Observatoire français des tornades et orages violents

Dégradation orageuse de grande ampleur le 4 juin

Une dégradation orageuse de grande ampleur a concerné plusieurs régions de France le 4 juin. Plus de 50.000 éclairs ont été détectés et des orages violents avec chutes de grêle jusqu'à 8 cm de diamètre. 


Supercellule et extranuageux en Saône-et-Loire le 4 juin - Yannick MOREY


Faits marquants de la dégradation

- multiples violentes supercellules, provoquant des chutes de grêle de 3 à 8 cm de diamètre, des rafales isolées de 90/110 km/h sur le centre de la France,
- pluies intenses sur le nord du pays, allant jusqu'à 70 mm relevé en peu de temps en Normandie et en Bretagne, avec des pointes estimées à plus de 100 mm sur le nord des Côtes-d'Armor ou l'est du Finistère,
- une personne décédée à Rouen, suite à des pluies intenses associées à de la grêle (inondations et coulées de boue),
- plus de 50000 éclairs détectés, faisant de cette journée la plus orageuse depuis le début de l'année et même depuis août 2019.

Violentes chutes de grêle, pluies intenses et activité électrique soutenue

Un vaste thalweg en position sur le proche Atlantique depuis mercredi est venu pivoter vers la France, en phase avec la remontée depuis l'Espagne d'une anomalie de tropopause qui a gagné l'ouest de la France en fin de journée.
Le soulèvement dynamique induit s'est révélé puissant, avec deux ondulations de jet, la première affectant durablement la moitié nord du pays, et la seconde remontant de l'Aquitaine à la Bourgogne en fin d'après-midi et en soirée. Les deux entrées de jet streak associées étaient fortement diffluentes et ont favorisé d'autant plus les mouvements verticaux que le contexte de basses couches a été dominé dans le même temps par une convergence marquée, notamment entre Aquitaine et Bourgogne d'une part, et entre Normandie et Ardennes d'autre part.
L'ensemble a agi sur une masse d'air d'origine tropicale, caractérisée par des thêta'w de 18 à 20°C à 850 hPa, et fortement instable (MUCAPE de 1500 à 2000 J/kg, isolément davantage). La convection s'est dès lors révélée très profonde et très active, d'autant que l'environnement était favorablement cisaillé en profondeur sur la plupart des régions (20 à 25 m/s) et riche en SRH, notamment à proximité des axes de convergence de basses couches (SRH 0-3 km de 250 à 400 m²/s² attendue de manière assez généralisée). 



Dans ce contexte, de multiples systèmes orageux sévères ont pu se développer, de nature supercellulaire pour la plupart mais également sous la forme de multicellulaires assez vastes.
En début d'après-midi, les orages ont concerné le centre-ouest puis le nord-ouest de la France. Les premières structures, supercellulaires, ont provoqué des chutes de grêle fortes, de l'ordre de 2 à 4 cm de diamètre entre l'est des Pays de la Loire et la région Centre (Saumur, Tours, Orélans).

Un système convectif plus vaste et bien organisé s'est ensuite constitué de l'Ile-de-France aux Hauts-de-France et à la Normandie, générant de bonnes pluies (jusqu'à 20/40 mm en peu de temps). Quelques rafales de vent marquées, proches de 90 km/h ont également été relevées. 
Dans le prolongement de la convergence, l'activité orageuse s'est amplifiée jusqu'au nord Bretagne où des chutes de grêle et de fortes pluies se sont produites. Localement, des cumuls très significatifs ont été enregistrés avec par exemple plus de 70 mm à Condé-sur-Vire dans la Manche (record absolu de précipitations en 24h). Mais l'estimation radar permet d'établir que des cumuls supérieurs se sont produits notamment sur le nord des Côtes-d'Armor. Des dégâts importants sont notamment reportés à Paimpol.
A l'opposé, la convection, encore plus virulente, s'est mise en place sur le Massif-Central, entre le Limousin et le val de Saône où jusqu'à 8 supercellules ont coexisté simultanément :



Ces orages ont provoqué des chutes de grêle avec des grêlons atteignant par endroit 7 à 8 cm de diamètre dans la Loire, le Puy-de-Dôme, l'Allier ou la Creuse notamment, plutôt 5 cm sur l'Aveyron, la Haute-Vienne et la Saône-et-Loire.
En raison d'un instabilité non extrême, plafonnant aux environs de 2000 J/kg de MUCAPE, il n'a pas été reporté de grêlons géants (> 10 cm de diamètre).


Près de 50000 éclairs ont été relevés sur l'épisode orageux faisant de cette journée la plus orageuse depuis près de 3 ans :



On distingue sur l'animation satellite thermique l'évolution de la convection durant la journée avec les premiers orages sur le nord-ouest du pays puis les supercellules sur le centre, évoluant au sein d'un système orageux plus vaste en cours de nuit :





Photos de la journée du 4 juin

Des clichés des orages durant cette journée du 4 juin sont présentés ci-dessous :



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