Le 25 mai 1876, une tornade de très faible intensité (EF0) longe brièvement les rives de la Loire à hauteur de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire). Le phénomène, qui a été vu, se dissipe rapidement après avoir traversé le fleuve.
 
Il est à noter que la ville de Tours a déjà été touchée au moins quatre fois par une tornade: le 25 mai 1876 (EF0), le 1er février 1930 (EF2), le 23 février 1981 (EF3) et le 2 janvier 1999 (EF2).
 

Principales caractéristiques de la tornade

intensité maximale : EF0, soit des vents estimés entre 105 km/h et 135 km/h
* distance parcourue : 1 kilomètre
* largeur moyenne : indéterminée

* communes traversées : TOURS (Marmoutier, la Loire), SAINT-PIERRE-DES-CORPS (île aux Vaches, la Loire)
* département : INDRE-ET-LOIRE (37)
* altitude moyenne du terrain : 47 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés, forêts et milieux semi-naturels, surfaces en eau

* principaux dégâts : sable soulevé, petites plantes déracinées dans un jardin, oseraie endommagée, phénomènes d'aspiration d'eau sur la Loire
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
© Keraunos (fond de carte : Carte de l'Etat-Major de 1820-1866)
 

Une longue colonne noirâtre et sinueuse

La tornade de Tours du 25 mai 1876 est longuement décrite dans les Annales de la société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire de 1876.

L'après-midi du 25 mai 1876 est marquée par un temps orageux, qui se manifeste vers 15 heures par une averse de pluie mêlée de grêle dans l'agglomération tourangelle. Selon l'observateur, cet orage fait suite à la formation, vers 14 heures, d'une ligne de cumulus quasiment stationnaire au-dessus de Tours et s'étendant de l'Ouest/Sud-Ouest vers l'Est/Nord-Est.

A 15h30, sous cette même ligne orageuse, entre le coteau de la Loire et la route de Vouvray, des nuées grisâtres se détachent d'un nuage noir et s'allongent sous la forme d'un cône renversé : "la pointe du cône ainsi allongée affectait la forme d'une longue colonne noirâtre et sinueuse, ondulant comme la queue d'un serpent et ayant à peu près le diamètre d'une forte cheminée d'usine."

Après plusieurs oscillations, la tornade finit par toucher brièvement le sol à proximité du couvent de Marmoutier, dans des jardins établis en contrebas du coteau, à proximité de la levée de la Loire. Son action est extrêmement limitée : la terre est soulevée des plates-bandes et des plantes sont déracinées.

En traversant la route de Vouvray, la tornade est vue par le conducteur d'un omnibus qui effectue la liaison de Vouvray à Tours : "au moment où la queue de la trombe qui pendait à une quarantaine de mètres au-dessus de la route, soulevant un vaste tourbillon de poussière, sable, cailloux, débris végétaux, etc., passa sur la Loire, on vit l'eau se soulever en une longue colonne conique dont la base reposait sur le fleuve et dont le sommet rejoignant l'extrémité inférieure de la colonne descendant des nuages constituait un double cône ou eu d'autres termes deux cônes inversement placés et réunis par leurs pointes. Telle était la violence de l'aspiration que l'eau pulvérisée formait un nuage blanchâtre."

Après avoir traversé le premier bras de la Loire, la tornade survole l'île de Marmoutier (actuelle île aux Vaches) et endommage des oseraies. Du sable est également soulevé selon un mouvement ascendant et hélicoïdal. Après avoir traversé le second bras du fleuve, la tornade aborde la levée de Saint-Pierre-des-Corps et se dissipe définitivement.

Compte tenu des dommages observés, la tornade de Tours du 25 mai 1876 peut être classée en intensité EF0 sur l'échelle de Fujita.
  

Quatre tornades en un peu plus d'un siècle

Sur la base du recensement actuel, le secteur de la ville de Tours, aux abords de la Loire, apparaît comme l'un des plus tornadiques de France, puisque 4 tornades y ont déjà été observées dans un périmètre extrêmement restreint. La plus forte d'entre elles, d'intensité EF3, est survenue le 23 février 1981 et avait projeté une voiture à distance.
 
La carte ci-après synthétise les quatre événements tourangeaux recensés entre 1876 et 1999:

Carte synthétique des quatre tornades survenues à Tours et sa proche banlieue entre 1876 et 1999. © Keraunos (fond de carte : Google Images)
© Keraunos (fond de carte : Google Images)