L’année 2019 restera marquée par des chutes de grêle plus intenses que la normale durant l’été et par des grêlons jusqu’à 9 cm de diamètre en juillet. Retour sur ces événements avec la base de données Keraunos des chutes de grêle en France.




Un mois de juillet remarquable mais une année proche de la normale

La climatologie de la grêle initiée en 2006 par Keraunos permet d’établir que le pic annuel d’activité grêle est observé, en moyenne, entre mai et juin en France. 2019 fait exception dans ce domaine : l'année a en effet été marquée par un mois de mai exceptionnellement peu grêleux et par un pic d’activité grêle tardif, centré sur le mois de juillet ; juin et août ont également été ponctués d'épisodes de grêle significatifs, mais sans écart majeur par rapport à la normale.

De fait, la fréquence et l’intensité des chutes de grêle observées en juillet 2019 se sont avérées remarquables, avec un indicateur national* qui dépasse tous les mois de juillet depuis 2006, à l'exception de juillet 2013 qui conserve sa place de mois de juillet le plus grêleux de ces 13 dernières années. Juillet 2019 arrive ainsi en deuxième position.
A l'inverse, les mois de mai et de septembre 2019 se sont illustrés par un déficit de grêle record par rapport à la climatologie 2006-2018 : l'indicateur national* a ainsi été près de 4 fois inférieur à la normale en mai 2019, et aucune chute de grêle significative n'a été observée en septembre 2019, mois extrêmement stable.

Au total, l’année 2019 est conforme à la normale 2006-2018 en matière de chutes de grêle en France, et s'avère à ce titre moins grêleuse que 2018.


* afin de mesurer précisément l’activité grêle, Keraunos a développé un indicateur national qui représente conjointement la fréquence et la sévérité des chutes de grêle observées sur la France. Cet indicateur est calculé depuis 2006 et permet une climatologie fine de la grêle sur une période de 13 ans désormais.
 

Quels ont été les départements les plus touchés par la grêle en 2019 ?

En 2019, plusieurs milliers de chutes de grêle ont été recensées en France par Keraunos, parmi lesquelles environ 800 ont dépassé 2 cm de diamètre et sont donc qualifiées de fortes. La répartition géographique de ces chutes n’a pas été homogène, comme l’illustre la carte ci-dessous, qui présente les chutes de grêle par diamètres.
On remarque notamment une faible activité grêle sur les départements du Centre et du Centre-Ouest notamment.
A l'inverse, les départements du quart sud-est, et en particulier les abords de la vallée du Rhône, ont subi des épisodes de grêle fréquents et parfois virulents. Quelques épisodes de grêle intenses ont également concerné la Normandie, la Haute-Garonne ou encore le sud de l'Alsace.



Au total, 2019 établit de nouveaux records annuels d’activité grêle (depuis 2006) sur cinq départements : les Hautes-Alpes, l'Isère, la Mayenne, la Savoie et la Haute-Savoie. Une vingtaine d’autres départements ont enregistré en 2019 une activité grêle qui arrive en 2ème ou 3ème position depuis 2006 ; sont notamment concernés les départements du sud et de l'est du Massif Central, de la vallée du Rhône et des Alpes.

Quel est l’épisode de grêle le plus sévère de l’année 2019 ?

C’est la journée du 6 juillet qui a vu s’abattre sur la France l'épisode de grêle le plus sévère de l’année 2019. Ce jour-là, ce sont notamment les départements de la Loire, du Rhône, de l'Ardèche, de la Drôme et de l'Isère qui ont été mitraillés par des orages de grêle particulièrement violents. Il s’agit d’un épisode de forte intensité, qui arrive en 15ème position des épisodes de grêle les plus virulents enregistrés en France depuis 2006.
Un compte-rendu de la journée du 6 juillet 2019 est disponible ici.

Exemple de grêlons recueillis le 6 juillet 2019 dans la Loire (photo Emmanuelle Ducros)


Quel a été le plus gros grêlon observé en 2019 ?

Le plus gros grêlon mesuré en France en 2019 a été recueilli le 6 juillet, dans le département de la Loire. Il présentait un diamètre de 9 cm et est tombé sous un orage de type supercellulaire particulièrement actif. Le département du Rhône a été touché le même jour par des grêlons qui ont atteint localement 6 cm de diamètre.

Des grêlons de très gros diamètre (6 à 7 cm) ont également été recueillis le 15 juin, le 1er juillet et le 18 août, sur les départements de la Drôme, de la Loire, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, de l’Orne, du Rhône, du Haut-Rhin ou encore du Territoire de Belfort.