La tempête Dennis, associée à une dépression exceptionnellement creuse à 920 hPa, concerne le nord de la France le 16 février.


Dépression Dennis au sud de l'Islande le 15 février - NASA


La tendance au flux zonal très rapide persiste depuis plus d'une semaine sur l'Atlantique et l'Europe. Un courant-jet particulièrement puissant restait à l'oeuvre sur l'Atlantique cette semaine, atteignant son paroxysme vendredi 14 février en soirée, avec des pointes à 430 km/h à 10000 m d'altitude.
Comme la semaine dernière, les vols transatlantiques dans le sens Ouest/Est ont été privilégiés par ce très puissant courant-jet. Des vitesses sol atteignant 720 nœuds ont été relevés (plus de 1330 km/h).
L'interaction entre le jet d'altitude et des anomalies chaudes en basse couche ont favorisé le creusement de dépressions explosives particulièrement creuses.

La première de ces dépressions a fortement impacté l'Islande où des conditions d'ouragan ont été observées. Une rafale à 255 km/h a été relevée sur le relief, à Hafnarfjall. Une hauteur de vague maximale de 20 m a par ailleurs été observée.


Données de vent de la station de Hafnarfjall - Iceland MetOffice

Une deuxième anomalie de basse tropopause en provenance du nord-est du continent américain est venue interagir avec le jet d'altitude et les basses couches de l'atmosphère pour provoquer un second creusement explosif spectaculaire. La pression a en effet chuté de près de 80 hPa en 36h sur l'Atlantique lors du processus de cyclogénèse de la tempête Dennis.
En soirée du 15 février, la dépression Dennis était analysée à 920 hPa au sud de l'Islande. Cette valeur constitue la seconde pression la plus basse jamais observée dans le nord Atlantique (le record étant de 913 hPa en janvier 1995).
On distingue également le front froid associé à la dépression. Il s'étirait sur plus de 7000 km entre l'Irlande et la mer des Caraïbes :




Les données satellite ASCAT ont permis de mesurer des vents moyens de 94 nœuds au matin du 15 février sur le flanc sud de la dépression, soit des vents de force ouragan. Des hauteurs de vagues significatives à près de 13 m étaient par ailleurs analysées en soirée. Les hauteurs maximales des vagues ont probablement pu dépasser les 20 m sur le flanc sud de la dépression Dennis.

L'animation satellite "airmass" ci-dessous montre le creusement des deux dépressions, l'une atteignant environ 930 hPa, l'autre 920 hPa. :




Les vents violents associés à la dépression Dennis ont gagné les côtes de la Manche en matinée du 16 février. Orientés au sud dans un premier temps, les rafales ont localement atteint ou dépassé 130 km/h sur les côtes et îles bretonnes et 110 km/h dans l'intérieur.

On peut retenir les valeurs suivantes en début d'après-midi :
- 138 km/h à Gatteville-le-Phare (50)
- 135 km/h à Plougonvelin (29)
- 133 km/h à la Pointe du Raz (29)
- 121 km/h à Saint-Goazec (29) et au Cap Gris Nez (62)
- 120 km/h à Saint-Hilaire (61) et Laval (53)
- 116 km/h à Nort-sur-Erdre (44)
- 113 km/h à Arbrissel (35) et Caen (14)
- 112 km/h à Rouen (76)
- 111 km/h à Ernée (53), Quimper, Cherbourg (50) et Angers-Marcé (49)
- 110 km/h à Brest (29) et au Horps (53)
108 km/h à Dinard (35)
- 105 km/h à Angers Beaucouzé (49) et Cambrai (59)
- 104 km/h à Rennes (35)
- 103 km/h à Lille (59)
- 102 km/h à Radinghem (62)
101 km/h à Melun (77)
- 100 km/h à Cambrai (59)

Le front froid, de nature convective, est attendu en fin de journée du 16 février sur les côtes de la Manche. A l'avant de ce front, les températures ont à nouveau atteint des sommets sur la majeure partie du pays. Au pied des Pyrénées, le seuil de chaleur (25°C) a une nouvelle fois été dépassé par effet de foehn sur l'ouest de la chaîne. Localement, les 28°C ont été dépassés dans les Pyrénées-Atlantiques.