Le 13 juillet 1889, vers 13h15 locales, une tornade meurtrière d'intensité modérée (EF2) traverse la forêt de Jougne (Jura français) et une partie du territoire suisse de Baulmes (canton de Vaud). Le phénomène, qui affecte une grande superficie de résineux, tue un jeune homme, écrasé par la chute d'un arbre.

Il est à noter que la tornade de Jougne est l'une des tornades françaises qui survient à l'altitude moyenne la plus élevée.
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : 5,5 kilomètres
* largeur moyenne : 175 mètres

* communes traversées : JOUGNE (Joux de Jougne), BAULMES [CH]
* département français touché : JURA (39)
* canton suisse touché : canton de VAUD
* altitude moyenne du terrain : 1220 mètres
* type de terrain : territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels

* principaux dégâts : très gros résineux déracinés tordus ou brisés dans plusieurs parcelles forestières ; projections de têtes d'arbres à faible distance

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade 



© Keraunos (fond de carte : Géoportail)

Comme un énorme parapluie au-dessus de la forêt

La tornade de Jougne a fait l'objet d'un descriptif précis par MM. Dufour et Junod, qui ont tous deux enquêté et livré leurs conclusions dans l'Année Scientifique et Industrielle (1889), ainsi que dans le Bulletin de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles (1889-1890).

Le phénomène, parti d'une colline qui sépare Jougne des Hôpitaux-Neufs, à 1150 mètres d'altitude, a traversé la forêt de Jougne jusqu'au pied de l'aiguille de Baulmes, côté Suisse. La largeur du phénomène, inégale, s'accroît au fur et à mesure de la trajectoire : d'abord moins de 100 mètres sur un parcours de 2 à 3 kilomètres, puis 200 à 250 mètres sur la trajectoire restante.

La tornade, accompagnée d'un bruit caractéristique, est comparée à un énorme parapluie au-dessus de la forêt : "Il descendit des nues avec le bruit d'une fusillade, et s'avança en brisant, tordant et déracinant les arbres qui se trouvaient sur son passage ; puis il s'éloigna avec rapidité, en poursuivant, à travers la forêt, son œuvre de destruction, et laissant entendre derrière lui un bruit semblable à celui d'un tonnerre éloigné. Son passage dura de deux à trois minutes."

Les enquêteurs ont pu déterminer une intensité plus importante sur le flanc droit du tourbillon : c'est dans ce périmètre que les arbres brisés ont été projetés à faible distance. Au pied de l'aiguille de Baulmes, la tornade endommage encore une parcelle de sapins, puis se dissipe, probablement déstructurée par ce point culminant à 1560 mètres.

Une victime est à déplorer suite à cette tornade : un jeune homme est mort écrasé par la chute d'un arbre.

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