La compilation des données kérauniques de l'été 2017 est achevée, un bilan de l'activité orageuse observée au cours des mois de juin, juillet et août 2017 peut être établi. Cet été 2017 se révèle conforme à la moyenne de ces 8 dernières années au niveau national.


Supercellule photographiée dans l'Oise le 6 juillet par Alex Jennequin


Un été conforme à la moyenne au niveau national mais très contrasté régionalement

L'été 2017 a connu une activité orageuse moins fréquente par rapport aux étés précédents. Le nombre de jours avec orage accuse encore une baisse par rapport à l'été 2015 déjà déficitaire. Ainsi, 79 jours d'orage ont été enregistrés, soit une valeur tout à fait conforme à la moyenne 2009-2016
Au total, 86% des journées estivales ont été orageuses sur le territoire français.

L'activité orageuse s'est révélée très irrégulière durant l'été, allant decrescendo. Après un mois de juin conforme à ces dernières années, les orages ont commencé à devenir moins fréquents en juillet, surtout sur le quart nord-ouest, et encore moins fréquents en août avec un déficit d'orages généralisé.

D'une manière relativement classique en cette saison, on rencontre un nombre maximal de jours avec orage près des reliefs, tandis qu'une activité orageuse plus irrégulière est constatée en allant vers la Bretagne. Contrairement aux dernières années, les Alpes du Sud n'ont pas connu des orages très fréquents. C'est en effet sur les Pyrénées-Atlantiques que les orages ont été les plus fréquents avec 42 jours. Suivent ensuite les Hautes-Pyrénées, l'Isère et la Savoie avec 41 jours. A l'inverse, seulement 6 jours ont été comptabilisés dans le Finistère, et de manière plus exceptionnelle seulement 9 jours en Corse-du-Sud
 
Si l'on confronte ces données à la moyenne 2009/2015, on remarque que la fréquence des orages cet été ne présente pas d'anomalie à l'échelle nationale. On observe à l'échelle départementale un déficit remarquable de 9 à 10 jours sur la Corse et de 5 à 6 jours entre Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône. A contrario, l'excédent est très important dans le sud--ouest, particulièrement en Dordogne avec +12 jours d'orage. 
 
Nombre de jours avec orages durant l'été et écart à la moyenne 2009/2016 (c) KERAUNOS
 
  

Une instabilité forte malgré des conditions assez peu dépressionnaires sur la moitié sud

A échelle nationale, cet été a été nettement plus instable que la normale (+64%) ; il se positionne de fait en 6ème rang des étés les plus instables en France depuis la fin des années 1940, juste derrière l’été 2003 (5ème rang) et juste devant l’été 2006 (7ème position).
Cet excédent d’instabilité latente est généralisé à l’ensemble du territoire, même si certaines régions enregistrent un été relativement plus proche de la normale, comme c’est le cas notamment en Corse, entre Var et Alpes-Maritimes ou encore près des côtes de la Manche.
C’est en définitive les régions du Centre et du Centre-Est qui se distinguent par une saison estivale particulièrement instable ; sur ces régions, l’été 2017 arrive généralement en 2ème ou en 3ème rang depuis la fin des années 1940.
Il est par ailleurs intéressant de noter que cet été 2017 a été excédentaire en instabilité durant les trois mois de la saison en moyenne nationale ; c’est uniquement en août que des déficits ont été constatés périodiquement sur le nord du pays.




Pour ce qui concerne la pression atmosphérique, on constate d’une manière générale que cet été 2017 a été proche des normales, avec une dominante plus dépressionnaire toutefois sur le nord du pays, qui enregistre un écart d’environ -1 hPa par rapport à la normale 1971-2010.  A l’inverse, des conditions un peu plus anticycloniques que la normale ont été constatées en allant vers la Méditerranée, où l’instabilité a conjointement été moins excédentaire qu’ailleurs.




En altitude, des conditions plus anticycloniques que la normale ont également été observées sur le sud du pays (géopotentiels plus élevés que la normale sur la carte ci-dessous à gauche). Ceci n’empêche pas la survenue d’épisodes orageux pour autant, mais dans ces configurations les épisodes orageux tendent à perdre en étendue, en fréquence et en virulence, faute de dynamique atmosphérique puissante.

Enfin, sans surprise, cet été 2017 qui s’est illustré par des pics de chaleur parfois remarquables au sol a également enregistré une anomalie chaude vers 1500 mètres d’altitude (ci-dessous à droite), avec un excédent généralisé.



Le 10 juillet, journée la plus orageuse de l'été

L'analyse de l'indicateur de sévérité orageuse permet d'établir que la journée du 10 juillet 2017 a été la plus orageuse de l'été avec un ISO de 28. Cette journée a en effet été marquée par de nombreux orages virulents entre Pyrénées et centre-est. On note une tendance à la baisse de l'activité orageuse tout au long de l'été.
 
Avec un ISO moyen de 5,66, cet été 2017 s'est révélé plus orageux que l'été 2016. On distingue sur le graphique ci-dessous, traçant l'ISO quotidien national, plusieurs pics d'activité orageuse, notamment fin juin, autour du 10 et du 20 juillet mais également en fin de première décade d'août. L'ISO mensuel est allé en decrescendo tout au long de l'été, avec un score plus élevé en juin puis en juillet et enfin en août.