Des orages virulents ont frappé en fin d'après-midi et en soirée le Massif Central puis les Alpes, en produisant de fortes chutes de grêle, des pluies intenses et des rafales de vent qui ont localement dépassé 120 km/h.



Chute de foudre proche lors des orages du 1er juillet 2019- Photo Pierre SALSON.


Fortes pluies, rafales de vent et grêle

C'est en fin d'après-midi que l'offensive orageuse s'est mise en place à partir du Puy-de-Dôme, sous forme de cellules orageuses très actives, avec amorces supercellulaires. Ces orages ont alors lentement progressé vers l'est, en produisant des pluies intenses et des chutes de grêle de forte intensité. Ponctuellement, les diamètres ont dépassé 5 cm au sein des couloirs de grêle les plus virulents.

Comme le montrent les images radar ci-dessous, ces orages se sont progressivement organisés sous la forme d'un vaste MCS (système convectif de méso-échelle) très actif, dont l'activité grêle a graduellement décliné au profit de pluies intenses et de rafales de vent localement violentes (parfois plus de 100 km/h de la Loire au nord des Alpes, avec des pointes > 120 km/h).


Le système orageux présente sur l'image satellite une densité très forte et un bouillonnement caractéristique au niveau des enclumes, dont l'ombre portée est facilement identifiable sur son flanc oriental :


Image satellite METEOSAT.

Ces orages ont produit une forte activité électrique, avec plus de 25.000 éclairs détectés en quelques heures seulement. Plus de 5500 éclairs ont concerné le seul département de la Loire au cours de cet épisode ; un nombre équivalent a été décompté sur le Puy-de-Dôme également.



Une très forte instabilité en entrée droite de jet

Cette situation orageuse active s'est mise en place dans une configuration d'entrée droite de jet typique, avec une diffluence marquée entre Massif Central et Alpes, comme en témoigne le champ ci-dessous à gauche, issu du modèle WRF-ARW 5 km de Keraunos. Le soulèvement dynamique induit s'est appliqué sur une masse d'air à la fois très chaude et très humide, caractérisée par des thêta'w > 20°C à 850 hPa (ci-dessous à droite) :

L'instabilité latente résultante a dès lors été forte, avec des valeurs de MUCAPE souvent supérieures à 2500 J/kg (ci-dessous à gauche). Les cisaillements profonds sont pour leur part restés modestes (généralement inférieurs à 15 m/s), mais se sont révélés suffisants pour permettre l'organisation progressive d'un MCS :



Photographies

Les clichés de cette journée du 1er juillet sont présentés ci-dessous :