Des orages parfois puissants ont concerné les Hauts-de-France le jeudi 18 juin, à l’issue d’une journée de très forte chaleur.
Une supercellule très active entre Normandie et Nord – Pas de Calais
Un système pluvio-instable évolue dès la matinée du 18 juin entre Bretagne et Basse-Normandie. Au fil de la journée, il progresse vers l’est et s’alimente dans une masse d’air de plus en plus surchauffée en basses couches et de plus en plus instable. Il finit ainsi par développer une activité orageuse en Haute-Normandie, en s’organisant progressivement sous la forme d’un QLCS (Quasi-Linear Convective System, ou système convectif quasi-linéaire).
Vers 15h30 locales, la pointe sud du système commence à acquérir une organisation supercellulaire, lors de son transit sur la Seine-Maritime. Vers 17h00, après 1h30 d’intensification progressive, la supercellule finit par présenter une structure stable et aboutie. Elle circule à ce moment-là à proximité d’Amiens (Somme), et poursuit sa route vers l’est/nord-est.
L’activité électrique s’accentue alors fortement et la supercellule devient mature, puissante et très bien structurée. Entre 18h45 et 20h00, elle traverse le sud du département du Nord, en présentant une signature radar typique. Les radars Doppler confirment la présence d’un mésocyclone stable et vigoureux, avec un dipôle de vitesses radiales bien structuré. De très fortes rafales de vent et de fortes chutes de grêle sont observées à son passage, avant qu’elle ne se dissipe en approchant de la frontière belge.
L’animation radar ci-dessous montre l’évolution du QLCS et de la supercellule qui a circulé à son extrémité sud entre 15h et 21h locales :
Animation radar du 18 juin 2026 entre 15h et 21h locales. © KERAUNOS
Les images du radar d’Abbeville témoignent d’un cas d’école de signature supercellulaire, avec une structure typique en crochet pour les réflectivités, et un dipôle de vitesses radiales bien concentré :
Un impact de foudre surpuissant dans le Nord
Cette supercellule a produit une activité électrique particulièrement soutenue entre le nord-est d'Amiens (Somme) et Locquignol (Nord). Sur cet axe, des décharges intranuageuses incessantes ont été observées au sein des courants descendants avant, associées à des impacts le plus souvent négatifs.
Une chute de foudre de très forte puissance ("superbolt") a d'ailleurs frappé le nord de la commune d'Aulnoye-Aymeries (Nord), à l'avant immédiat du courant descendant avant. Avec un ampérage estimé à 343 kA, soit une valeur 15 fois supérieure à celle d'un éclair "normal", il se distingue comme l'impact de foudre le plus puissant de cette journée en France. Seuls 0,01% des éclairs en France parviennent à dépasser le seuil de 300 kA.
Au moins deux autres supercellules entre Somme et Nord
Dans le même temps, une autre structure supercellulaire a évolué entre le sud Pas-de-Calais et la partie centrale du Nord (région de Lille).
Les photos ci-dessous, prises depuis le sud-ouest de Lille, montrent l’aspect visuel de cette cellule ainsi qu'un tuba qui s’est développé sur son flanc occidental :
Une troisième supercellule s’est par ailleurs formée en début de soirée dans l’ouest de la Somme, avant de circuler sur le nord de l’Aisne puis l’extrême sud-est du Nord (Avesnois).