L’année 2018 restera marquée par des chutes de grêle remarquablement fréquentes en mai et des grêlons jusqu’à 8 cm de diamètre en juillet. Retour sur ces événements avec la base de données Keraunos des chutes de grêle en France.




Un mois de mai record et une année plus grêleuse que la normale

La climatologie de la grêle initiée en 2006 par Keraunos permet d’établir que le pic annuel d’activité grêle est observé, en moyenne, entre mai et juin en France. L’année 2018 n’a pas fait exception et a été marquée par un important pic d’activité grêle en mai, puis un second, plus modeste, en juillet.

De fait, la fréquence et l’intensité des chutes de grêle observées en mai 2018 se sont avérées remarquables, avec un indicateur national* qui dépasse celui de mai 2012, qui détenait jusqu’alors le record du mois de mai le plus grêleux en France depuis 2006. Ce nouveau record mensuel a été suivi par un mois de juin nettement moins grêleux (inférieur à la normale sur ce plan), avant que l’activité grêle ne reparte à la hausse en juillet et août, sans atteindre de niveau remarquable pour autant. Les mois qui ont suivi ont été marqués par un déclin progressif de l’activité grêle.

Au total, l’année 2018 a été plus grêleuse que la normale, mais sans atteindre les niveaux observés en 2012, 2013 et 2014 par exemple. Ainsi, malgré des orages particulièrement fréquents et une instabilité annuelle record en France en 2018, l’activité grêle annuelle n’a pas été exceptionnelle pour autant. Seul le mois de mai s’est réellement distingué par des chutes de grêle remarquablement fréquentes.


* afin de mesurer précisément l’activité grêle, Keraunos a développé un indicateur national qui représente conjointement la fréquence et la sévérité des chutes de grêle observées sur la France. Cet indicateur est calculé depuis 2006 et permet une climatologie fine de la grêle sur une période de 12 ans désormais.
 

Quels ont été les départements les plus touchés par la grêle en 2018 ?

En 2018, plusieurs milliers de chutes de grêle ont été recensées en France par Keraunos, parmi lesquelles environ 900 ont dépassé 2 cm de diamètre et sont donc qualifiées de fortes. La répartition géographique de ces chutes n’a pas été homogène, comme l’illustre la carte ci-dessous, qui présente les chutes de grêle par diamètres.
On remarque notamment une faible activité grêle sur les départements du Centre-Ouest, ainsi que près des côtes de la Manche.
A l'inverse, les départements du sud-ouest, les abords du Massif Central, le pourtour méditerranéen, le Jura et les Vosges ont subi des épisodes de grêle fréquents et parfois virulents.



Au total, 2018 établit de nouveaux records annuels d’activité grêle (depuis 2006) sur trois départements : les Pyrénées-Atlantiques, la Drôme et le Jura. Une trentaine d’autres départements ont enregistré en 2018 une activité grêle qui arrive en 2ème ou 3ème position depuis 2006 ; sont notamment concernés les départements qui longent les Pyrénées ainsi que ceux qui bordent l’Atlantique et la Méditerranée.

Quel est l’épisode de grêle le plus sévère de l’année 2018 ?

C’est la journée du 4 juillet qui a vu s’abattre sur la France l'épisode de grêle le plus sévère de l’année 2018. Ce jour-là, ce sont notamment les départements du sud-ouest qui ont été mitraillés par des orages de grêle particulièrement violents. Il s’agit d’un épisode majeur, qui arrive en 2ème position des épisodes les plus virulents enregistrés en France depuis 2006, derrière le 9 juin 2014.
Un compte-rendu de la journée du 4 juillet 2018 est disponible ici.

Exemple de grêlon recueilli le 4 juillet 2018 en Charente (photo Benjamin Warthon)


Quel a été le plus gros grêlon observé en 2018 ?

Le plus gros grêlon mesuré en France en 2018 a été recueilli le 4 juillet, dans le département de la Charente. Il présentait un diamètre de 8 cm et est tombé sous un orage de type supercellulaire particulièrement actif. Les Pyrénées-Atlantiques ont été touchées le même jour par des grêlons qui ont atteint localement 7 cm de diamètre.
Des grêlons de très gros diamètre (6 à 7 cm) ont également été recueillis le 1er juillet, le 1er août, le 9 août et le 12 août, sur les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Bouches-du-Rhône et de la Lozère.