Même si le bilan s’annonce contrasté d’une région du globe à l’autre, l’instabilité moyenne aura été largement excédentaire en 2018 dans le monde. Ainsi, à échelle globale, 2018 arrive au 3ème rang des années les plus instables* depuis la fin des années 1940. L’année 2018 se positionne après 1997, qui reste en tête, et 2015, au deuxième rang.

* la mesure de l’instabilité est ici basée sur le Lifted Index, qui mesure l’instabilité latente entre le sol et l’altitude géopotentielle 500 hPa (vers 5.500 mètres d’altitude). Ce paramètre fait partie des plus communément usités et des plus représentatifs pour évaluer l’instabilité dans la troposphère.

Le graphique ci-dessous représente l’écart à la normale de l’instabilité latente moyenne globale, année par année (normale 1981-2010). On note une très nette prédominance des années en excès d’instabilité au cours des vingt dernières années :


De forts excédents en Afrique et près des pôles

Parmi les régions du globe qui ont connu une instabilité excédentaire en 2018, le nord de l’Afrique s’illustre nettement, en particulier le long d’un axe étiré du Sénégal et de la Guinée jusqu’au Soudan. Cette zone de forte instabilité se prolonge d’ailleurs jusqu’au Moyen-Orient, qui enregistre en 2018 sa 4ème année la plus instable depuis 70 ans.

Les abords de la Méditerranée ont également connu un excédent marqué, au même titre qu’une bonne partie de l’océan Pacifique, en particulier entre le Mexique et Hawaï. Mais les plus forts excédents ont été observés aux latitudes polaires, notamment boréales, qui enregistrent leur 3ème année la plus instable en 70 ans, après 2016 (1er rang) et 2017 (2ème rang).

Malgré ce bilan très excédentaire, plusieurs régions anormalement stables ont néanmoins été observées. L’Atlantique nord en particulier enregistre une cinquième année consécutive de faible instabilité. Les abords du Kazakhstan et du sud-ouest de la Russie ont également connu une année 2018 particulièrement stable, au même titre que l’ouest de l’Australie ou que les Grandes Plaines américaines.

Pour ce qui concerne plus particulièrement l'Europe, l'instabilité a été excédentaire en 2018, mais sans situation exceptionnelle. L'année 2018 arrive en effet en 19ème position depuis la fin des années 1940.

Les deux cartes ci-dessous présentent en rouge les excédents d'instabilité par rapport à la normale 1981-2010, et en bleu les déficits. La projection de celle de droite permet de mieux visualiser l'anomalie positive aux abords du Pôle Nord :


Les extrêmes de l’année 2018

En valeur absolue, les profils verticaux les plus stables ont été observés en 2018 aux abords de l’île Berkner (Antarctique).
A l’inverse, les profils verticaux en moyenne les plus instables ont été relevés en 2018 entre l’ouest des Philippines et le nord de la Papouasie Occidentale.