Le 10 mai 2016, vers 17h50 locales, une tornade de très faible intensité (EF0), touche brièvement le sol sur le territoire des Baroches, dans le département de la Meurthe-et-Moselle. Le phénomène, bien documenté et médiatisé, provoque de très faibles dommages au hameau de Génaville.

La tornade des Baroches s'inscrit dans un outbreak de tornades (épisode de tornades groupées) qui totalise deux cas pour la journée du 10 mai 2016, dont la tornade EF0 de Chéry-lès-Pouilly (Aisne).
 

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade EF0 des Baroches (Meurthe-et-Moselle) du 10 mai 2016
* intensité maximale : EF0, soit des vents estimés entre 105 km/h et 135 km/h
* distance parcourue : indéterminée
* largeur moyenne : indéterminée

* commune traversée : LES BAROCHES (Génaville)
* département : MEURTHE-ET-MOSELLE (54)
* altitude moyenne du terrain : 237 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu ; terres arables hors périmètres d'irrigation

* principaux dégâts : quelques tuiles déplacées sur des habitations
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

La carte ci-dessous présente la zone de contact au sol de la tornade, en plage de couleur rouge (fond de carte : Géoportail) :

Tornade des Baroches du 10 mai 2016 : localisation. © Keraunos
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)

Un phénomène vu à près de 15 kilomètres de distance

La tornade des Baroches du 10 mai 2016 s'est essentiellement manifestée sous la forme d'un tuba bien développé, qui a été vu par un grand nombre de témoins dans un rayon de 10 à 15 kilomètres. Les photographies du phénomène, appuyées d'un témoignage recueilli au hameau de Génaville (commune des Baroches), ont permis de localiser l'événement par triangulation, et d'attester d'un sens de déplacement du Sud-Ouest vers le Nord-Est

Le phénomène tourbillonnaire, qui a duré vingt minutes, a ponctuellement touché le sol aux alentours de 17h50 locales. Faute de dégâts recensés dans la zone traversée par le tourbillon, hormis à Génaville où quelques objets légers ont été déplacés et quelques tuiles arrachées, la trajectoire exacte de la tornade reste indéterminée. Les dégâts observés permettent toutefois de classer le phénomène en intensité EF0 sur l'échelle de Fujita améliorée. 

Les photographies suivantes, qui illustrent la tornade des Baroches, sont prises à différents stades de son développement entre 17h45 et 18h00 locales : 

  • Phénomène photographié par Luc Lastu à Lanhères (13 km à l'OSO), lorsque le tuba touche très brièvement le sol à 17h50 locales. © Luc Lastu

  • Autre vue du phénomène photographié à l'est des Baroches. © Jade F.

  • Autre vue du phénomène photographié depuis Jarny, en direction du Nord/Nord-Est. © Benjamin Nomine

  • Localisation de la zone d'impact de la tornade déduite des angles de prise de vue des différents témoins. © Keraunos




 

Analyse des conditions météorologiques

La tornade des Baroches s'est développée au sein d'une cellule convective de petite dimension, de nature monocellulaire et de courte durée de vie. Cette cellule, passagèrement orageuse, s'est initiée le long d'une ligne convective relativement anarchique.
 
Comme le montrent les champs ci-dessous, issus du modèle WRF 13 km Europe (run du 10.05.2016 12Z), la situation synoptique était dominée par un flux de SSO cyclonique, en lointaine sortie gauche d'une branche de courant-jet. La Meurthe-et-Moselle était alors en périphérie d'un axe dépressionnaire de surface, étiré du Portugal à la Normandie. L'ensemble pilotait des advections d'air chaud et humide en basses couches sur la majeure partie du pays, générant des profils modérément instables (MUCAPE souvent supérieure à 1.000 J/kg, et MULI inférieur à -2 K) :




La reconstitution du profil vertical sur la commune des Baroches, le 10 mai 2016 vers 17h00 locales, confirme cette situation instable. On note en effet une MUCAPE de 941 J/kg, avec un MULI de -3 K et un TTI de 50. Les cisaillements sont peu marqués, en profondeur comme en basses couches, ce qui est cohérent avec la situation périphérique de la commune par rapport aux centres d'action les plus dynamiques. Ainsi, les cisaillements 0-6 km ne dépassent pas 10 m/s, tandis que la SRH est inférieure à 100 m²/s² sur toutes les épaisseurs :