Des orages localisés mais parfois forts se sont développés dans l'après-midi, soirée et nuit suivante sur l'est et le nord du pays. Dans les Pyrénées, des crues très importantes se sont produites sur les têtes des bassins, suite aux pluies orageuses et à la fonte des neiges.

 

De cette journée, nous retiendrons :

- les fortes pluies orageuses (lames d'eau de 80 à 150 mm) sur les Pyrénées occidentales et centrales, qui ont généré, couplées à la fonte des neiges, des crues exceptionnelles sur les amonts de la Garonne, sur les Nestes et les Gaves (en particulier le Gave de Pau). De nombreux articles sont disponibles sur le site de la Dépêche du Midi ou France 3 Midi Pyrénées.

- le passage d'un système convectif très puissant entre l'Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne, le Lot et la Corrèze. Structuré en arc et très massif, il a produit de fortes chutes de grêle, des lames d'eau de 10 à 20 mm en quelques minutes et localement des rafales convectives de 100 à 110 km/h.

- l'éclosion de cellules orageuses actives (de type supercellulaire) en fin de journée sur la Bresse puis la naissance d'orages multicellulaires en Bourgogne. Des chutes de grêle de 2 cm (orages forts) ont été relevées.

 

Point sur la situation convective à 23h00 locales

Les orages faiblissent ce soir, mais les pluies restent modérées sur le sud-ouest de la France. Sur les Pyrénées, après la fortes activité orageuse de la fin d'après-midi, les crues restent exceptionnelles notamment sur le Gave de Pau, les Nestes et la Garonne amont. Des débits centennaux ont été mesurés en Val d'Aran et sur la tête de bassin de la Garonne, côté français.
 
Sur le front des orages à proprement parler, le système orageux qui a balayé la région toulousaine puis le Montalbanais s'est déstructuré. Il a produit des chutes de grêle et des rafales proches de 100 km/h dans le Lot et la Corrèze. Le système orageux a été photographié à son arrivée, depuis l'aérogare de Toulouse-Blagnac. Le système a ensuite été contourné par l'avion pris par Jean-Philippe WASSELIN.
 
    Moteur gauche dans la région de Tournus (Will HIEN)
Arrivée de l'orage sur l'aéroport de Blagnac puis orage vu d'avion (JP WASSELIN) - Chute de grêle dans le Lot (Florian PARZADIS)
 
Plus à l'est, des orages isolés mais forts ont éclos entre l'Ain, la Saône-et-Loire et la Côte-d'Or ce soir. Un split s'est opéré dans l'Ain, le moteur gauche a gagné la région de Tournus en évoluant vers une structure de type supercellulaire. Les photographies transmises par Will HIEN mettent en évidence l'aspect anticyclonique caractéristique des moteurs gauches. Le moteur droit est resté sur le département de l'Ain et a pu être capturé par Antoine FRIBOULET depuis le Mont Salève. Ce soir, de nouvelles cellules, de petite dimension mais assez actives se développent à nouveau sur la Côte-d'Or. 
 
Moteur gauche dans la région de Tournus (Will HIEN)   Moteur gauche dans la région de Tournus (Will HIEN)
Moteur gauche en Saône-et-Loire (W. HIEN)
 
  Moteur droit dans l'Ain depuis le Salève (A. FRIBOULET)    Moteur droit dans l'Ain depuis le Salève (A. FRIBOULET)
 Moteur droit dans l'Ain depuis le Salève (A. FRIBOULET)
 
 

Point sur la situation convective à 19h30 locales

Un système orageux compact et très actif circule actuellement sur le Tarn-et-Garonne. Formé sur le nord de l’Espagne, il est parvenu à franchir les Pyrénées à hauteur de l’Ariège, pour remonter ensuite rapidement sur Toulouse. Ce système orageux génère à son passage de très fortes rafales de vent (jusqu’à 107 km/h relevés sur l’aéroport de Blagnac), des chutes de grêle de diamètre localement supérieur à 2 cm ainsi que des pluies intenses (localement plus de 10 mm en quelques minutes).

Ce système orageux, qui a adopté une structure arquée, a vraisemblablement développé un mésocyclone sur son flanc oriental et s'alimente probablement dans la partie supérieure de l'étage inférieur.
 
L'image satellite dans le canal visible (ci-dessous à gauche) témoigne explicitement de la virulence de ce système orageux. L'image vapeur d'eau colorisée (ci-dessous à droite) suggère que le forçage dynamique qui pilote ce système pourrait être un petit thalweg secondaire de haute troposphère associé à une intrusion d'air stratosphérique (entaille de couleur verte sur l'image satellite, circulant en périphérie de l'anomalie principale), générant un fort soulèvement juste en aval dans le flux.
 
Image satellite visible du 18 juin 2013 à 19h locales.     Image satellite vapeur d'eau du 18 juin 2013 à 18h locales.


Dans le même temps, des déclenchements de convection sont désormais en cours aux confins de l’Ain et du Jura. Ils se développent dans un environnement très fortement instable et présentent des intensités fortes. Ils devraient se propager en direction de la Saône-et-Loire au cours de l'heure qui vient. Quelques déclenchements orageux sont également attendus sur la région Centre de manière imminente.

Radiosondage de Trappes du 18 juin 2013 à 11h TU.A noter que les derniers radiosondages, réalisés en début d’après-midi, confirment l’instabilité des profils verticaux sur un grand quart nord-est du pays.
Ainsi, le radiosondage de Trappes présentait une MUCAPE de 2390 J/kg, avec un MULI de -6 K, ainsi qu’une forte hélicité (SRH 0-3 km de 251 m²/s²). Le radiosondage d’Idar-Oberstein (en Allemagne mais représentatif de la masse d’air sur le nord-est de la France) présentait pour sa part une MUCAPE de 2701 J/kg, avec MUCIN proche de -80 J/kg.

Même si les principaux forçages sont encore essentiellement positionnés dans le sud-ouest du pays, des déclenchements orageux restent prévus de manière anarchique mais isolément virulente, ce soir et cette nuit, sur la zone placée en risque convectif de niveau 2 aujourd’hui.
 
 
 
 

Point sur la situation convective à 18h00 locales

Le forçage d'altitude principal est remonté sur les Pyrénées en cette fin d'après-midi. Il a réactivé le corps pluvio-orageux sur l'ouest de la chaîne et a permis l'éclosion de cellules convectives bien structurées à l'avant, entre l'Ariège et le Tarn-et-Garonne. Elles s'accompagnent de très fortes pluies et de chutes de grêle de dimension modérée. La convection devrait parvenir à gagner encore un peu vers l'est dans les prochaines heures
Dans l'est, les premières cellules isolées se développent sur le Jura et les Alpes du Nord. Le risque d'orage reste aléatoire sur le quart nord-est, sachant qu'au moindre développement, ceux-ci pourront être forts. Les modèles de 12h TU suggèrent des développements anarchiques qui n'ont qu'une probabilité modérée de se concrétiser entre le val de Saône et la Lorraine.
 
 

Point sur la situation convective à 15h15 locales

Les fortes pluies qui concernent les Pyrénées occidentales et centrales depuis 24h ont repris cet après-midi un caractère orageux, essentiellement en Béarn. Les lames d'eau relevées sous ces pluies orageuses atteignent souvent 60 à 120 mm sur les crêtes pyrénéennes des Pyrénées-Atlantiques à l'ouest de l'Ariège. Les réaction hydrologiques sont très marquées, surtout sur les têtes des bassins des vallées d'Aure, de Haute-Bigorre, du Louron ou du Luchonnais. Le Haut-Couserans n'est concerné que sur sa zone frontalière avec la Haute-Garonne.

Ces crues en cours sur les Nestes (Aure, Louron, Couplan et Rioumajou) sont remarquables et dépassent au niveau des hauteurs d'eau les records de mai 1977 voire novembre 1982. De même, la Pique inonde Luchon et des lacs débordent en montagne. Tous ces affluents de la Garonne font réagir le cours d'eau entre Saint-Béat et Valentine où le régime est plutôt torrentiel. De nombreuses évacuations sont en cours.
Dans le Val d'Aran, en Espagne, la Garonne a atteint un débit centenal. Cette crue est encore en cours de propagation côte français.

Plus à l'ouest, les Gaves sont en forte réaction. Le Gave de Pau, dont la tête du bassin a été copieusement arrosée (de Gavarnie à Lourdes) connaît une crue très importante, qui se rapproche de celle observée en octobre dernier. La vidéo ci-dessous montre la Neste en crue à Arreau, où Neste d'Aure et Neste du Louron confluent dans le village :
 

 
Dans les prochaines heures, l'activité convective va reprendre entre l'Ariège, le Toulousain et la Dordogne. Les première cellules, surtout très pluvieuses commencent à éclore.

Encore plus à l'est, la masse d'air conserve un potentiel très instable mais les forçages sont très anarchiques. Ainsi, même si la convection n'a pas encore démarré, des orages forts sont probables cet après-midi et ce soir, surtout près des reliefs de l'est, mais aussi entre le Centre, l'Ile-de-France puis les régions du nord dans le courant de la nuit prochaine. Comme mentionné dans le bulletin émis ce matin, les orages seront très dispersés, localisés, mais au moindre déclenchement, des chutes de grêle > 2 cm et de très fortes pluies seront possibles.
 
L'image satellite vapeur d'eau du début d'après-midi montre la position du forçage d'altitude principal, situé entre l'Aquitaine et les Pyrénées. Un jet streak circule de l'est de l'Espagne au Golfe de Gascogne, alors que le minimum d'altitude Ibérique tend à très lentement remonter vers la France. Dans un puissant flux de sud en altitude, l'orographie joue son rôle et accentue les précipitations sur les crêtes Pyrénéennes. Avec le réchauffement diurne, l'instabilité croît à nouveau sur Midi-Pyrénées et les Pyrénées.
Dans l'après-midi, cette branche de jet va progresser vers l'est, rendant le contexte un peu plus propice à la convection profonde sur un grand quart nord-est.
 
Image satellite vapeur d'eau de 11z
 
Si vous êtes témoin de ces orages, n'hésitez pas à poster vos photos et à renseigner la carte de suivi en temps réel.
 
Prochain point complet prévu vers 17h30 locales sauf évolution significative d'ici là