Le 21 août 1925, une tornade d'intensité modérée (EF2) traverse plusieurs communes du Loir-et-Cher, dont Angé qui voit son château endommagé. Le phénomène, qui remonte essentiellement la rive gauche du Cher, semble se dissiper dans des vignobles au-delà de Thésée.
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade d'Angé (41) du 21 août 1925intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 10 kilomètres
* largeur moyenne : 300 mètres (jusqu'à 500 mètres)

* communes traversées : FAVEROLLES-SUR-CHER, SAINT-JULIEN-DE-CHÉDON, ANGÉ (château d'Angé), POUILLÉ, MONTHOU-SUR-CHER, THÉSÉE
* département : LOIR-ET-CHER (41)
* altitude moyenne du terrain : 100 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels, surfaces en eau

* principaux dégâts : arbres de gros diamètres arrachés ou brisés ; récoltes emportées ; meules de paille transportées à 200 mètres ; château d'Angé endommagé : gros blocs de pierre détachés des créneaux, toitures emportées, matériaux projetés et plafonds défoncés, meubles brisés dans les appartements ; toit d'une maisonnette soulevé, jeté par-dessus des fils téléphoniques et projeté à cent vingt mètres de là, dans le flanc d'un coteau ; toitures d'habitations enlevées, l'une d'entre elles ayant été emportée jusqu'à plusieurs centaines de mètres ; eaux du Cher soulevées à grande hauteur ; un homme, qui conduisait un tombereau attelé d’un cheval, soulevé de terre et renversé avec cheval et tombereau dans une vigne voisine ; un individu soulevé violemment de terre

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen. 

Trajectoire de la tornade

 
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire approximative a été effectuée en fonction des informations disponibles (coupures de presse, reconstitution du flux pour la journée du 21 août 1925).

Le château d'Angé traversé par le tourbillon

L'Avenir du Loir-et-Cher revient sur la tornade d'Angé du 21 août 1925, survenue vers 4 heures de l'après-midi sur un parcours en ligne droite d'environ 10 kilomètres, entre Faverolles-sur-Cher et Thésée. Les dégâts sont observés sur une bande de terrain dont la largeur varie de 100 à 500 mètres.

Le phénomène, qui a été ressenti par plusieurs témoins qui décrivent "des nuages qui montaient et descendaient en une sarabande folle", est accompagné d'une forte pluie : "Soudain, un ronflement formidable se fit entendre, puis, dans une vision d'épouvante, les habitants, au milieu des éléments déchaînés, apercevaient des arbres déracinés, des gerbes de blé, des betteraves même arrachées de terre par la violence du cataclysme, voltiger dans l'espace à des hauteurs énormes. En même temps, une trombe d'eau se déversait sur cette vision d'Apocalypse."

Sur le passage de la tornade, les cultures sont détruites, les cheminées des maisons écroulées et les toitures arrachées. Certaines d'entre elles sont projetées à plusieurs centaines de mètres. A Angé, un jeune homme de 20 ans est blessé à la tête par des tuiles arrachées d'un toit. Une autre personne s'agrippe à un arbre pour ne pas être emportée.

Au château d'Angé, les dégâts sont significatifs. De gros blocs de pierre sont détachés des créneaux, des toitures sont emportées, des matériaux projetés et des plafonds défoncés, des meubles brisés dans les appartements. Une personne, qui voit s'abattre une partie de toiture devant elle, s'en sort miraculeusement. Les roseraies sont également détruites et le parc dévasté. Dans une ferme voisine, des meules de paille sont enlevées et transportées à plus de 200 mètres de distance.

Au lieu-dit Ferrand, en traversant le Cher, la tornade soulève les eaux à une grande hauteur, laissant l'espace d'une seconde le lit de la rivière à sec. Une barque est également enlevée comme un fétu de paille. Le long de la ligne de chemin de fer, la toiture d'une maisonnette de garde-barrière est arrachée et déposée à 120 mètres, sur le flanc d'un coteau. Les onze personnes présentes dans l'habitation doivent se cramponner pour ne pas être enlevées. Signalons enfin qu'un homme, qui conduisait un tombereau attelé d’un cheval, est soulevé de terre et projeté dans une vigne voisine avec l'attelage


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