La tempête Alex, de type explosif, a frappé violemment le sud de la Bretagne le 2 octobre avec des rafales proches de 190 km/h sur les îles. Un épisode méditerranéen intense a frappé les Alpes-Maritimes avec des orages diluviens qui ont causé des crues catastrophiques. Le bilan fait état de 8 personnes emportées par les flots.


Des rafales de vent à plus de 180 km/h

La première tempête de la saison, nommée Alex, a frappé la France dans la nuit du 1er au 2 octobre. Un puissant jet d'altitude, orienté au nord-ouest, circulait sur le proche Atlantique, en atteignant près de 320 km/h à 300 hPa. En sortie gauche de cette virulente branche de jet, une zone barocline intense a interagi rapidement pour occasionner une cyclogénèse. On observe sur l'analyse ci-dessous les éléments mis en cause :




L'image satellite vapeur d'eau permet également de suivre le processus de cyclogénèse :


Image satellite SSEC


La dépression responsable de la tempête a connu un développement explosif, avec une chute de pression de près de 40 hPa dont en 12h. Le graphe ci-après montre l'évolution de la pression réduite au niveau de la mer à Belle-Ile entre 12h le 1er et 12h le 2 octobre :



Les vents associés à cette tempête ont été particulièrement violents sur un étroit couloir en raison de la constitution d'un courant-jet d'occlusion, également appelé sting jet. L'assèchement des couches moyennes inférieures, associés au développement d'un puissant jet sur le flanc sud-ouest du creux dépressionnaire ont contribué, entre autres, au développement de puissantes rafales.
Le champ de modèle ARW 2 km ci-dessous montre des valeurs de vents moyens à 250 m de hauteur atteignant 140 km/h sur une étroite portion du flanc sud-ouest de la dépression :




On repère par ailleurs cette zone de vents violents potentiels grâce aux images satellite. L'animation ci-dessous témoigne de la constitution de cette zone de vents violents. Les nuages bas dans la partie occlus de la dépression (la partie en forme de dard de scorpion - d'où le nom de sting jet) circulent très rapidement en lambeaux vers le sud-est :




L'isolement d'air chaud autour du centre dépressionnaire, appelé processus de séclusion (différent de l'occlusion pure) permet à la dépression de présenter un centre bien défini, aussi bien en imagerie satellite qu'en imagerie radar. Ces situations peuvent conduire à des pluies intenses près du centre dépressionnaire, alors surplombé d'air froid en altitude :


Opera/Eumetnet


L'axe de forts vents a surtout concerné le Morbihan, puis l'Ille-et-Vilaine. Des rafales de 150 à 190 km/h ont été relevées sur les îles du sud Bretagne. Dans les terres 110 à 130 km/h ont été enregistrés :