Le 8 décembre 1994 en début de nuit, des vents destructeurs s'abattent sur l'Avranchin, dans le département de la Manche. L'axe de dégâts, qui présente des caractéristiques tornadiques au Val-Saint-Père et surtout à Saint-Ovin, pourrait être issu d'une même tornade

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : indéterminée
* largeur moyenne : 50 mètres

* commune traversée : SAINT-OVIN (village)
* département : MANCHE (50)
* altitude moyenne du terrain : 135 mètres
* type de terrain : terres arables hors périmètres d'irrigation, prairies, systèmes culturaux et parcellaires complexes

* principaux dégâts : une stabulation effondrée; toitures partiellement arrachées; une caravane déplacée

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

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Tornade EF1 de Saint-Ovin (Manche) du 8 décembre 1994. Pointillés orange : trajectoire potentielle. Tirets rouges : dégâts observés. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Un phénomène potentiellement étendu

La tornade de Saint-Ovin pourrait issue d'une trombe marine, qui aurait pris naissance au confluent de la Sélune et de la Sée, avant de rentrer dans les terres au niveau du Val-Saint-Père et de se dissiper après Saint-Ovin. Cette hypothèse, qui porterait la trajectoire totale à 12 kilomètres environ, doit être considérée avec prudence, faute d'informations sur d'éventuels dégâts au sud d'Avranches et dans le secteur de Saint-Martin-des-Champs qui auraient dû être touché. Pour ces raisons, la trajectoire de la tornade de Saint-Ovin apparaît indéterminée à ce jour. 
 
Sur les deux communes sinistrées, les dégâts matériels sont assez importants et relèvent de l'échelon EF1"Norbert a les bras ballants. Il regarde sa caravane renversée au beau milieu du jardin qui borde son coquet pavillon du Val-Saint-Père. « Il y avait du vent. Beaucoup de vent. Tout à coup, il devait être 20h45, j'ai eu l'impression qu'il grêlait fort. Un bruit d'enfer qui n'a pas duré dix secondes. Ma femme est allée à la fenêtre. Elle m'a dit : " Norbert... la caravane est arrivée devant la porte". La caravane, elle était stationnée là-bas. » Norbert pointe l'index une dizaine de mètres plus loin. Au-dessus de sa tête, la toiture aux tuiles arrachées. Derrière lui, un autre pavillon, moins touché. Et après, l'école dont la toiture a atterri à une quarantaine de mètres. De l'autre côté de la rue, la cantine scolaire dont seule la moitié du toit est encore là. Et tout là-haut, à 15 m, des lambeaux de laine de verre qui se balancent dans les branches d'un peuplier. A Saint-Ovin, la situation n'est guère plus "reluisante". Ici, en plein cœur du bourg, la stabulation du GAEC Launay a littéralement explosé. Le toit, privé de murs, s'est effondré sur le troupeau de bovins. « C'est un vrai miracle. Une seule a été légèrement touchée. » Même constat au GAEC Poulain. Là, l'étable abritait deux centaines de veaux : le toit est arraché, un mur s'est écroulé. Aucun animal n'a été touché. Du côté de l'école : toiture à demi arrachée, vitres brisées à 50 %." (Ouest-France des 10 et 11 décembre 1994).
 
 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).