Une tempête peu commune pour un mois de juin a balayé une partie de la France le 7 juin. Des orages très localisés mais venteux ont par ailleurs été observés.

La tempête Miguel à 6h UTC au large de la France - Image satellite METEOSAT/FVALK


Une dépression peu commune en juin

Une anomalie d'altitude dynamique au large de l'Atlantique est venue interagir avec une masse d'air chaud et humide dès le jeudi 6 juin. Il s'en est suivi le creusement d'une dépression au large de la Galice la même journée. Au sein d'une cassure de jet, dans une configuration classique d'entrée droite/sortie gauche, le creusement dépressionnaire a pu se maintenir jusqu'aux côtes du sud Bretagne. Le minimum de pression a été atteint à Belle-Ile avec 989.8 hPa, soit une valeur très basse pour un mois d'été.
L'animation satellite vapeur d'eau retrace l'historique du creusement dépressionnaire. On distingue en teintes jaunes l'anomalie de basse tropopause caractérisée par une intrusion d'air sec stratosphérique. Le phasage entre courant-jet et masse d'air chaud en basse couche a permis au processus de creusement de se poursuivre : 


Image satellite vapeur d'eau SSEC/Wisconsin



Violentes rafales, quelques orages forts et des victimes

L'activité orageuse s'est développée sur le nord-ouest de façon localisée. Bon nombre de cellules ont adopté des caractéristiques convectives assez marquées mais l'évolution orageuse est restée disparate. De fortes rafales se sont produites sous les orages observés entre Pays-de-la-Loire et Normandie notamment.

Il faut par ailleurs noter de très fortes valeurs de vent entre l'Ille-et-Vilaine et la Mayenne sur le flanc sud immédiat du centre dépressionnaire. ll a été relevé sur le secteur, 122 km/h à Arbrissel (35), 116 km/h à Ernée (53), 104 km/h au Horps (53). Comme l'illustre l'imagerie radar, ces rafales violentes sont probablement associées à un phénomène de sting jet (forme de dard qui balaie la zone) :


Image radar Météo-France


Outre ces fortes valeurs, les autres stations météorologiques ont relevé :
- 129 km/h à l'île d'Yeu (85) et à la Pointe de Chémoulin (44) - records mensuels
- 124 km/h à la Pointe de Chassiron (17) - record mensuel
- 118 km/h à Saint-Clément-les-Baleines (17) - record mensuel
- 117 km/h à Lège-Cap-Ferret (33) 
- 112 km/h à Thenezay (79)
112 km/h à l'île de Groix (56)
109 km/h à Saint-Agnant (17)
107 km/h à Saint-Sulpice-de-Pommiers (33)
- 106 km/h à Royan (17) - record mensuel
102 km/h à Romorantin (41) - record mensuel
- 101 km/h à Poitiers (86)
- 100 km/h à Cognac (16)
100 km/h à Saint-Nazaire (44)
100 km/h à Biscarosse (40) 
100 km/h à La Rochelle (17) - record mensuel
100 km/h à Montmorillon (86)

La carte ci-dessous illustre les rafales maximales qui ont été enregistrées sur les stations du réseau synoptique (réseau principal) :




Trois personnes ont perdu la vie dans un bateau de sauvetage en mer de la SNCM au large immédiat des Sables-d'Olonne en Vendée. Les conditions étaient particulièrement peu habituelles pour un mois de juin sur le secteur. L'embarcation a chaviré et une personne était portée disparue :

En fin de journée, un renforcement du vent s'est opéré sur le nord Bretagne et la Normandie avec un resserrement du gradient de pression en Manche. Des rafales de 100 à 120 km/h ont été relevées sur le littoral.

Les conditions observées durant la tempête, qui a provoqué quelques dégâts venteux, même avec des rafales inférieures à 100 km/h en raison de la forte prise au vent de la végétation à cette époque de l'année, sont illustrées ci-dessous :