Le 15 août 1931, vers 23 heures locales, une tornade d'intensité modérée (EF2) traverse plusieurs hameaux des communes d'Olivet et de Saint-Ouën-des-Toits (Mayenne). Localement, les dégâts sur les fermes sont assez importants.
  

Principales caractéristiques de la tornade

Localisation de la tornade de Saint-Ouën-des-Toits (53) du 15 août 1931intensité maximale : EF2, soit des vents estimés de 175 km/h à 220 km/h
* distance parcourue : 4,4 kilomètres (distance minimale certaine)
* largeur moyenne : 90 mètres

* communes traversées : OLIVET (le Château), SAINT-OUËN-DES-TOITS (la Babinière, la Mi-Côte, la Vente, la Croix du Bouquet)
* département : MAYENNE (53)
* altitude moyenne du terrain : 155 mètres
* type de terrain : territoires agricoles

* principaux dégâts : pommiers arrachés ; énormes sapins couchés (supposés déracinés) ; arbres (nature non précisée) brisés ; hangars et dépendances endommagées, avec tôles retrouvées à un kilomètre ; toiture entièrement arrachée ; ardoise incrustée dans un meuble ; un jeune homme transporté à distance

NB : l'intensité des tornades est déterminée sur l'échelle EF augmentée. Cette version de l'échelle EF, mise en place par KERAUNOS depuis 2009, ajoute aux critères américains une série de spécificités propres à l'habitat européen. 
  

Trajectoire de la tornade

 
Trajectoire de la tornade EF2 de Saint-Ouën-des-Toits (Mayenne) du 15 août 1931. © Keraunos (fond de carte : Géoportail)
© Keraunos (fond de carte : Géoportail)
 

Un jeune homme lancé à plus de vingt mètres par la tornade

La trajectoire de la tornade a pu être reconstituée grâce aux informations tirées de la presse locale. Le phénomène, qui a parcouru au moins 4 kilomètres selon un sens de déplacement du Sud-Ouest vers le Nord-Est, a touché cinq hameaux sur un front de 80 à 100 mètres de large.
 
La ferme de la Vente, commune de Saint-Ouën-des-Toits, apparaît la plus sinistrée, comme l'indique l'Ouest-Eclair dans son édition du 19 août 1931 :

Tornade EF2 de Saint-Ouën-des-Toits (Mayenne) du 15 août 1931 - Un aspect de la ferme de la Vente - Toiture entièrement arrachée. © Archives Ouest-France

La ferme est exploitée par les époux Marcadé et leurs enfants. La mère de famille nous a dit qu'il était 10 heures du soir lorsque le cyclone s'abattit sur la maison. « Cela m'a produit, nous dit-elle, l'effet d'un train express qui arrivait sur nous. Sous la poussée du vent, la porte fut arrachée, ainsi que les fenêtres. Je me disposais à enlever du linge d'une armoire, lorsque celle-ci s'est renversée ainsi que les autres meubles qui garnissaient l'appartement. Puis de tous les côtés, ce furent des craquements épouvantables. Le toit de notre maison fut arraché et transporté à une grande distance. Les toitures des bâtiments de servitude situés à droite de l'habitation principale ont été également enlevées par le cyclone. On a retrouvé à un kilomètre plus loin, une tôle arrachée a la toiture d'un hangar de la ferme de la Vente, ainsi que des planches de sapins provenant du parc de la Mi-Côte, qui se trouve à un kilomètre de la ferme de la Vente ».


Un jeune homme d'une vingtaine d'année a également été saisi par le tourbillon : « Rien ne faisait prévoir un pareil désastre, nous dit-il, sauf que mes chevaux tremblaient sans que je puisse y rien comprendre. Tout à coup je crus que la terre s'ouvrait... Saisi par la bourrasque, j'ai été lancé une première fois à plus de 20 mètres. Je voulus me relever, mais les branches d'un arbre me bloquèrent au sol, en même temps que les pommiers s'abattaient autour de moi comme un château de cartes. J'entendis des craquements épouvantables. C'était la toiture de la ferme qui était arrachée par la violence du vent. Jamais je n'oublierai de ma vie entière un pareil spectacle. Quelques instants plus tard, le calme revint comme par enchantement et je pus rentrer à la maison où mes parents étaient dans la désolation la plus profonde ».