Les dernières projections laissent penser que le record de 2014 est sérieusement menacé.

3 années au coude-à-coude

Depuis la fin des années 1940 – période depuis laquelle une mesure homogène et normée de l’instabilité latente est disponible –, c’est l’année 2014 qui détient jusqu’à ce jour le record annuel d’instabilité nationale, avec 131 J/kg de MUCAPE moyenne. Elle est suivie de près par 1983 (130 J/kg) et 1976 (129 J/kg). Vient ensuite 2006, qui est déjà tenue plus à distance (124 J/kg).

On note que la répartition des anomalies les plus fortes est toutefois assez variable pour chacune de ces quatre années remarquables :
* en 1976, l'excédent d'instabilité est généralisé, avec des maxima dans l'ouest et le nord-est du pays ;
* en 1983, le bilan est plus contrasté avec des excédents remarquables sur l'ouest et la moitié nord du pays, et à l'inverse une instabilité normale voire déficitaire dans le sud-est ;
* en 2006, l'excédent est généralisé, mais plus prononcé dans le sud-ouest du pays ;
* en 2014, l'excédent est généralisé, mais surtout marqué dans l'ouest et sur le sud du pays.


2018 dépasse pour le moment toutes les autres années

Les données arrêtées au 7 novembre montrent toutefois que ce classement pourrait être modifié. En effet, sur la période du 1er janvier au 7 novembre, l’année 2018 arrive nettement en tête (166 J/kg), loin devant 1983 (148 J/kg). Dès lors, à moins d’une fin d’année très anormalement stable, 2014 pourrait perdre sa position et 2018 deviendrait ainsi l’année la plus instable en France depuis au moins 70 ans, et vraisemblablement depuis la fin du XIXème siècle (sur la base des travaux de reconstruction climatique par réanalyse).

Comme le montre la carte ci-dessous, l’année 2018 se distingue pour le moment par une anomalie instable exceptionnellement forte et durable sur le sud du pays en général, et près de la Méditerranée en particulier. Celle-ci tire vers le haut la moyenne nationale, alors même que les régions du nord-ouest et du nord présentent cette année une instabilité normale voire déficitaire. Cette faible instabilité dans le nord du pays ne devrait toutefois pas permettre de modérer suffisamment la moyenne nationale pour la contenir sous les niveaux de 2014.