Une tornade de faible intensité (EF1) frappe la commune de Sardieu (Isère) le 16 juin 2001 en soirée. Le phénomène, qui a été vu et photographié, a produit des dégâts aux habitations.
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : indéterminée
* largeur moyenne : 40 mètres

* commune traversée : SARDIEU (route de Châtenay)
* département : ISÈRE (38)
* altitude moyenne du terrain : 325 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, territoires agricoles

* principaux dégâts : habitations endommagées (toits partiellement enlevés, mobilier de jardin envolé, mobilier intérieur retourné et aspiré par la tornade)

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF,
mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF1 de Sardieu (Isère) du 16 juin 2001
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Un entonnoir d'à peine 40 mètres de large

La tornade de Sardieu s'est déroulée le 16 juin 2001, peu avant 21 heures. Caractérisé par un long cône allongé qui se termine en pointe, le phénomène est filmé par Denis Gonin alors qu'il ne touche pas le sol : 

Tornade EF1 de Sardieu (Isère) du 16 juin 2001 - Photographie du phénomène (c) - Denis Gonin
© Denis Gonin


Un bref contact au sol est toutefois observé au sud de Sardieu, le long de la route de Châtenay, en endommageant sept maisons dont l'une plus sérieusement. Sur une largeur d'à peine 40 mètres, la tornade survole notamment une maison en plain-pied et s'engouffre par une baie vitrée qu'elle fait exploser, ce qui entraîne une forte puissance d'aspiration à l'intérieur du domicile : meubles déplacés ou retournés, y compris une télévision qui frôle un petit garçon dans son vol plané. L'habitation, quant à elle, est fortement touchée : la toiture est partiellement arrachée

En l'absence d'enquête de terrain, la trajectoire de la tornade de Sardieu apparaît indéterminée.


Coupure de presse

Le Dauphiné Libéré évoque le phénomène dans son édition du 18 juin 2001:

Sardieu : comme un ouragan…

La tornade s’est abattue samedi, peu avant 21 heures, sur la commune proche de la Côte-Saint-André, provoquant d’importants dégâts mais sans faire de blessés

Dans les bras de sa maman, Soraya, trois ans, n’ose pas parler. Bien sûr, autour d’elle, il y a du monde qu’elle ne connaît pas. En fait, il faudra insister pour qu’elle ouvre la bouche : «  Le vent a cassé la maison ». Ces quelques mots lâchés, Soraya se reblottira contre l’épaule de sa mère dont les jambes tremblent encore… une vingtaine d’heures après la tornade. Avant-hier soir, peu avant 21 heures, une mini-tornade a traversé le bas du village de Sardieu, dans la plaine de la Bièvre en Isère. Sardieu, une commune d’environ 600 habitants, située à 5 kilomètres de La Côte-Saint-André et à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Grenoble.

Accompagné d’un violent orage, la tornade très spectaculaire a duré six minutes, endommagé sept maisons, l’une d’elles étant littéralement éventrée et sa toiture emportée… La maison de Soraya, de son papa Ludovic, de sa maman Yasmina et de son petit frère Asswad, deux ans. « Ici, on n’avait jamais vu ça. De temps en temps, il y a de grosses bourrasques de vent, des inondations à cause du ruisseau d’à côté. Mais jamais ça ».

Pour Ludovic Mouloud, son épouse et ses deux enfants, ce fut un cauchemar. La tornade qui fut filmée au caméscope par un habitant de la commune et qui passa hier à la télévision, n’eut d’impact que sur une tranche de quelque 40 mètres. Elle entra par la baie vitrée de la maison et fit tout exploser.

« On a vu les bibelots et le petit mobilier s’envoler. Même la télé. Asswad peut être considéré comme un petit miraculé. Le poste lui est passé juste à côté ».

Dès qu’il le put, Ludovic Mouloud prit son épouse et ses deux enfants et alla s’enfermer dans les toilettes de la maison, où ils restèrent « peut-être une vingtaine de minutes ». «  Chaque fois qu’il y avait un coup de vent, on croyait que ça recommençait ».

Une fois l’alerte donnée, les sapeurs-pompiers vinrent aider les sinistrés à poser des bâches sur les toitures. Cela fait, les personnes concernées, une dizaine en tout, trouvèrent refuge dans leur famille.

Samedi, la construction de la maison de Ludovic Mouloud avait été entreprise il y a exactement un an et deux jours.