Une tornade de faible intensité (EF1) s'est abattue le 5 décembre 2008, à 14h40 locales, dans l'ouest de l'Aveyron. Le phénomène a été confirmé par des témoignages et par une enquête de terrain. 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1 soit des vents estimés de 135 km/h à 175 km/h
* distance parcourue : 5,7 kilomètres
* largeur moyenne : 80 mètres

* communes traversées : MALEVILLE (la Milie), [LANUÉJOULS], PRIVEZAC (la Farenquie, village, le Luminaire)
* département : AVEYRON (12)
* altitude moyenne du terrain : 490 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, territoires agricoles

* principaux dégâts : habitations endommagées (portions de couvertures arrachées, cheminées abattues) ; arbres étêtés ; toiture d'un hangar emportée ; gros arbres déracinés (chênes et résineux), abribus arraché ; poteaux électriques couchés ; routes entravées par des débris, plafond de la mairie soulevé (phénomène d'aspiration)

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Comme un train ou un avion

Une enquête de terrain a été effectuée par E. Todesco pour cette tornade. Elle fait apparaître un couloir de dégâts d'une largeur comprise entre 20 mètres à 80 mètres, sur une trajectoire totale de 5,7 kilomètres. Dans un bois de résineux, un axe de convergence a notamment pu être identifié dans le sens de chutes des arbres. 

Au hameau de la Farenquie, une habitant confie : « C'était comme un train ou un avion, je ne sais plus bien, qui vous passe dessus. On n'a pas eu trop le temps de s'apercevoir de ce qui se passait car ça a duré 10 à 15 secondes. On a pensé que l'on n'avait plus d'abri de piscine, mais au final il n'a pas été touché.»

Les dégâts observés sont les suivants : habitations endommagées (portions de couvertures arrachées, cheminées abattues) ; arbres étêtés ; toiture d'un hangar emportée ; gros arbres déracinés (chênes et résineux), abribus arraché ; poteaux électriques couchés ; routes entravées par des débris, plafond de la mairie soulevé (phénomène d'aspiration). 

Les clichés ont été pris plus de quatre mois après le phénomène ; les dégâts sont cependant encore bien visibles, notamment au niveau de la végétation :  

                                                                         
© E. TODESCO
 
    
 © E. TODESCO
 
    
                                                                                                                                                                                              © Archives LA DEPECHE 
 

 

Coupure de presse

La Dépêche fait part de l'événement dans deux éditions, dont celle du 7 décembre 2008:

Privezac panse ses plaies après la tornade

L'heure des premiers bilans et de la solidarité

Au lendemain de la tornade, après l'effroi qu'a pu laisser celle-ci dans l'esprit de certains habitants c'est l'heure du bilan. Pour Colette Sarret, maire de cette petite commune, le principal c'est qu'il n'y ait pas eu de blessé. Ce malgré les dégâts matériels et écologiques important occasionnés par cette tornade qui s'est abattue sur le village de Privezac. L'impact le plus important de la tornade se situe au cœur du village et surtout en bordure d'une localité voisine, la Farenquie où entre autres, une bonne quarantaine de gros chênes ont été déracinés. Des arbres qui se sont abattus à proximité d'une habitation dont les occupants, durant la longue minute, ne savaient où se mettre pour être en sécurité. « Les portes et fenêtres vibraient tellement qu'on avait le sentiment que tout allait s'envoler, ça cognait dur aux vitres, on pensait que tout allait partir en éclat », rapportent les résidents.

Solidarité organisée

Hier, sur la commune, aucune maison n'était isolée. Mais sur les trois routes menant à la Farenquie, une seule était ouverte. Colette Sarret comptait sur la solidarité de la communauté des communes afin de dégager ces voix obstruées par de nombreux arbres qui demande des moyens appropriés que la seule municipalité n'a pas à sa disposition. Aussi, son président Claude Catalan s'est-il rendu sur les lieux ce samedi et a promis la venue, dès lundi, de l'équipe voirie avec tous ses moyens matériels.

Colette Sarret a aussi salué la réactivité de tous les services de secours. Christine Royer, la sous-préfète est venue très rapidement sur les lieux pour mesurer l'importance des dégâts, les pompiers de Montbazens, Rignac et Villefranche, la direction des routes et infrastructures, l'EDF, la gendarmerie de Montbazens, tous sont intervenus très rapidement pour dégager les routes et venir en aides aux habitations pour les mettre « hors d'eau » avec un élan de solidarité de tous les couvreurs de la région. « Ca fait chaud au cœur, on se sent moins seul dans ces cas-là » a apprécié madame le maire.