Une tornade de forte intensité (EF3) s'abat sur un quartier de la commune de Challans (Vendée) le 20 novembre 1970 à 10h20 locales. Le phénomène, qui a été vu, provoque de gros dégâts (habitations, véhicules, entreprises) et blesse huit personnes, dont deux sérieusement. Un rapport de mairie a pu établir une trajectoire de 500 mètres sur le quartier de la Proutière.
 

Principales caractéristiques de la tornade

Tornade de Challans (85) du 20 novembre 1970* intensité maximale : EF3, soit des vents estimés de 220 km/h à 270 km/h
* distance parcourue : 500 mètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 80 mètres

* commune traversée : CHALLANS (la Proutière, lotissement de la Croix-Maraud)
* département : VENDEE (85)
* altitude moyenne du terrain : 12 mètres
* type de terrain : territoires artificialisés

* principaux dégâts : hangar d'une longueur de 130 mètres effondré; toitures entièrement arrachées; 4 maisons à moitié détruites; une dizaine de voitures soulevées et déplacées; nombreuses projections à plusieurs centaines de mètres alentour; une grue abattue sur une bétonnière; chute de poteaux électriques et téléphoniques
 
NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen.
 

Parcours de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF3 de Challans (Vendée) du 20 novembre 1970. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 
Cette trajectoire a été établie en fonction des informations disponibles (témoignage, articles de presse, reconstitution du flux pour la journée du 20 novembre 1970).
 

Une "formidable colonne de fumée"

La trajectoire de la tornade de Challans a pu être reconstituée à l'appui d'un compte-rendu de mairie : « Un nuage très sombre a été suivi d'un éclair entraînant une lueur verte. Puis, soudain un vent d'une exceptionnelle violence s'est élevé. En moins d'une minute de nombreux dégâts ont été occasionnés sur une bande de 500 mètres sur 80 mètres environ dans le lotissement de la Croix-Maraud. Les dégâts se montent à environ 500 000 francs. Un grand hangar s'est effondré, 4 maisons ont été à moitié détruites, 19 autres maisons ont eu leur toit et leur cheminée arrachés et 10 voitures ont été endommagées. » Cette trajectoire, limitée à un quartier résidentiel du sud-est de la ville, pourrait être supérieure car aucune enquête de terrain approfondie n'a été effectuée pour ce cas, notamment en amont et en aval de ce quartier entouré de surfaces agricoles en 1970.
 
Le phénomène a été vu de nombreux témoins : "Tout a commencé par une pluie diluvienne et quelques coups de tonnerre. Un témoin a vu, de son appartement situé dans un H.L.M., le phénomène atmosphérique se former dans la campagne toute proche. Une formidable colonne de fumée s'est élevée dans le ciel et s'est précipitée à une vitesse inouïe sur le quartier." (Ouest-France des 21 et 22 novembre 1970).
 
Les dégâts produits par cette tornade sont très importants et parfois spectaculaires : onze voitures en stationnement projetées les unes contre les autres, une grue abattue sur une bétonnière, un hangar d'une longueur de 130 mètres effondré, maisons à moitié détruites, multiples projections de débris. Un autre témoin de la tornade confirmer avoir vu "les voitures s'envoler".
 
Au-delà des dégâts matériels, huit ouvriers d'une entreprise de B.T.P ont dû être hospitalisés suite à l'effondrement du hangar déjà cité. Deux sont dans un état jugé sérieux. Le bilan aurait certainement été plus lourd si ce quartier, encore en partie en construction au moment de la tornade, avait été totalement achevé et donc davantage habité.
 
* * *
 
 
La tornade de Challans a fait l'objet d'une très forte médiatisation, y-compris à l'échelle nationale. Voici un extrait du quotidien régional Ouest-France (édition des 21 et 22 novembre 1970):

Trombe sur Challans, huit blessés, une quinzaine de maisons sinistrées

Vendredi matin... 10h20... La sirène lance sur la ville d'inquiétants hurlements... La population songe alors à un accident. Il y en a chaque jour, ou presque, actuellement... Et puis, après un arrêt de quelques minutes, elle se remet en marche.

Et, cette fois, la population prend conscience qu'il se passe quelque chose de grave, d'autant plus que les hurlements se prolongent de façon inhabituelle.

Au centre de secours, on sort deux ambulances qui roulent à toute vitesse vers la Croix-Maraud, un quartier périphérique, absolument neuf et en continuelle extension.

A leur arrivée, les pompiers découvrent un spectacle comparable à celui d'un bombardement : des fils électriques, des poutres de fer, de bois, des tôles, des parpaings, des tuiles, des briques, et d'autres matériaux encore, jonchent le sol, gênant même leur intervention.

Une trombe s'était abattue sur le quartier, provoquant, en moins d'une minute, des dégâts très importants.

Venue de la campagne voisine

Il pleuvait depuis le matin et le ciel était plus ou moins obscurci. A tel point que les automobilistes devaient rouler phares allumés, même dans l'agglomération.

Vers 10h15, quelques roulements de tonnerre se manifestèrent et d'épais nuages recouvraient la ville.

C'est alors qu'un locataire d'une H.L.M. de La Croix-Maraud vit de sa fenêtre s'élever, dans la campagne voisine, une immense colonne qu'il compare maintenant à de la fumée.

Celle-ci se déplaça à une vitesse inouïe vers le quartier qu'il habite. Il se leva aussitôt un vent violent. Il y eut des "boules de feu", un bruit épouvantable et le ciel se chargea, au-dessus des maisons, d'une foule d'objets qui volaient comme des feuilles mortes. Une minute après, seule la pluie continuait à tomber, mais la trombe avait plus ou moins dévasté tout un quartier.

On l'avait également ressentie, mais à un degré moindre, dans les salles du collège voisin de La Proutière, qui abrite plusieurs centaines d'élèves.

 
NB : Ce cas a pu être documenté grâce à une collaboration entre Keraunos, François Paul (Climat-Energie-Environnement) et Jean Dessens (Anelfa).