Un épisode orageux très actif a été à l’origine de chutes de grêle intenses entre Massif Central et Alpes en début d’après-midi du samedi 15 juin 2019, avec des diamètres qui ont localement atteint 7 cm. Ces chutes de grêle ont provoqué des dommages parfois sévères, notamment aux abords de la Drôme. Peut-on parler d’un épisode exceptionnel ?

Le plus fort épisode de grêle de l’année 2019 à ce jour

Afin de mesurer précisément l’activité grêle, Keraunos a développé un indicateur national qui représente conjointement la fréquence et la sévérité des chutes de grêle observées sur la France. Cet indicateur est calculé depuis 2006 et permet une climatologie fine de la grêle sur une période de 13 ans désormais.

Si l’on analyse cet épisode à l’échelon national, l’épisode du 15 juin obtient un score de 22,5 sur cet indicateur, ce qui le caractérise comme un épisode « fort » (un score supérieur à 40 caractérise les épisodes de grêle « majeurs »). Il surpasse de peu la journée du 6 juin, dont l’activité grêle a atteint un score de 21 sur ce même indicateur, et devient ainsi la journée la plus fortement grêleuse de l’année 2019 pour le moment.


Néanmoins, toujours considéré à l’échelle nationale, ce 15 juin 2019 reste loin derrière d’autres épisodes de grêle observés ces dernières années, notamment ceux du 4 juillet 2018 et du 9 juin 2014, et se positionne au 62ème rang des journées les plus grêleuses de ces 13 dernières années. En d’autres termes, cet épisode de grêle du 15 juin 2019 ne constitue pas, à échelle nationale, un épisode exceptionnel.

A échelle départementale, le constat est plus remarquable

Si l’on analyse les scores de sévérité grêle département par département, l’épisode de ce 15 juin ressort au 1er rang sur les départements de l’Ardèche et de l’Isère, et ce depuis 2006 inclus. Un épisode de sévérité équivalente avait déjà été observé en 2012 en Ardèche, mais pas en Isère où ce 15 juin arrive nettement en tête des épisodes de grêle les plus violents de ces 13 dernières années.

Dans la Drôme, l’épisode compte également parmi les plus intenses répertoriés depuis 2006, mais seule une partie du département a été significativement grêlée, ce qui donne des scores de sévérité supérieurs sur certains autres épisodes des années antérieures. Néanmoins, jamais depuis 2006 des grêlons d’un diamètre aussi important n’avaient été recensés par Keraunos sur la Drôme, l’épisode le plus comparable sur ce plan étant celui du 7 août 2013.

Supercellule productrice de fortes chutes de grêle sur le nord de la Drôme le 15 juin 2019.


Un début d’année 2019 peu grêleux

Cet épisode de grêle fait suite à un mois de mai particulièrement peu propice à la grêle. De fait, mai 2019 ressort sur l’indicateur Keraunos comme le mois de mai le moins grêleux en France depuis 2006 inclus.

Ce mois de mai exceptionnel a fait suite à un mois d’avril assez actif en chutes de grêle, mais le bilan du printemps 2019 n’en demeure pas moins nettement déficitaire et devient le moins grêleux en France après le printemps 2010.

Au total, un peu plus de 1500 chutes de grêle de plus d’1 centimètre de diamètre ont été répertoriées en France depuis le 1er janvier de cette année, dont une part importante les 25 avril, 8 mai, 4 juin, 5 juin et 15 juin.