Une tornade d'intensité modérée (EF2) frappe le centre de la commune d'Estrablin (Isère) le 26 juillet 1998 en soirée. D'autres dégâts, probablement de nature tourbillonnaire, sont observés dans des hameaux d'Estrablin et aux Côtes-d'Arey, mais sans qu'il soit possible de le confirmer. La trajectoire de la tornade apparaît donc indéterminée à ce jour.
 

Principales caractéristiques de la tornade

* intensité maximale : EF2, soit des vents estimés entre 175 km/h et 220 km/h
* distance parcourue : indéterminée
* largeur moyenne : indéterminée

* commune traversée : ESTRABLIN
* département : ISÈRE (38)
* altitude moyenne du terrain : 225 mètres
* type de terrain : tissu urbain discontinu, terres arables hors périmètres d'irrigation

* principaux dégâts : arbres déracinés ou brisés; tuiles envolées; poteaux téléphoniques effondrés; un auvent arraché; balles de foin (type roundballers de 400 kg) enlevées et déposées sur une route

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 d'Estrablin (Isère) du 26 juillet 1998. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire approximative (et partielle) a été effectuée en fonction des informations disponibles (coupures de presse, témoignages, reconstitution du flux pour la journée du 26 juillet 1998). 
 
 

Des balles de foin s'envolent

La tornade d'Estrablin survient au sein d'une dégradation orageuse qui a affecté une partie du département de l'Isère. L'axe orageux, producteur de rafales destructrices sur un parcours d'environ 10 kilomètres, s'accompagne d'une tornade dans le secteur d'Estrablin : "A 20 heures, il faisait 37°. L’air était irrespirable. Sur les terrains du complexe sportif d’Estrablin, un petit groupe d’amis s’apprêtait à disputer les derniers points, avant la nuit, de leur partie de pétanque. Tout à coup, venant de l’Est, à l’horizon des collines en direction des Côtes-d’Arey, une masse sombre. D’abord petite mais enflant très rapidement, accompagnée d’un « mur de pluie et de grêle » comme le racontera un des pétanqueurs du dimanche. Tous sourient maintenant mais avouent aussi avoir eu très peur : « On a vite vu que c’était une tornade comme dans les films, comme dans « Twister ». On a lâché les boules et on est partis en courant se mettre à l’abri ». Celui dont la villa borde le stade ajoutera avec un soulagement rétrospectif : «  J’ai bien cru qu’on y était… heureusement elle (la tornade) a tourné et n’est pas venue sur nous ». Mais il s’en est fallu de très peu. L’auvent qui prolonge les bâtiments sportifs a été totalement détruit. Quelques mètres plus loin, un gros conifère (qu’Estrablin a baptisé « Arbre de la Liberté »), pourtant fortement câblé, a été coupé net à sa base : « C’est incroyable, la tornade est venue dessus et l’arbre a tourné sur lui même, il a vrillé et le tronc a éclaté »." (Le Dauphiné Libéré du 27 juillet 1998).
 
Les dégâts entre la D502 et le village d'Estrablin sont significatifs et relèvent de l'échelon EF2 : arbres déracinés ou brisés; tuiles envolées; poteaux téléphoniques effondrés; un auvent arraché; balles de foin (type roundballers de 400 kg) enlevées et déposées sur une route.
 
D'autres hameaux d'Estrablin et de la commune voisine des Côtes-d'Arey ont également subi des dégâts, mais la nature du phénomène n'a pas pu être identifiée : "Aux Côtes-d’Arey, où les pompiers locaux du CPI ont reçu le renfort d’une équipe du C.S.P. de Vienne (quatre équipes étaient à Estrablin) les tuiles ont volé, une ou deux cheminées se sont effondrées et des arbres ont été arrachés dans les quartiers de La Lune et du Hameau de Saint-Jean."

Pour ces raisons, la trajectoire de la tornade EF2 d'Estrablin apparaît indéterminée à ce jour.