Traîne très active entre le nord de la France et les îles britanniques, avec tornade en cours sur le Nord - Pas de Calais. Image satellite infrarouge Météosat du 7 janvier 1998 à 23h30 TU.
Traîne très active entre le nord de la France et les îles britanniques, avec tornade en cours sur le Nord - Pas de Calais.
Image satellite infrarouge Météosat du 7 janvier 1998 à 23h30 TU.
 
 
On associe spontanément les tornades fortes à violentes aux orages les plus intenses de la saison estivale. Pourtant, il arrive épisodiquement que des tornades d’intensité EF3 ou supérieure viennent frapper la France durant la saison froide. Le mois de janvier ne fait pas exception en la matière et plusieurs tornades de cette catégorie ont déjà été recensées sur notre pays durant cette période de l’année, soit en plein cœur de l’hiver météorologique.
 
 

Les plus fortes tornades de janvier en France

Les tornades de forte intensité (intensité EF3 ou supérieure) recensées en France durant le mois de janvier sont au nombre de 4. Toutes d'intensité EF3, elles se répartissent à parts égales entre le 19ème et le 20ème siècle :
 
  le 29 janvier 1836, une tornade d’intensité EF3 frappe le secteur de Trébeurden, dans les Côtes-d’Armor. Elle détruit un sémaphore et endommage très sérieusement plusieurs maisons du village.
 
  le 6 janvier 1880, une tornade d’intensité EF3 s’abat sur Saint-Georges-de-la-Rivière, dans la Manche. Plusieurs habitations sont touchées, avec des murs lézardés. L'église est dite "réduite à un tas de décombres" sans que nous n'ayons plus d'informations.
 
  le 25 janvier 1971, une tornade d’intensité EF3 sillonne l’ouest de la commune de La Rochelle, en Charente-Maritime. Elle provoque de gros dégâts matériels dans une zone industrielle et arrache les toitures de plusieurs habitations.
 
  le 7 janvier 1998, une tornade d’intensité EF3 frappe le secteur de Saint-Omer-Capelle, dans le Pas-de-Calais. Elle traverse plusieurs villages, décapite le clocher d'une église et provoque l'effondrement d'un pylône à très haute tension.
 
NB : le classement EF3 de ces quatre tornades signifie que les vents maximum générés par ces tourbillons sont estimés entre 220 et 270 km/h (en savoir plus sur l’échelle de Fujita améliorée).
 
 

Une nette prédominance littorale

Ces événements montrent que des phénomènes convectifs violents peuvent se rencontrer même en janvier, en dépit d'une climatologie qui fait de ce mois l'un des moins orageux de l'année. De fait, la France est exposée au risque de tornades en toutes saisons.
 
Ce risque d'orages hivernaux destructeurs tend à être plus sensible près des côtes, comme le rappellent ces 4 cas, tous situés à proximité immédiate de zones littorales. Cette prédominance côtière s'explique par la présence régulière, durant l'hiver, d'un air plus doux et plus humide, et dès lors plus instable, sur les régions proches de la mer que dans l'intérieur des terres.
Il est d'ailleurs intéressant de remarquer que 3 de ces 4 tornades EF3 ont débuté leur trajet en mer, sous forme de trombe marine.

A noter qu'une étude détaillée des tornades de La Rochelle (25 janvier 1971) et de Saint-Omer-Capelle (7 janvier 1998) a été présentée durant le 5ème séminaire KERAUNOS (Lyon 2013), avec une analyse spécifique du potentiel supercellulaire et tornadique lié à ces deux épisodes.
 
 

En savoir plus sur les tornades

 
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  Tornade la Rochelle 1971
Faits marquants
 
  Lire le dossier dédié à la tornade de la Rochelle du 25 janvier 1971
         
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