Un épisode méditerranéen catastrophique s'est abattu sur les Alpes-Maritimes le 2 octobre. Des pluies records ont été enregistrées dans l'arrière-pays. Le bilan fait état de 8 disparus.


Sédiments charriés par les fleuves entre Alpes-Maritimes et Ligurie - Image satellite Sentinel2 le 3 octobre (Copernicus)


A l'avant du front froid lié à la tempête Alex, des remontées méditerranéennes ont affecté tôt dans la matinée du 2 octobre le Var et les Alpes-Maritimes. C'est sur les Alpes-Maritimes que les orages, diluviens, ont été les plus actifs.
Pris dans une convergence, ces orages ont déversé de très grosses quantités de pluie dans l'arrière-pays, mettant en crue plusieurs affluents du fleuve Var. Les vallées de la Tinée, de l'Esteron, de la Roya et surtout de la Vésubie ont été particulièrement touchées.

Il est en effet tombé sur ces secteurs entre 200 et 350 mm de pluie en 12h seulement et jusqu'à 500 mm en 24h à Saint-Martin-Vésubie. On note un gros gradient entre littoral et arrière-pays. 
En 6h, il est tombé 218 mm de pluie à Saint-Martin-Vésubie, ce qui représente un nouveau record absolu pour le département (l'ancien était de 194 mm à Cannes en octobre 2015). Les 500 mm e 24h constituent également un nouveau record en 24h pour les Alpes-Maritimes.




L'activité électrique a connu un pic remarquable dans l'après-midi avec près de 1100 éclairs en 1h sur les Alpes-Maritimes. Au total, en fin de journée, le département enregistrait plus de 5500 éclairs avec plus de 400 sur la commune de Tende, et plus de 200 à Saint-Martin-Vésubie, Breil-sur-Roya et Andon :




Les données de densité de foudroiement font apparaître que le centre du département (premiers contreforts des Alpes) a été le plus touché par les orages. Les vallées Estéron, Roya, Tinée, Vésubie) sont particulièrement touchées avec 20 à 50 éclairs/10 km². La commune la plus touchées étant celle des Ferres, près des gorges de l'Estéron.




Les crues générées sont exceptionnelles, avec des hausses de plus de 6 à 7 mètres en quelques heures. Le débit maximal a atteint environ 700 m3/s sur la Vésubie ce qui correspond très probablement aux plus hautes eaux connues à la station d'Utelle (Pont du Cros) :




La Tinée a également connu une crue sévère, avec une hauteur d'eau remarquable en seulement 2 à 3h :




Sur le fleuve Var, om les ondes de crue des affluents sont arrivées de manière quasi simultanée, les débits se sont approchés des 3000 m3/s en fin de journée au Pont Napoléon à Nice, soit des niveaux exceptionnels, en-dessous toutefois de la crue historique de novembre 1994 :




Des vallées coupées du monde 

Les images des crues dans les vallées de l'arrière-pays sont spectaculaires, pour certaines inédites dans ces secteurs :




























Italie et Suisse également touchées par des crues dévastatrices

En Italie et en Suisse, également très touchés, des inondations importantes ont frappé plusieurs secteurs du Piémont, de la Ligurie et du val d'Aoste.
Il est tombé jusqu'à 630 mm à Sambughetto598 mm à Candoglia et 580 mm à Limone Piemonte (Coni). Les cumuls relevés en Ligurie et en val d'Aoste sont moindres, ce qui n'a pas empêché des inondations catastrophiques.






Borgo Vercelli est l'une des nombreuses communes touchées par les inondations de l'autre côté de la frontière :



Le Tanaro, affluent principal du Pô a inondé de nombreuses communes sur sa partie amont en particulier :












En Suisse, le Tessin a été particulièrement concerné avec un cumul maximal de 421 mm relevés à Camedo. Il s'agit de la seconde plus forte valeur de précipitations en 24h en Suisse, le record étant de 455 mm sur la même commune le 26 août 1935. On peut aussi noter un cumul de 367 mm à Mosogno et de 275 mm à Bosco/Gurin :