Observatoire français des tornades et orages violents

Tornade EF2 à Rognac (Bouches-du-Rhône) le 14 septembre 1911

Le 14 septembre 1911, au terme d'un violent orage de grêle, une tornade d'intensité modérée (EF2) balaie le quartier de la gare de Rognac (Bouches-du-Rhône). Le phénomène, vraisemblablement issu d'une trombe formée sur l'étang de Vaïné, provoque des dégâts matériels importants et blesse deux personnes.

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 2,3 kilomètres
* largeur moyenne : indéterminée

* communes traversées : VITROLLES (étang de Vaïné), ROGNAC (gare)
* département : BOUCHES-DU-RHÔNE (13)
* altitude moyenne du terrain : 18 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés ; territoires agricoles ; surfaces en eau

* principaux dégâts : oliviers et amandiers arrachés par le vent ; palissades et poteaux télégraphiques abattus ; enseignes emportées ; nombreuses toitures d'habitations emportées avec effondrement des cloisons intérieures ; un hangar servant de remise, entièrement démoli ; un olivier entier transporté par le vent et déposé dans un jardin ; pins vigoureux sectionnés ; poteaux télégraphiques et mâts de signaux abattus sur environ 400 mètres sur la voie ferrée ; sémaphore arraché sur la voie ; 4 wagons chargés renversés ; ballots de foin (80 kg chacun) emporté par le vent et déposés à 250 mètres pour certains d'entre eux

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade 

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© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
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Un accident de train express évité de justesse

La tornade de Rognac du 14 septembre 1911 survient au terme d'un orage violent qui sévit sur toute la région qui avoisine l'étang de BerreUne équipe du Petit Marseillais, qui a enquêté sur le phénomène, identifie les premiers dégâts sur la terre ferme près du lieu-dit l'Agneau, jusqu’à 400 mètres environ au-delà de la gare. La trajectoire peut être estimée à 2,3 kilomètres, selon un sens de déplacement du sud vers le nord (190°). La largeur du tourbillon, qui reste indéterminée, doit être peu significative : «la base de sa colonne dévastatrice était également de peu d'étendue et le sillon de ruine et de dégâts qu'elle traça en capricieux zigzags à travers les champs et à travers la ville peut être facilement suivi. »

La tornade est annoncée à 23h55 par un « formidable bruissement », quelques minutes après un orage de grêle. Les dommages qu’elle provoque à travers la ville et la campagne sont significatifs et relèvent d’une intensité EF2 : oliviers et amandiers arrachés par le vent, palissades et poteaux télégraphiques abattus, enseignes emportées, nombreuses toitures d'habitations emportées avec effondrement des cloisons intérieures, un hangar servant de remise, entièrement démoli, un olivier entier transporté par le vent et déposé dans un jardin, pins vigoureux sectionnés, poteaux télégraphiques et mâts de signaux abattus sur environ 400 mètres sur la voie ferrée, sémaphore arraché sur la voie, 4 wagons chargés renversés, ballots de foin (80 kg chacun) emporté par le vent et déposés à 250 mètres pour certains d'entre eux.

Signalons également que la tornade de Rognac blesse 2 personnes, dont l’une plus grièvement et dans des circonstances qui auraient pu être dramatiques. Une première victime reçoit des projections de décombres dans son lit, dans le bâtiment du buffet de la gare dont la toiture est emportée. Une seconde personne est ensevelie sous les décombres du toit du poste de garde dans lequel elle se trouvait. Il s’agit d’un bloqueur, occupé à émettre les bons signaux pour le passage des trains express. C’est précisément au moment du passage de la tornade qu’il indique que la voie est libre, avant d’être blessé. La voie s’obstrue à son tour de poteaux électriques et de débris divers, alors qu’un train express doit circuler sur la voie à 23h59… Le professionnalisme du conducteur du train permet d’éviter le pire : voyant qu’aucun signal habituel n’indique qu’il peut circuler librement (les signaux ayant été arrachés par le vent), il prend le soin de ralentir, et stoppe finalement sa machine. Ce bon réflexe permet d’éviter un déraillement qui aurait pu entraîner des conséquences catastrophiques.

Photographies des dommages d'après des illustrations du Petit Provençal : à gauche, ce qu'il reste du poste de garde des bloqueurs ; à droite, remise du restaurant "Figon" détruite : 

© Le Petit Provençal
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