d'intensité modérée (EF2) s'abat à l'est de Montpellier (Hérault), le 14 septembre 2006, vers 2h45 locales. Le phénomène, qui a été ressenti par plusieurs témoins, touche plus particulièrement la commune de Saint-Aunès. La tornade pourrait être issue d'une trombe marine qui aurait pris naissance sur l'étang de l'Or, avant de toucher quatre communes dans l'intérieur des terres. 
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés de 175 km/h à 220 km/h
* distance parcourue : 10 kilomètres
* largeur moyenne : 150 mètres

* communes traversées : MAUGUIO (Etang de l'Or), SAINT-AUNÈS (la Crouzette, Z.A.C Saint-Antoine), VENDARGUES (stade, la Devèze), CASTRIES
* département : HÉRAULT (34)
* altitude moyenne du terrain : 30 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, zones industrielles et commerciales, vignobles, systèmes culturaux et parcellaires complexes, forêts, marais maritimes

* principaux dégâts : conifères brisés à mi hauteur ; certains arbres (oliviers notamment) brisés et transportés à distance, retrouvés au milieu de champs ; certains feuillus de taille moyenne brisés ; vignes couchées avec leurs échalas ; toitures endommagées, l'une arrachée ; pylônes électriques en bois rompus ; petits pylônes électriques en béton rompus ; bungalow soufflé jusqu'aux fondations ; cage d'une dizaine de mètres (élevage d'oiseaux) soulevée et projetée dans la maison voisine ; panneaux publicitaires tordus ; moissonneuse-batteuse de 6 tonnes déplacée de 5 mètres dans un hangar ; hangar agricole dépourvu de toiture ; voitures déplacées au milieu des rues ; éléments de toiture et bardeaux de métal arrachés aux magasins d'une ZAC ; multiples projections de débris ; réverbères effondrés ; petits oiseaux tués par des débris

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF,
mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
  

Parcours de la tornade

 
© (Keraunos) fond de carte : Géoportail
 

Un bungalow soufflé jusqu'aux fondations

La tornade de Saint-Aunès a été identifiée à l'appui d'une enquête de terrain, qui a permis de déterminer un sens de rotation cyclonique tout au long de la trajectoire. Les dégâts sont multiples et affectent tout autant les infrastructures, la végétation et les bâtiments. La largeur du couloir de dégâts atteint 150 mètres, pour une trajectoire certaine de 10 kilomètres qui présente une inflexion à mi-parcours.

Les premiers dommages sont identifiés dans des lotissements situés à l'Ouest de Mauguio, où la tornade s'accompagne d'un énorme sifflement, tel un avion qui s'écrasait sur les maisons. Il est possible que le phénomène se soit constitué en mer, mais aucun dégât n'a pu être constaté dans le secteur de l'étang de l'Or. Il est donc possible que le tourbillon, alors au stade de tuba, se soit développé au-dessus des terres et ait touché le sol à plusieurs kilomètres du littoral. 
 
Sur les cinq premiers kilomètres de son parcours, la tornade suit une ligne rigoureusement droite en direction du Nord-Ouest. Sur le territoire de la Crouzette, commune de Saint-Aunès, la trajectoire subit une inflexion assez importante et le phénomène dévie en direction du Nord. L'agglomération de Saint-Aunès est ainsi épargnée, à la différence de Vendargues qui est traversée de part en part.
 
C'est sans conteste à l'Est et au Nord-Est (ZAC Saint-Antoine) de Saint-Aunès que la tornade a déployé le plus de force. Les dégâts relèvent d'une intensité EF2 et sont localement importants. Ailleurs, les dommages présentent davantage les caractéristiques d'une intensité EF1. Les dégâts les plus remarquables sont les suivants : conifères brisés à mi hauteur ; certains arbres (oliviers notamment) brisés et transportés à distance, retrouvés au milieu de champs ; certains feuillus de taille moyenne brisés ; vignes couchées avec leurs échalas ; toitures endommagées, l'une arrachée ; pylônes électriques en bois rompus ; petits pylônes électriques en béton rompus ; bungalow soufflé jusqu'aux fondations ; cage d'une dizaine de mètres (élevage d'oiseaux) soulevée et projetée dans la maison voisine ; panneaux publicitaires tordus ; moissonneuse-batteuse de 6 tonnes déplacée de 5 mètres dans un hangar ; hangar agricole dépourvu de toiture ; voitures déplacées au milieu des rues ; éléments de toiture et bardeaux de métal arrachés aux magasins d'une ZAC ; multiples projections de débris ; réverbères effondrés.
 
A noter que le gardien de l'entreprise EMF, présent dans le bungalow pendant le phénomène, n'en a été quitte que pour une grosse frayeur. On a en revanche retrouvé plusieurs petits oiseaux morts sur la trajectoire de la tornade, assommés par des débris ou écrasés par des objets lourds
 
Les photographies suivantes illustrent les principaux dégâts occasionnés par la tornade de Saint-Aunès : 
 
 
1    Saint-Aunès - La Crouzette - moissonneuse-batteuse de 6 tonnes déplacée de 5 mètres 
2    Saint-Aunès - ZAC Saint-Antoine - clôtures pliées ou tordues 
3    Saint-Aunès - ZAC Saint-Antoine - panneau publicitaire tordu et partiellement détruit 
4    Saint-Aunès - ZAC Saint-Antoine - colonne en Inox détériorée par des projectiles
5    Saint-Aunès - ZAC Saint-Antoine - mobil-home entièrement détruit (seul subsiste un emplacement vide) - Vue en direction de Vendargues
6    Vendargues - Dégâts sur le stade - grillages pliés
7    Pylônes électriques (bois) rompus
8    Pylônes électriques (béton) rompus 
9    Oiseaux retrouvés morts sur la trajectoire de la tornade (écrasement ou projection de débris)
 

Coupure de presse

Le Midi Libre évoque le phénomène dans son édition du 15 septembre 2006:

Une tornade ravage entreprises et lotissements

« Une vraie tornade », affirment les témoins, s'est abattue sur Mauguio, au bord de l'étang de l'Or dans la nuit de mercredi à jeudi, puis est remontée plus au nord, vers Saint-Aunès et Vendargues, aux portes de Montpellier, provoquant d'importants dégâts matériels.

A Mauguio c'est dans un seul lotissement que les dégâts se sont concentrés. « J'ai entendu un énorme sifflement vers trois heures du matin, et puis d'un coup, un bruit énorme. J'ai cru qu'un avion de Fréjorgues venait de percuter ma maison », rapporte William Sina, un jeune Melgorien qui a encore beaucoup de mal à se remettre de cette terrible nuit. Avec son amie, ils n'ont eu que le temps de bondir hors du lit avant que les tuiles ne s'abattent sur leur couche.

Les vents accompagnés d'une pluie battante ont arraché nombre de toitures dans le quartier, abattu des arbres, et même déplacé des voitures au milieu des rues.

A Saint-Aunès, il ne reste qu'une simple dalle de béton sur l'emplacement d'un bungalow occupé par le gardien de l'entreprise EMF, sur la zone industrielle et commerciale de Saint-Antoine. La structure, les murs, les portes et fenêtres, le toit se sont envolés... Et pas le moindre vestige n'a pu être retrouvé. Le gardien, ruisselant sous la pluie glaciale, en pyjama, légèrement blessé et surtout choqué, a été transporté dans un l'hôpital montpelliérain par les pompiers.

Les autres entreprises implantées sur le sommet de la colline n'ont pas été épargnées : sur une bande d'environ 200 mètres de large, la plupart des vitres ont été brisées par les objets qu'emportait un vent furieux : éléments de toiture, bardeaux de métal, panneaux d'affichage, mobilier... sont allés atterrir tout près du centre commercial Leclerc, épargné. En contrebas, le personnel d'un entrepôt s'active, excédé de devoir lessiver, « des tonnes de boue », à chaque épisode pluvieux.

« On n'ose pas imaginer le carnage si la catastrophe s'était produite en plein jour, avec les gens qui font leurs courses à côté. Il y aurait eu des morts, c'est sûr », en frémit un ouvrier. Dans le prolongement de la zone industrielle, des chênes centenaires sont tombés, certaines maisons ont pris 80 cm d'eau, plus de 200 villas ont vu leurs toits arrachés à Vendargues, où le stade est ravagé. Presque autant au sud, dans le quartier de la Crouzette. Là, plus d'une centaine d'oiseaux exotiques ont profité de la destruction de leur volière pour reprendre leur liberté.
 

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