Plusieurs phénomènes venteux destructeurs ont frappé le nord de la France entre le 10 et le 16 février derniers, dans un contexte fortement perturbé et dépressionnaire. Leur brièveté n'a pas empêché de déplorer des dégâts localement spectaculaires, comme par exemple à Liévin (Pas-de-Calais), où deux toitures contiguës ont été arrachées et projetées à distance. Les investigations menées sur ces différents événements progressent et permettent de faire un premier état des lieux basé sur les enquêtes effectuées à ce jour. 


Evénements du 10 février

La journée du 10 février a été marquée par 3 phénomènes venteux plus particulièrement destructeurs :

* à Bertangles (Somme) : ce phénomène, qui a notamment causé des dommages sérieux sur un bâtiment à usage d'entrepôt, a fait l'objet d'une enquête de terrain détaillée qui a permis de conclure à une tornade d'intensité EF1, avec une trajectoire au sol de plus de 12 kilomètres.

* à Fricourt (Somme) : un abri pour chevaux s'est envolé et le bac à eaux associé a été déplacé de plusieurs centaines de mètres au passage d'un phénomène venteux intense. Celui-ci a été généré par la même cellule convective que celle à l'origine de la tornade de Bertangles, mais les éléments recueillis à ce jour ne permettent pas d'établir une conclusion sûre. Les investigations sur cet événement se poursuivent donc, et la nature du phénomène en cause reste en suspens à cette heure.

* à Origny-Sainte-Benoîte (Aisne) : la fin de soirée et le début de nuit sont marqués par la circulation de plusieurs lignes de grains actives et très venteuses sur les Hauts-de-France. L'une d'elles génère des rafales localement supérieures à 120 km/h et des chutes de grêle intenses sur la région de Lille (Nord), en particulier entre Seclin, Lesquin et Ennevelin. De violentes rafales de vent sont également générées par des systèmes identiques sur l'Aisne, et notamment à Origny-Sainte-Benoîte où des dommages significatifs sont observés : tôles arrachées, cabanon soufflé, grosses branches cassées,... Aucun axe de convergence structuré n'a pu être mis en évidence sur ce cas à ce jour ; les éléments recueillis plaident davantage en faveur de violentes rafales linéaires sur cette commune.


Dégâts sur la commune d'Origny-Sainte-Benoîte (crédit photo : L'Aisne Nouvelle)


Evénement du 13 février

La journée du 13 février a été marquée par un phénomène venteux virulent, à Marchaux (Doubs). Ce phénomène, qui prend part à un épisode de traîne active très venteuse, a notamment endommagé des abris de jardin et du mobilier de jardin. Les investigations réalisées suite à cet événement n'ont pas mis en évidence d'éléments susceptibles d'étayer l'hypothèse d'une tornade. La conclusion s'oriente donc vers un phénomène de rafale linéaire virulente.


Evénements du 16 février

La journée du 16 février a été marquée par 3 phénomènes venteux plus particulièrement destructeurs :

* à Lézardrieux (Côtes-d'Armor) : un phénomène bref mais intense provoque des dégâts sur des arbres et quelques bâtiments. Les investigations sont encore en cours sur cet événement.

* à Liévin (Pas-de-Calais) : des dommages sont signalés au passage d'une ligne frontale étroite mais très active. Deux toitures notamment sont arrachées et projetées sur des maisons avoisinantes. Une enquête de terrain a été réalisée et fait apparaître un axe de dégâts linéaires et irréguliers, entre Angres et Eleu-dit-Leauwette. C'est donc une conclusion de rafales linéaires qui est retenue sur cet événement.

* à Saulzoir (Nord) : la ligne de grains qui a causé un peu plus tôt des dommages à Liévin provoque de nouveaux dégâts en balayant la commune de Saulzoir. Des tôles sont arrachées et plusieurs toitures sont sérieusement endommagées. Comme à Liévin, les investigations réalisées plaident en faveur de violentes rafales linéaires, et non d'un phénomène de tornade.


Dégâts sur la commune de Liévin (crédit photo : Pascal Bonnière / La Voix du Nord)