Observatoire français des tornades et orages violents

Episode méditerranéen du 12 au 16 mars 2011

Un épisode méditerranéen durable et significatif pour la saison a concerné la quasi-totalité du bassin entre le samedi 12 mars et le mercredi 16 mars 2011. D'une durée de cinq jours, cet épisode s'illustre par les crues qu'il a générées sur les bassins des Pyrénées-Orientales, de l'Aude, de l'Agoût et du Thoré dans le Tarn.
Sur cinq jours, les lames d'eau dépassent parfois 500 mm sur les Cévennes héraultaises, et plus généralement entre 250 et 400 mm sur le relief des Pyrénées-Orientales, les Corbières, la Montagne Noire, le massif de l'Espinouse, les Cévennes gardoises, ardéchoises et lozériennes.
Un épisode de ce type est peu fréquent au mois de mars. Il faut remonter à mars 1930 pour observer des cumuls similaires sur la zone. Toutefois, les épisodes de mars 2004, mars 1991 ou mars 1981 ont généré des cumuls importants, mais restant inférieurs à 300 mm de manière générale.

 

Lames d'eau et réactions hydrologiques

Lames d'eau observées sur l'ensemble de l'épisode entre le 12 mars à 6h TU et le 17 mars à 6h TU :
+ dans les Pyrénées-Orientales, la lame d'eau maximale enregistrée sur ces cinq jours atteint 349 mm à Céret*. Dix postes pluviométriques relèvent plus de 200 mm et deux postes relèvent plus de 300 mm. La partie du département proche de l'Ariège (secteur de Puymorens) a été la moins arrosée mais recueille toutefois un peu plus de 100 mm. C'est donc le bassin du Tech et la côte Vermeille qui ont été les plus exposés aux forts cumuls.
+ dans l'Aude, c'est la Montagne-Noire qui a connu les cumuls les plus importants puisque le poste de Castans* relève 415 mm sur l'épisode. Le Minervois suivi des Corbières affiche des lames d'eau moindres, mais dépassant tout de même les 200 à 250 mm. La haute vallée de l'Aude a été moins exposée, avec des lames d'eau comprises entre 100 et 150 mm.
+ dans l'Hérault, c'est sur le massif de l'Espinouse, dans la vallée de la Mare que les cumuls ont été les plus conséquents. Avec 515 mm relevés sur l'épisode, la station de Castanet-le-Haut enregistre le plus fort cumul, tous départements confondus. La station de La Quille* recueille 482 mm. Dans le département, onze postes dépassent les 300 mm. Le secteur proche du Gard et les régions littorales enregistrent des cumuls moins importants, mais souvent supérieurs à 100 mm.
+ dans le Gard, c'est sur le massif de l'Aigoual et aux alentours que les lames d'eau sont les plus importantes. La station de Montdardier relève ainsi 394 mm, celle de Saumane* 376 mm. La partie rhodanienne du département a connu des précipitations moins importantes puisque les cumuls sont généralement inférieurs à 100 mm.
+ en Lozère, les cumuls sont compris entre 200 et 360 mm sur les Cévennes. A Saint-Romain-de-Tousque*, il est tombé 357 mm sur l'épisode. Ces cumuls deviennent moins importants en allant vers la Margeride (proches parfois de 20 mm).
+ dans le Tarn, là aussi, c'est sur les contreforts de la Montagne-Noire que les pluviomètres enregistrent les cumuls les plus importants. Il est tombé sur l'épisode entre 390 et 400 mm sur deux postes, à l'amont des bassins de l'Agoût et du Thoré. Sur la plaine tarnaise et proche du Tarn-et-Garonne, les précipitations, comme souvent dans ces situations, sont restées beaucoup plus mesurées puisque les cumuls sont inférieurs à 50 mm.
+ en Aveyron, c'est sur le bassin de la Sorgues ainsi que sur les Causses que l'activité pluvieuse a été la plus conséquente. Certaines lames d'eau dépassent les 300 mm sur l'épisode mais sont plus généralement comprises entre 150 et 200 mm. Là aussi, comme dans le Tarn, en s'éloignant vers le Rouergue et le Ségala, les lames d'eau sont bien moindres.
+ en Ardèche, c'est la station de Loubaresse* qui enregistre la plus forte lame d'eau (257 mm). On constate cette fois que les Cévennes ardéchoises, bien que copieusement arrosées, n'ont pas été autant exposées que lors de précédents épisodes. Le flux, davantage orienté à l'est ou sud-est, a plutôt privilégié la partie ouest des Cévennes ainsi que le Roussillon.
+ ailleurs sur la Provence et en Corse, les lames d'eau sont moindres, sauf exception. Si elles demeurent supérieures à 200 mm localement sur l'est de la Corse, les cumuls supérieurs à 150 mm sur la Provence sont plus rares. On notera toutefois les 114 mm de Vidauban* dans le Var ou les 141 mm à Le Broc-La Clave* dans les Alpes-Maritimes.

* pluviomètres hydroreel

Réactions hydrologiques observées :
Durant cet épisode de longue durée, on a pu observer des réactions hydrologiques à tous les niveaux des réseaux hydrographiques.

Dans les réseaux principaux :
- Le Tech a fourni un réaction modérée qui lui a permis de dépasser sa première crue de référence au niveau des stations du Boulou ou d’Elne.
- La Têt a elle aussi réagi modérément, avec toutefois plus de rapidité que le Tech, notamment dans la nuit du 15 au 16 mars.
- L’Agly a montré une réaction un peu plus faible, puisque inférieure à sa première crue de référence, mais tout de même assez significative.
- L’Aude en elle-même a été peut arrosée mais a collecté les eaux de ses affluents méridionaux et septentrionaux pour fournir à l’aval une crue modérée, finalement plus proche de sa deuxième crue de référence que de sa première.
- L’Orb a lui aussi réagi modérément, dépassant en plusieurs points sa première crue de référence.
- La réaction des cours d’eau plus à l’est a été moins importante mais de l’Hérault à la Cèze en passant par les Gardons ou le Lez, elle peut être qualifiée de significative.

En versant atlantique, le Thoré a aussi dépassé sa première crue de référence en amont mais en l'absence de précipitations importantes sur l'aval, la crue s'est assez rapidement amortie.
Dans les réseaux secondaires : d’après les retours que nous avons pu avoir, les réactions se sont avérées assez marquées, sans pour autant prendre des proportions catastrophiques.
Dans les réseaux très secondaires : là aussi, la réaction a été marquée mais rarement très forte.
On a aussi pu observer de nombreuses accumulations près des réseaux routiers, dans les terres agricoles ou encore dans les points bas urbains.

En analysant le déroulement des évènements, on constate que les cours d’eau qui ont fourni les plus grosses réactions étaient les plus gros collecteurs (vaste bassin) et/ou ont subi les plus fortes intensités.
Il est indéniable que malgré l'état d'humidité des sols à l'initial et les cumuls observés, un épisode pluvieux ne présentant pas ou très peu d'intensités horaires approchant ou dépassant les 30mm n'est pas en mesure de provoquer des crues très importantes sur des bassins dont la géomorphologie est adaptée à l'écoulement de masses d'eau importantes. Au final, ces crues ont été significatives, conformément à la prévision, mais sont restées au mieux légèrement inférieures à des phénomènes de fréquence décennale.

Contexte météorologique et prévisions

Cet épisode méditerranéen a été rythmé par le passage successif de trois forçages d'altitude pilotés dans un premier temps par un thalweg étiré sur le proche Atlantique, puis par le cut-off qui s'en est suivi sur la péninsule ibérique. L'ensemble a dirigé un flux de secteur SSO persistant sur les régions méditerranéennes, assurant conjointement de forts apports en humidité en provenance de l'ouest et du sud de la Méditerranée, et des intrusions d'air froid à l'étage moyen durant la seconde phase de l'épisode (lundi et surtout mardi).

L'épisode débute dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 mars, par des pluies faibles, générées par le soulèvement de l'air en provenance de Méditerranée sur les reliefs pyrénéens et cévenols. Ces pluies sont accentuées en soirée de samedi par l'approche d'un premier thalweg de courte longueur d'onde (Fig.1). Les advections de tourbillon à l'étage moyen, qui y figurent en isolignes bleues, dynamisent le corps perturbé et renforcent l'activité pluvieuse entre la fin d'après-midi de samedi et le milieu de matinée de dimanche. Ces précipitations, d'intensité modérée, sont fortement concentrées sur les reliefs des Pyrénées-Orientales et des Cévennes, en liaison avec un creusement dépressionnaire secondaire dans le golfe du Lion (Fig. 2), qui accentue la convergence de basses couches sur toutes les régions alentours (Fig. 3). Cette mise en phase de la dynamique d'altitude avec la convergence de basses couches est surtout optimale sur les Cévennes héraultaises, où sont observées les précipitations les plus abondantes et les plus soutenues (Fig. 4) Après une accalmie entre dimanche soir et lundi midi, un nouvel axe de thalweg se présente en soirée de lundi et nuit suivante sur les régions méditerranéennes (Fig. 5). Les précipitations s'accentuent de nouveau et persistent toute la journée de mardi dans ce flux de sud continuellement alimenté en humidité. Des forçages sensiblement plus vigoureux se présentent en soirée de mardi sur la Corse, le Var et les Alpes-Maritimes : ils sont notamment en lien avec une anomalie basse de tropopause dynamique, qui se caractérise par une advection de fortes valeurs de PVU en haute troposphère (ici à 300 hPa sur la Fig. 6). Celle-ci produit de puissants noyaux de divergence sur son bord d'attaque qui, appliqués sur une masse d'air instable (jusqu'à -3°K de MULI au sud-ouest immédiat de la Corse - Fig. 7) et favorablement alimentée en humidité (thêta'w > 14°C à 850 hPa ; cf. Fig 8), ont favorisé une activité orageuse soutenue et très électrique en début de soirée sur la moitié sud de la Corse.

Ce n'est qu'une fois ces derniers forçages évacués vers le nord de l'Italie que l'épisode méditerranéen s'est atténué puis a pris fin.


    
Fig. 1 / WRF 24 km EUROPE / run du 12 mars 2011 06Z                     Fig. 2 / WRF 24 km EUROPE / run du 12 mars 2011 06Z

    
Fig. 3 / WRF 8 km FRANCE / run du 12 mars 2011 06Z                       Fig. 4 / WRF 8 km FRANCE / run du 12 mars 2011 06Z

Après une accalmie entre dimanche soir et lundi midi, un nouvel axe de thalweg se présente en soirée de lundi et nuit suivante sur les régions méditerranéennes (Fig. 5). Les précipitations s'accentuent de nouveau et persistent toute la journée de mardi dans ce flux de sud continuellement alimenté en humidité. Des forçages sensiblement plus vigoureux se présentent en soirée de mardi sur la Corse, le Var et les Alpes-Maritimes : ils sont notamment en lien avec une anomalie basse de tropopause dynamique, qui se caractérise par une advection de fortes valeurs de PVU en haute troposphère (ici à 300 hPa sur la Fig. 6). Celle-ci produit de puissants noyaux de divergence sur son bord d'attaque qui, appliqués sur une masse d'air instable (jusqu'à -3°K de MULI au sud-ouest immédiat de la Corse - Fig. 7) et favorablement alimentée en humidité (thêta'w > 14°C à 850 hPa ; cf. Fig 8), ont favorisé une activité orageuse soutenue et très électrique en début de soirée sur la moitié sud de la Corse.

Ce n'est qu'une fois ces derniers forçages évacués vers le nord de l'Italie que l'épisode méditerranéen s'est atténué puis a pris fin.


    
Fig. 5 / WRF 24 km EUROPE / run du 14 mars 2011 00Z                     Fig. 6 / WRF 24 km EUROPE / run du 15 mars 2011 06Z

    
Fig. 7 / WRF 8 km FRANCE / run du 15 mars 2011 06Z                       Fig. 8 / WRF 8 km FRANCE / run du 15 mars 2011 06Z

Coupures de presse

Inondations : deux morts dans les gués
source : La Dépêche du Midi

Les rivières en crue ont tué deux fois, depuis lundi dans les Pyrénées-Orientales. Hier matin, les pompiers ont retrouvé le corps sans vie d'un homme de 61 ans, piégé dans sa voiture emportée par le courant du Réart, après avoir emprunté à Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales), en pleine nuit, un passage à gué submergé et fermé à la circulation. La veille, un employé de 41 ans, domicilié à Ortaffa avait trouvé la mort dans les mêmes conditions à Pollestres, un village voisin, emporté par le courant violent du Réart, un ruisselet en temps normal, devenu un torrent dangereux. Hier soir, malgré une lente décrue, les huit passages à gué importants du département des Pyrénées-Orientales restaient interdits à la circulation.
Des automobilistes ont été piégés par des chaussées submergées à Bessan et Saint Thibéry, où l'épisode a donné lieu à deux sauvetages périlleux. Au total, les pompiers de l'Hérault sont intervenus quarante fois dans le Biterrois submergé par la crue de l'Orb qui a atteint la cote de 12,15 mètres, avec de l'eau dans des maisons du quartier du faubourg.
L'embouchure du fleuve, entre Sérignan et Portiragnes ressemblait hier à une sorte de mer intérieure qui noyait les vignes, les parcelles, isolait les mas.
Un lent retour à la normale est attendu pour aujourd'hui dans les plaines inondées.

Un homme meurt emporté par les crues
source : Midi-Libre

Dans les Pyrénées-Orientales, tous les cours d'eau ont été placés en vigilance orange. Les pompiers ont effectué une soixantaine d'interventions, essentiellement des missions de reconnaissance et d'assèchement de caves, d'après le Service départemental d'incendie et de secours.
Dans l'Aude, où il est tombé en deux jours entre 70 et 100 mm d'eau, des routes ont été coupées et certaines lignes de bus du grand Narbonne et du conseil général ne fonctionneront pas mercredi, selon la préfecture.
La Berre, la Cesse, l'Orbieu et l'Aude sur le secteur Basses Plaines sont maintenues en vigilance orange crues. Le secteur Vallée centrale de l'Aude est maintenu en vigilance jaune et celui de la Haute Vallée à été élevé au niveau jaune.
Tous les élèves résidant dans les villages du Grand Narbonne ont été rapatriés en bus en fin de matinée et début d'après-midi de ce mardi. Par ailleurs, les écoles de Cuxac-d'Aude, Raissac-d'Aude et Villedaigne ont été fermées.
Depuis lundi matin, il est tombé entre 50 et 80 mm d'eau sur l'ensemble du département. Des pluies modérées mais persistantes vont continuer à tomber jusqu'à mercredi matin, avec une intensité comprise entre 5 et 15 mm toutes les 3 heures. 60 et 80 mm sont également attendus en plaine, pouvant aller jusqu'à 100 mm sur les reliefs (en particulier les Corbières). Le total des crues sera de l'ordre de 150 à 200 mm en plaine, et 200 à 250 mm sur les Corbières et le Haut Cabardès.
Béziers, pour sa part, est depuis ce matin en pré-alerte de crue, l'Orb pouvant potentiellement déborder, surtout si les pluies perdurent comme les prévisions météorologiques l'envisagent.
Conséquence des intempéries et des fortes précipitations dans les hauts cantons bitterrois, l'eau est aujourd'hui impropre à la consommation à Magalas. Si les analyses de la Ddass ne révèlent rien (malgré la turpitude constatée), il est en effet déconseillé de boire l'eau du robinet, de l'utiliser pour la préparation d'aliments ou encore pour la toilettes des nourrissons. A la mi-journée, les écoles du village, le lycée ainsi que la maison de retraite ont été approvisionnés en bouteilles d'eau minérale. La municipalité a ensuite effectué une distribution de bouteilles, de 15 h 30 à 19 heures à la salle de la convivialité. L'eau du robinet pourrait rester impropre à la consommation encore deux ou trois jours.
La vigilance est aussi de mise à Pézenas et en aval de Béziers, à Sérignan. Suivez la situation à Sérignan via le blog de Daniel Monchot, correspondant de cette commune.
En amont, des maisons ont été évacuées à Riols, près de Saint-Pons-de-Thomières, car les accès pouvaient être rendus impossibles. On notait par contre une légère décrue du côté d'Agde.
Seize personnes ont été évacuées ce mardi dans le Tarn à la suite de ces fortes pluies. Les personnes évacuées de six habitations proches d'un cours d'eau, le Thoré, à Sauveterre, Lacabarède, Pont de l'Arn et Labruguière l'ont été en raison de risques d'inondation de leur domicile, a-t-on précisé de même source. La plupart des évacués ont été relogés par des proches, ont indiqué les pompiers, soulignant qu'il s'agissait de mesures de précaution. Les conditions de circulation ont parfois été rendues difficiles par les intempéries. Le conseil général a annoncé que les transports scolaires seraient supprimés mercredi dans les secteurs de Mazamet et Labastide-Rouairoux, dans le sud du département.
Le département de l'Aveyron a rejoint les cinq départements du Languedoc-Roussillon déjà classés en vigilance orange aux pluies et inondations depuis lundi après-midi par Météo France. Les pluies intenses, qui ont commencé à s'abattre pendant la nuit sur le pourtour méditerranéen sur des sols saturés d'eau depuis samedi, font craindre des débordements du Tarn et de ses affluents - Dourdou, Sorgue, Rance - où les côtes de pré-alertes sont actuellement dépassés.

Les prévisions d'ici mercredi matin :
La vigilance "orange" pour fortes pluies sera maintenue en Languedoc-Roussillon jusqu'à mercredi, 16 h.
Selon Météo France, le temps devrait s'améliorer ensuite au Sud du pays, avec une diminution de l'activité pluvieuse et du vent, mais le ciel restera néanmoins très nuageux. Les précipitations se poursuivront sur tout le pourtour méditerranéen et la Corse au cours de la nuit de mardi à mercredi. Irrégulières, mais parfois soutenues, elles pourront prendre un caractère orageux.Les cumuls les plus importants sont attendus essentiellement sur le Languedoc-Roussillon, en général 30 à 80 millimètres, mais jusqu'à 100 mm localement, sur le relief.
Un vent d'est assez fort accompagne ces pluies, soufflant jusqu'à 90 kilomètres/heure sur les côtes varoises et le littoral du Languedoc. Il neigera par endroit, vers 2000 mètres, sur les Pyrénées et le Sud des Alpes. Mercredi matin, les pluies deviendront faibles et intermittentes de l'Aquitaine au Sud-Est. Elles seront continues et modérées sur le Languedoc-Roussillon et, toute la journée, sur les Pyrénées, avec une limite pluie-neige vers 1 500 m.

Deux morts dans les inondations dans les Pyrénées-Orientales
source : La Dépêche du Midi

Un deuxième homme a trouvé la mort au volant de sa voiture au sud de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales. Son véhicule, immergé dans le Réat, un cours d'eau habituellement à sec, a été retrouvé ce matin vers sept heures.

L'homme, âgé d'une soixantaine d'années, n'a pu être sauvé par les pompiers et gendarmes dépêchés sur place. selon les premiers éléments de l'enquête l'accident s'est déroulé dans la nuit.
Un mort au passage à gué
Un père de famille de 41 ans a trouvé la mort lors des inondations qui touchent depuis 48 heures le Languedoc-Roussillon. Au volant de sa voiture, l'homme, s'est engagé dans un passage à gué de la commune de Pollestre (Pyrénées-Orientales) dans la nuit de lundi à mardi alors qu'il se rendait à son travail. Son véhicule a été emporté par la force du courant. Le corps de cet employé domicilié à Ortaffa, un village voisin, a été repêché hier par les gendarmes. Tous les passages à gué de la plaine roussillonnaise étaient submergés lundi et mardi.

Inondations et pluies torrentielles dans le Grand Sud
Depuis lundi, d'importantes précipitations se produisent sur le Grand Sud. Le Languedoc Roussillon est particulièrement touché par ces pluies torrentielles, même si la région Midi-Pyrénées n'est pas épargnée. De nombreuses rivières menacent de déborder. Sept départements ont été placés hier en vigilance orange en raison des fortes pluies. Des crues étaient redoutées sur certains cours d'eau de l'Hérault, du Roussillon, du Tarn et de l'Aveyron. Cette alerte de niveau trois sur quatre porte sur les cinq départements du Languedoc-Roussillon (Pyrénées-Orientales, Gard, Aude, Hérault et Lozère) ainsi que sur le Tarn et l'Aveyron.
Dans l'Aveyron, l'alerte météo était en vigueur jusqu'à ce matin 6 heures. Le Sud du département, particulièrement touché par ces pluies, faisait l'objet de toutes les attentions. Des débordements du Tarn et de ses affluents, la Dourdou, le Rance, et de la Sorgues, étaient encore craints hier soir.

Des enseignements tirés de la catastrophe de 1999
Dans l'Aude également, la vigilance pour pluies et inondations a été maintenue la nuit dernière où il était attendu entre 150 et 250 millimètres de précipitations dans certains secteurs comme la montagne Noire.
Des crues étaient redoutées sur la Cesse, l'Orbieu, la Berre et l'Aude. Par mesure de précaution, hier, les écoliers des villages autour de Narbonne, comme de la montagne Noire, des Corbières et du Haut Cabardès sont rentrés chez eux dans l'après-midi.
Dans le Tarn, si les secteurs de Castres et Lavaur sont moins touchés, la vallée très encaissée du Thoré est particulièrement exposée. Elle joue un rôle d'entonnoir. Les pluies cévenoles s'y déversent abondamment. Entre Labastide-de-Rouairoux et Mazamet des maisons ont été inondées et des éboulements se sont produits. Mais ici, on a retenu la leçon de novembre 1999, cette année-là les pluies torrentielles avaient entraîné des inondations spectaculaires. Plusieurs personnes avaient trouvé la mort.
Par mesure de précaution, neuf habitants de Sauveterre ont été évacués tandis que d'autres, résidants de Lacabarède, ont choisi de partir plutôt que de s'exposer. Là aussi, d'importantes quantités d'eau étaient attendues la nuit dernière.
Selon Météo France, le temps devrait s'améliorer dès ce matin dans le Grand Sud. Tout en restant continues, les pluies seront plus modérées sur le Languedoc-Roussillon et le vent baissera.

 

 


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