Une tornade de faible intensité (EF1) traverse plusieurs hameaux de la commune de Moulins-le-Carbonnel (Sarthe) le 20 septembre 1999 à 15h30 locales. Le phénomène a été vu de nombreux témoins.

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF1, soit des vents estimés entre 135 km/h et 175 km/h
* distance parcourue : 2,5 kilomètres
* largeur moyenne : 30 mètres

* commune traversée : MOULINS-LE-CARBONNEL (l'Ouche, le Château, la Poterie, la Radonnière)
* département : SARTHE (72)
* altitude moyenne du terrain : 165 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, prairies

* principaux dégâts : arbres déracinés (pommiers) dont certains portés à plusieurs mètres; toits de hangar soulevés ou arrachés; habitations endommagées (vitres brisées, tuiles envolées, toitures perforées, gouttières enlevées); personnes faiblement aspirées

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF1 de Moulins-le-Carbonnel (Sarthe) du 20 septembre 1999. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Des individus pris dans la tornade

La tornade de Moulins-le-Carbonnel, qui a été vue par de nombreux témoins, est résumée par Norbert Besnault qui a pu livrer son récit à François Paul (Climat-Energie-Environnement) : il a d'abord vu des branches d'arbres qui tourbillonnaient, avant que des pommiers soient arrachés, puis la toiture d’une de ses dépendances soulevée. Le nuage, qui avait la forme d'une colonne, a produit des dégâts sur une bande de terrain de 30 mètres de largeur.
 
Le récit de ce témoin, associé aux informations contenues dans la presse locale, permettent de valider une trajectoire de 2,5 kilomètres pour ce cas. Faute d'enquête de terrain, cette distance apparaît toutefois comme un minimum et pourrait être supérieure
 
D'autres habitants ont vécu la tornade de l'intérieur, sans comprendre ce qui leur arrivait : "Dès que nous sommes descendus de la voiture, j’ai cru que la fin du monde était arrivée. Le vent soufflait à une allure folle. Devant moi, ma belle-sœur est partie en tourbillonnant et ma nièce de 10 ans a été soulevée du sol. Nous avions la tentation de nous accrocher au mur, nous étions aspirés par le haut. Je crois même que nous avons pleuré. Un arbre a été arraché et nous l’avons retrouvé 25 m plus loin. Fort heureusement, il n’y a pas eu de blessé mais, aujourd’hui, j’ai des courbatures." (Ouest-France du 24 septembre 1999).
 
Du hameau de l'Ouche à celui de la Radonnière, la tornade provoque des dommages aux habitations (vitres brisées, tuiles envolées, toitures perforées, gouttières enlevées) et à la végétation (pommiers déracinés, dont certains portés à plusieurs mètres). Comme indiqué dans les divers témoignages, plusieurs personnes ont également été saisies par le tourbillon.
 
Le quotidien régional Ouest-France, dans son édition du 24 septembre 1999, rappelle toute la difficulté d'évaluer le préjudice pour les personnes sinistrées et encore choquées :
 
Du côté de la météo, on explique la mini tornade ainsi : « Imprévisibles, elles sont liées à un phénomène orageux, souvent sous un ciel chargé de cumulonimbus. En l’occurrence, les dégâts sont amplifiés par le tourbillon. Le vent est très violent et le champ d’action et le passage peuvent être limités. » Pour la famille Duval, difficile d’estimer le montant des dégâts : « Les toitures, les arbres arrachés, les carreaux cassés, souligne Odette Duval, tout cela est difficile à estimer. Nous en avons fait la déclaration auprès de l’assureur, mais il se peut que nous ayons oublié des détails. »

Rue de la Poterie, M. et Mme Lemoal ont passé leur première nuit sous le toit percé de leur maison : « Nous n’étions pas là lorsque la mini tornade s’est déclenchée, mais nous avons été surpris par la violence du vent qui a soulevé 70 tuiles, trois gouttières, une plaque de plomb, etc. » Jeudi, la commune pansait ses plaies sous le soleil, mais le vent continuait à souffler très fort.  « Faudrait pas que ça recommence », s’est exclamée Odette Duval.