Le 18 août 1881, dans l'après-midi, une tornade de faible intensité (EF1) traverse le Sud de l'Avranchin, dans le département de la Manche. Le phénomène a fait l'objet d'une enquête de terrain.
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : 3,6 kilomètres
* largeur moyenne : 25 mètres

* communes traversées : LES CHÉRIS (les Essarts), ISIGNY-LE-BUAT (CHALANDREY : Beaux Linges, la Pâtitière, Montchoix, les Bruyères, la Ménardière, la Boutellière, la Sagère)
* département : MANCHE (50)
* altitude moyenne du terrain : 100 mètres
* type de terrain : territoires agricoles, forêts et milieux semi-naturels

* principaux dégâts : arbres déracinés ou tordus (pommiers, hêtres, châtaigniers, noyers) ; tête d'un châtaignier, dont le tronc donne 70 centimètres de diamètre à la base, rompue et lancée à 38 mètres de distance ; un pommier de 30 cm de diamètre emmené avec ses racines à 37 mètres de distance ; nombreuses branches projetées à 40 mètres

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade 



© Keraunos (fond de carte : Géoportail)

Un parcours rectiligne de près de 4 kilomètres

La société linnéenne de Normandie, dans son édition de 1893, revient sur une tornade survenue dans l'Avranchin le 18 août 1881 durant l'après-midi.

A l'appui d'un article paru dans le journal de Mortain du 27 août 1881, Ch. Guérin s'est rendu sur les lieux du phénomène, et a pu reconstituer une trajectoire rectiligne de près de 4 kilomètres au Nord de Chalandrey, commune d'Isigny-le-Buat. Il conclut sur un phénomène de tornade, du même genre que celles décrites par Antoine Becquerel dans son Traité d'électricité et de magnétisme (1855) : « des amas de vapeurs épaisses, animés ordinairement d'un mouvement rapide de rotation et de translation, ayant la plupart du temps la forme d'un cône dont la base est le plus souvent dirigée vers les nuages et le sommet vers la terre.»

Les dommages, exclusivement observés sur de la végétation, s'étendent des Essarts (commune des Chéris) à la Sagère (commune d'Isigny-le-Buat) sur une bande de terrain large de 25 mètres. L'enquêteur cite un grand nombre de hameaux traversés par la tornade : il doit probablement s'agir des terrains environnants, car aucun bâtiment ne semble avoir été endommagé par la tornade.

Fait caractéristique souvent observé dans le cas de tornades qui parcourent des terrains vallonnés, les dommages les plus remarquables sont observés dans des points bas ou des petites dépressions naturelles. Ceux-ce se limitent à la végétation et relèvent d'une intensité EF1 :
arbres déracinés ou tordus (pommiers, hêtres, châtaigniers, noyers) ; tête d'un châtaignier, dont le tronc donne 70 centimètres de diamètre à la base, rompue et lancée à 38 mètres de distance ; un pommier de 30 centimètres de diamètre emmené avec ses racines à 37 mètres de distance ; nombreuses branches projetées à 40 mètres.

Enfin, Ch. Guérin évoque un phénomène similaire qui aurait eu lieu au même endroit en 1850 ou en 1851. Nous ne disposons malheureusement pas d'informations complémentaires sur cet événement dont la nature exacte n'a pas pu être déterminée. 

En savoir plus sur les tornades