Orage sur l’Estérel, illuminé par la lune, par Nicolas GASCARD le 5 novembre 2017


Très peu d'orages dans le sud, avec un déficit remarquable près de la Méditerranée

Sur les trois mois d'automne, la France a compté 51 jours d'orage, soit 9 jours de moins que la moyenne 2009-2016. Ces valeurs sont très inférieures à celles relevées lors de l'automne 2016.
 
Comme l'an dernier, c'est sur le département de la Haute-Corse que l'activité orageuse a été la plus fréquente avec 18 jours d'orage. Mais par rapport à l'automne 2016, la Haute-Corse compte une dizaine de jours d'orage en moins. Les autres départements méditerranéens enregistrent moins de 10 jours d'orage durant ces trois mois d'automne, soit une valeur extrêmement faible
Après la Haute-Corse, ce sont les départements du nord de la France, entre la Normandie et le bassin parisien qui comptent le plus grand nombre de jours d'orage (14 jours en Seine-et-Marne, 13 jours en Seine-Maritime).
Les départements les moins orageux sont situés cet automne près des Pyrénées (Ariège, Hautes-Pyrénées) sur le Massif-Central (Corrèze, Cantal) ou en Bretagne avec le Finistère (à peine 2 jours d'orage). 
 
De fait, par rapport à la moyenne 2009-2016, les départements du quart sud-est enregistrent un déficit exceptionnel allant jusqu'à 12 jours (Var ou Gard par exemple). C'est globalement toute la moitié sud et la façade Atlantique qui ont été concernés par un automne particulièrement peu orageux.
A contrario, les excédents atteignent fréquemment jusqu'à 5 jours dans l'Aisne ou en Seine-Marne par exemple. 
 
Les orages ont été peu sévères durant cet automne 2017. On compte seulement 5 jours avec orage fort et aucun jour avec orage violent ni extrême.




Quels régimes de temps ont dominé cet automne ?

En moyenne, sur ces trois mois, la France a été placée sous l'influence dominante de hauts géopotentiels durablement calés sur le proche Atlantique. Ceci a conduit d'une part à réduire la fréquence des flux d'ouest dynamiques sur la France, et par ailleurs à favoriser les régimes dépressionnaires plus à l'est, de la mer de Norvège au sud-est de l'Europe. Ainsi, en la présence de flux majoritairement anticycloniques et de façon récurrente orientés au nord, l'activité orageuse n'a pu se manifester sur les régions méditerranéennes par exemple.
 
Conséquemment, le courant-jet a été moins bien constitué que la normale sur le sud de la France. Une première branche, active évoluait de manière récurrente sur les îles britanniques, trop au nord pour que le sud du pays puisse être directement concerné.
 
Anomalie du géopotentiel à 500 hPa (à gauche) et du vent à 300 hPa (à droite)
 
 
Les deux cartes ci-dessous présentent l'anomalie de l'instabilité de la masse d'air et de la température vers 1.500 mètres d'altitude au cours de l'automne 2016.

On constate globalement une instabilité inférieure à la normale sur la France, ainsi que sur une grande partie du bassin méditerranéen et du sud-ouest de l'Europe. A l'inverse, des profils instables ont dominé de la Scandinavie à l'Allemagne et la Pologne. Cette situation s'est accompagnée de températures globalement proches de la normale en France vers 1.500 mètres d'altitude. On notera toutefois la persistance d'anomalies thermiques exceptionnelles entre Groenland et Spitzberg, souvent supérieures à +5°C sur les trois mois à 1500 mètres d'altitude.
 
Anomalie du MULI (à gauche) et de la température à 850 hPa (à droite)