Une tornade de faible intensité (haut de l'échelon EF1) s'est abattue au nord de l'agglomération de Vannes (Morbihan) vers 16h45 locales, le 1er janvier 2007. Le phénomène a été confirmé par de nombreux témoignages.
 
La tornade de Vannes s'inscrit dans un outbreak de tornades remarquable (épisode de tornades groupées) qui totalise 5 cas certains pour la seule après-midi du 1er janvier 2007, dont celui de Milizac (Finistère), Chantonnay (Vendée), Couhé (Vienne) et Berneuil (Haute-Vienne).
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : 1,8 kilomètre
* largeur moyenne : indéterminée

* commune traversée : VANNES (Tréhuinec, le Ténénio, Parc d'Activités de Menimur)
* département : MORBIHAN (56)
* altitude moyenne du terrain : 35 mètres
* type de terrain : zones industrielles et commerciales ; terres arables hors périmètre d'irrigation ; systèmes culturaux et parcellaires complexes, forêts de conifères

* principaux dégâts : arbres, dont des chênes de bonne taille, ébranchés ou arrachés ; faîtages de toitures et tuiles envolées, mobiliers de jardin envolés ; plaques de toits arrachés sur une maternité ; toit d'un hangar de 2000 m² envolé ; voitures déplacées et dont les vitres ont volé en éclat ; cabine de toilettes en préfabriqué (masse évaluée à 1,5 tonne) traînée sur 20 mètres ; débris de bardage éparpillés au sol
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF1 de Vannes (Morbihan) du 1er janvier 2007
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Des véhicules déplacés

La tornade de Vannes s'est déroulée au Nord de l'agglomération, plus particulièrement dans le périmètre du parc d'activités de Menimur où les dommages sont les plus importants. Le phénomène, qui a été vu depuis l'hôpital privé Océane, a traversé le site en "une douzaine de secondes", d'après un témoin interrogé sur place. Sur le parking de la clinique, des dizaines de véhicules ont eu leurs vitres brisées ; certains d'entre eux ont été poussés par le vent.

Le relevé des dommages au niveau du sol permet de tracer une trajectoire linéaire d'Ouest en Est (280°), en passant par Tréhuinec, le Ténénio et le Parc d'Activités de Menimur. Les dégâts relèvent d'une intensité EF1 (haut de l'échelon) notamment dans le secteur de la clinique : arbres, dont des chênes de bonne taille, ébranchés ou arrachés ; faîtages de toitures et tuiles envolées ; mobiliers de jardin envolés ; plaques de toits arrachés sur une maternité ; toit d'un hangar de 2000 m² arraché ; voitures déplacées et dont les vitres ont volé en éclat ; une cabine de toilettes en préfabriqué (masse évaluée à 1,5 tonne) traînée sur 20 mètres ; débris de bardage éparpillés au sol.

Coupure de presse

Le Télégramme fait part du phénomène dans son édition du 2 janvier 2007:
 
Vannes. Mini-tornade sur les quartiers nord

Evénement climatique exceptionnel, hier soir, à Vannes : une mini-tornade a traversé le nord de la ville, provoquant des dégâts impressionnants, notamment sur la clinique Océane. Par chance, ce coup de vent n’a pas fait de blessé. La mini-tornade a frappé les quartiers nord de la ville vers 16h30. En quelques secondes, elle a tracé une ligne d’ouest en est, occasionnant de multiples dégâts sur les bâtiments et les voitures. Si le phénomène a franchi les quartiers de Tréhuinec, du Ténénio, de Kerbiquet et de Ménimur, c’est à la clinique Océane que la première alerte a été donnée aux pompiers. « Ils ont cru à une explosion dans la chaufferie. Lorsqu’on est arrivé sur les lieux, on a vu que c’était autre chose », raconte le capitaine Philippe Coindreau, officier de garde des pompiers.

La cabine de toilettes vole jusqu’à l’hôtel des ventes

Premier élément qui accroche le regard près de la clinique : une cabine de toilettes en préfabriqué a franchi la clôture de l’hôtel des ventes. D’après les témoins, le vent l’a déplacée sur une vingtaine de mètres. Un médecin urgentiste indique qu’il a vu la mini-tornade traverser le site de la clinique en une douzaine de secondes. Sur les parkings, les vitres d’une trentaine de voitures n’ont pas résisté à la violence du phénomène. « Ma femme qui travaille à la clinique m’a prévenu que la lunette arrière de notre Renault Laguna avait volé en éclats. Je suis venu la récupérer », explique Georges, encore abasourdi. Plusieurs édifices de la clinique Océane ont souffert , dont la maternité et le bâtiment consultations.

Aucune perturbation à la clinique

« Quelques plaques du toit ont été arrachées et il a fallu couper l’électricité à différents endroits. Mais les groupes électrogènes ont pris le relais. La mini-tornade n’a engendré aucune perturbation des fonctions vitales de la clinique » , assure Yvon Le Petrel, directeur-adjoint de l’établissement. Une société de maintenance était à pied d’œuvre, hier soir, pour mettre un peu d’ordre et évaluer l’ampleur des dégâts. Dans le lotissement voisin du Ténénio, ce sont surtout les faîtages de toiture et le mobilier d’extérieur qui ont été abîmés. « Quand ça s’est produit, ma belle-mère a vu son salon de jardin partir avec le vent. Des tuiles sont tombées. Je n’avais jamais assisté à un tel phénomène » , commente Jérôme, un riverain.

Même phénomène à l’île d’Houat en 2004

Sur la route de Bernard, vers Tréhuinec, le toit d’un hangar de 2.000 m² s’est envolé. Du côté de Menimur, les pompiers ont recensé plusieurs chutes d’arbre ainsi que des voitures endommagées. « Mais pas de blessé », indique le lieutenant Mathieu Plisson, du centre de secours de Vannes. « Le vent a soufflé à plus de 120 km/h, estime Thierry Eveno, responsable départemental de Météo France. Il s’agit d’un phénomène très concentré dans l’espace et dans le temps, dû à une soudaine descente d’air froid. C’est aussi ce qui s’était passé sur l’île d’Houat, en août 2004 où un camping avait été dévasté». Depuis 2000, année de sa prise de poste à Vannes, Thierry Eveno note que quatre ou cinq mini-tornades de ce type se sont produites dans le département.