L'année 2019 s'est révélée conforme à la moyenne de ces 10 dernières années au niveau de la fréquence et de l'intensité des orages. Néanmoins, l'activité électrique associée s'est montrée très faible par rapport à la normale. Bilan complet.


Barrage de foudre en direction des Vosges, pris depuis le piémont alsacien. Empilement de 3 photos pour une pose totale de 1 minute 30. - 26/07/2019 22:00 - Cyril P.


251 jours avec orage en France en 2019

Au niveau national, on dénombre 251 jours avec orage en 2019, soit une valeur proche de la moyenne de ces 10 dernières années69% des journées de l'année ont ainsi été marquées par au moins un orage sur la France. 
 
Contrairement à l'année dernière, qui s'était révélée exceptionnelle, aucun département ne dépasse la barre des 100 jours avec orage sur l'ensemble de l'année. Ce sont les départements des Alpes-Maritimes et de la Haute-Corse qui ont enregistré la plus forte valeur avec 98 jours d'orage. Suivent les Hautes-Pyrénées (88 jours) et les Alpes-de-Haute-Provence (86 jours). La Corse-du-Sud, la Gironde, les Landes et l'Isère enregistrent une valeur supérieure à 80 jours d'orage. 

De manière conforme à la climatologie, ce sont les départements du nord-ouest de la France qui comptent le plus faible nombre de jours avec orage en 2019. Hormis Paris, la petite couronne et le Territoire de Belfort, dont le chiffre est à considérer en regard de leur très faible superficie, c'est le département de la Mayenne qui ressort avec le nombre de jours avec orage le plus faible (33 jours). Viennent ensuite le Finistère et l'Eure-et-Loir avec 36 jours. Mais cette année, les départements du nord-est de la France ont également été très peu concernés par les orages. Ainsi, l'Aube n'enregistre que 36 jours d'orage, comme le Finistère. L'Yonne n'en comptabilise que 39 et la Marne et la Meuse que 40.

Par rapport à la moyenne de ces 10 dernières années, on relève des excédents extrêmement significatifs avec jusqu'à +21 jours d'orage sur les Hautes-Pyrénées, +20 sur la Gironde. 
A l'inverse, les déficits sont parfois importants sur les régions du centre au nord-est de la France avec -17 jours d'orage sur l'Yonne, -16 sur l'Aube et -15 sur la Meuse.
On peut noter que près de la moitié des départements français comptabilisent un excédent, l'autre moitié un déficit.




 
On dénombre en 2019 98 jours d'orage fort  (grêle > 2 cm ou rafale > 90 km/h ou tornade ou lame de 50 mm en 1h), soit un score proche de celui de l'année précédente. On comptabilise par ailleurs 12 jours avec orage violent (grêle > 5 cm ou rafale > 120 km/h ou tornade >=EF2 ou lame de 100 mm en 1h).

L'analyse de l'indicateur de sévérité orageuse (I.S.O) montre clairement que plusieurs vagues orageuses intenses ont concerné la France durant cette année. L'activité la plus significative a été relevée de manière assez homogène durant l'été. On note également des pics d'activité marqués durant l'automne, au mois d'octobre, après un mois de septembre très calme. 
On dénombre 98 jours d'orage fort durant cette année, soit un score proche de celui de l'année précédente. On comptabilise par ailleurs 12 jours avec orage violent.

Au niveau national, l'I.S.O moyen annuel ressort à 2,56 soit une valeur extrêmement proche de la moyenne 2009-2018.
 
 

Graphe des ISO quotidiens en 2019
 
 

Des phénomènes sous orages plus marqués sur l'est de la France

20 tornades certaines (liste 1) ont été recensées en 2019, contre 22 en 2019, 18 en 2017, 15 en 2016 et 12 en 2015. On relève par ailleurs près de 550 rafales convectives > 90 km/h (+ 10% par rapport à 2018), environ 850 chutes de grêle > 2 cm (équivalent à 2018), plus de 3000 lames d'eau significatives sous orages (niveau en forte hausse par rapport à 2018) et plus de 95 dégâts significatifs dus à la foudre (+ 100% par rapport à 2018).
 
Les cartes ci-dessous (vert : fortes chutes de grêle, jaune,orange et rose : rafales convectives > 90 km/h, micro/macrorafales, bleu : pluies intenses, rouge : dégâts dus à la foudre) présentent la répartition géographique de chaque phénomène observé.

On note une activité grêle plus marquée sur la moitié est du pays, notamment sur le centre-est alors que l'ouest de la France a été relativement épargné. Les événements venteux sont quant à eux bien répartis sur l'ensemble du territoire français même s'ils sont plus nombreux sur l'est du pays. La répartition spatiale des événements pluvieux intenses est typiquement plus fortement représentée sur les régions du sud-est.





Une année plus instable que la normale, sauf près de la Manche

L'année 2019 a été plus instable que la normale sur la majeure partie de l'Europe, et la France ne fait pas exception dans ce domaine. L'instabilité a toutefois été nettement plus excédentaire encore sur l'Extrême-Orient russe, ainsi que sur tous les pays de l'Afrique tropicale du nord-ouest (voir la carte ci-dessous à gauche). A l'inverse, un déficit d'instabilité a été observé en 2019 sur une large bande qui va des Canaries et du Portugal jusqu'aux Açores et au Canada.

Au niveau national, l'instabilité a été plus particulièrement excédentaire sur les régions du quart sud-est pour la deuxième année consécutive, avec une MUCAPE souvent supérieure de plus de 50% aux valeurs normales sur les départements situés à l'est du Rhône. Et c'est en particulier sur les Alpes que l'instabilité s'est révélée remarquable : 2019 arrive sur cette région au 2ème rang des années les plus instables depuis 70 ans, juste derrière 2018. Ce sont ainsi deux années consécutives exceptionnellement instables que viennent de connaître les Alpes.
Ailleurs en France, l'excédent est plus modéré (+10 à +30%), et seules la Normandie, l'ouest de la Picardie et le Pas-de-Calais ressortent avec une instabilité moyenne légèrement déficitaire.

Au total, l'année 2019 a été sensiblement moins instable que l'année 2018 en France. Mais avec un excédent national moyen de +37%, 2019 se place malgré tout en France au 8ème rang des années les plus instables depuis 1948 ; elle constitue par ailleurs la 9ème année consécutive avec instabilité excédentaire sur notre pays. Il faut en effet remonter à 2010 pour observer une instabilité moyenne inférieure aux normales 1981-2010.








 
Sur un plan thermique, l'ensemble de l'Europe et des régions environnantes ont enregistré un excès de chaleur en 2019, autant dans les basses couches (vers 1500 mètres ci-dessous à gauche), qu'en altitude (vers 5500 mètres ci-dessous à droite). L'écart à la normale a été plus particulièrement excédentaire aux latitudes polaires, et notamment sur le Groenland. On note à l'inverse un déficit aux abords du Canada, ainsi que sur certaines portions du nord de l'Afrique, notamment en Mauritanie :


Sur un plan dynamique, on note des pressions en moyenne plus basses que la normale sur la majeure partie de l'Europe. Cette anomalie dépressionnaire a concerné l'ensemble de la France et a amené un temps fréquemment perturbé et venteux en fin d'année.
Les précipitations présentent pour leur part un bilan légèrement excédentaire sur la plupart des régions européennes, avec des excédents plus marqués aux abords du Golfe de Gascogne et en Italie :