Le 31 juillet 1923, dans l'après-midi, une tornade de faible intensité (haut de l'échelon EF1) traverse plusieurs localités de la région de Flers, dans l'Orne. La commune déléguée de Frênes (Tinchebray-Bocage) apparaît la plus atteinte. Le phénomène traverse plusieurs hameaux et provoque des dégâts généralisés sur son passage. 
  

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Frênes (61) du 31 juillet 1923intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 10 kilomètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : indéterminée

* communes traversées : SAINT-QUENTIN-LES-CHARDONNETS ; TINCHEBRAY-BOCAGE (FRÊNES : le Rosel, le Mont-Morel, la Monnerie) ; MONTSECRET-CLAIREFOUGÈRE (la Mancelière, Mont de Cerisy) ; CERISY-BELLE-ÉTOILE (Mont de Cerisy, le Vivier, la Maltotière)
* département : ORNE (61)
* altitude moyenne du terrain : 170 mètres
* type de terrain : territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels

* principaux dégâts : des centaines de pommiers déracinés ; toiture en chaume enlevée ; une fenêtre entièrement emportée avec ses carreaux ; couverture d'une fabrique de quincaillerie enlevée sur 40 m² ; de très nombreux arbres, parfois robustes, arrachés et branches emportées à une certaine distance ; toiture d'un château endommagée ; toitures d'habitation abîmées ou mises en piteux état
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen. 
  

Trajectoire de la tornade

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Trajectoire de la tornade EF2 de Frênes (Orne) du 31 juillet 1923. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)

 

Une nouvelle tornade dans l'Orne après l'outbreak du 8 mai

La tornade de Frênes (Tinchebray-Bocage) survient moins de trois mois après l'outbreak du 8 mai, à l'origine de deux tornades : l'une, d'intensité EF3, au Ménil-de-Briouze (Orne) ; l'autre, d'intensité EF2, à Tremblay (Ille-et-Vilaine). 
 
Le phénomène, qui a pris naissance à Saint-Quentin-les-Chardonnets, a parcouru en ligne droite plusieurs hameaux de Frênes, Montsecret et Cerisy-Belle-Etoile sur une trajectoire minimale de 10 kilomètres.

Au-delà de cette trajectoire certaine, un axe de dégâts venteux diffus, dont la nature n'a pas été identifiée, se poursuit jusqu'à Pont-d'Ouilly, en passant par Caligny, Montilly-sur-Noireau, Athis-de-l'Orne, Saint-Pierre-du-Regard, Sainte-Honorine-la-Chardonne, Saint-Denis-de-Méré, Berjou et Cahan. La trajectoire totale de l'axe venteux (tornade incluse) atteint donc 25 kilomètres.

L'Ouest-Eclair de Caen, dans son édition du 3 août, apporte des précisions sur la trajectoire de cette tornade : "Après deux coups de tonnerre, suivis d'une abondante pluie d'abat, le cyclone, dont l'orientation était du SO au NE, a d’abord été ressenti tout au moins sur le département de l'Orne sur le territoire de Saint-Quentin-les-Chardonnets, où nombre d’arbres ont été abattus et jetés à terre. [...] A Caligny et à Montilly, ce sont notamment les arbres qui ont le plus souffert, sans parler de quelques toitures qui ont été mises en assez piteux état." D'autres articles de la presse locale comparent, à juste titre, la tornade de Frênes à celle survenue le 8 mai 1923 dans la forêt des Andaines et au Ménil-de-Briouze.

La tornade, consécutive à une pluie torrentielle, s'abat entre 14h30 et 14h40 locales en produisant ses premiers dommages à Saint-Quentin-les-Chardonnets, où des arbres sont abattus. Dans la commune limitrophe de Tinchebray-Bocage (commune déléguée de Frênes), la plus sinistrée, la tornade sévit en plusieurs points. A la propriété du Rosel, la toiture du château est endommagée, ainsi que les dépendances : les pertes sont évaluées entre 50 000 et 100 000 francs. Plusieurs arbres sont également déchiquetés. A la ferme du Mont-Morel, de nombreux pommiers sont abattus ou déracinés. A la Monnerie, dans une fabrique de quincaillerie, une partie de la couverture du bâtiment principal est enlevée sur 40 mètres carrés de surface ; une fenêtre est entièrement emportée avec ses carreaux.

A Montsecret, la ferme de la Mancelière est également éprouvée. Un peu plus loin, le Mont de Cerisy, traversé par la tornade, a souffert : environ trois cents arbres sont arrachés ou déracinés et leur branches transportées à une certaine distance. Selon l'Ouest-Eclair, "la bourrasque s'est trouvée coupée par le Mont en deux branches qui se sont rejointes à proximité de l'étang".
 
Les dommages se multiplient jusqu'à l'Est de Cerisy-Belle-Etoile (arbres arrachés, toiture en chaume emportée). Au-delà de la Maltotière, soit après un parcours de 10 kilomètres, le descriptif des dégâts est trop peu détaillé pour permettre de prolonger la trajectoire de la tornade.


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