Des coups de foudre destructeurs, et parfois meurtriers, ont marqué à de nombreuses reprises l'année 1913. Keraunos a pu recenser un certain nombre de ces événements, et les documenter par des photographies ou des articles de presse de l'époque.  

 

Le désastre de Saint-Christophe-du-Ligneron

L'année 1913 s'ouvre par l'un des plus gros désastres causés par la foudre sur un édifice religieux au début du XXe siècle en France: le 16 janvier, la foudre s'abat sur l'église de Saint-Christophe-du-Ligneron (Vendée) bâtie au XIXe siècle. L'édifice est presque entièrement détruit et devra être reconstruit une dizaine d'années plus tard.

Le Gaulois du 18 janvier 1913, page 3
 
 
Les clichés suivants montrent l'ampleur des dégâts :
 
L'église de Saint-Christophe-du-Ligneron (Vendée) détruite par la foudre, le 16 janvier 1913. (c) - Keraunos      L'église de Saint-Christophe-du-Ligneron (Vendée) détruite par la foudre, le 16 janvier 1913. (c) - Keraunos      L'église de Saint-Christophe-du-Ligneron (Vendée) détruite par la foudre, le 16 janvier 1913. (c) - Keraunos
 (c) - Keraunos
 
 

Clochers endommagés dans le nord-ouest et dans la Nièvre

Durant la nuit du 20 au 21 janvier 1913, le clocher de l'église de Plouider, dans le Finistère, est très endommagé. Les débris transpercent en partie la toiture dans leur chute. Moins de deux mois plus tard, le 17 mars, le clocher de l'église de Reffuveille (Manche) est décapité dans les mêmes circonstances. Enfin, le 6 août 1913, le clocher de l'église de Montigny-aux-Amognes (Nièvre) est endommagé par la foudre et la couverture réparée peu de temps après.

 
Plouider (Finistère) - Clocher abattu par la foudre dans la nuit du 20 au 21 janvier 1913. (c) - Keraunos      Reffuveille (Manche) - Clocher décapité par la foudre le 17 mars 1913. (c) - Keraunos      Montigny-aux-Amognes (Nièvre) - Clocher foudroyé le 6 août 1913. (c) - Keraunos
 (c) - Keraunos
                
 

La chapelle Notre-Dame-du-Haut détruite à Ronchamp

Le 30 août 1913, la chapelle Notre-Dame-du-Haut, située sur la commune de Ronchamp (Haute-Saône) est partiellement détruite par la foudre. L'événement met en émoi la population locale attachée à ce lieu de pèlerinage depuis le XVIIIe siècle. Reconstruit dans les années 1920 mais bombardé en 1944, l'édifice définitif est inauguré en 1955.
 
Vue de l'édifice avant et après l'incendie causé par la chute de foudre du 30 août 1913 :
 
La chapelle Notre-Dame-du-Haut avant l'incendie du 30 août 1913. (c) - Archives de Haute-Saône    La chapelle Notre-Dame-du-Haut après l'incendie du 30 août 1913. (c) - Keraunos
        (c) - Archives de Haute-Saône                                                       (c) - Keraunos                  
  
 

Fermes et autres bâtiments ravagés

Des dégâts sur les bâtiments sont également reportés en plusieurs points de la France durant cette année 1913. Le 27 juillet, la foudre tombe plusieurs fois sur Paris. Au niveau de la gare du Nord, elle provoque quelques dégâts en brisant des vitres. Dans le 5e arrondissement, elle met le feu à une conduite de gaz, 50 boulevard Saint-Marcel. Le 29 juillet, à Loctudy (Finistère), un immeuble est incendié avec tout son contenu.

Durant le mois d’août, à Morbecque (Nord), une ferme est entièrement incendiée. Dans les Pyrénées-Orientales, à Banyuls-sur-Mer, des dégâts sont observés au laboratoire zoologique. A Olette, le bureau de poste est touché. Le 30 août, à Meyssac (Corrèze), la maison du maire est incendiée.

Enfin, le 5 septembre, une ferme est entièrement détruite à Lagery, dans la Marne.
 
 

Victimes humaines et animales

De nombreuses victimes humaines et animales sont à déplorer au cours de cette année.
 
Durant les mois d’été, les pertes humaines et animales se multiplient. Le 4 juin, à Spincourt (Meuse), une personne meurt foudroyée, une autre est commotionnée. Début juillet, à Couches (Saône-et-Loire), un cultivateur de 19 ans meurt foudroyé. Dans ce même département, un jeune homme est mortellement foudroyé à Cronat. Durant ce même mois, trois personnes décèdent à Flamanville, dans la Manche. A la Celle (Puy-de-Dôme), un berger de 12 ans est tué au beau milieu des champs, tandis qu’à Tallard (Hautes-Alpes), une jeune bergère de 15 ans meurt dans sa maison incendiée par la foudre.

Le 27 juillet, à Paris, une personne subit une forte commotion suite à une chute de foudre à la porte d'un music-hall. Le 29 juillet, la foudre provoque des accidents en Bretagne : à Poullan-sur-Mer (Finistère), elle projette à terre deux employés de gare. Non loin de là, à Pouldergat, des bestiaux sont foudroyés.

Pendant le mois d’août, plusieurs foudroiements mortels sont signalés. A Hazebrouck, des vaches sont décimées. Le 29 août, à Lacroix-Saint-Ouen (Oise), un contremaître est tué sur le coup. A Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais), la femme du maire d’Huclier meurt foudroyée ; des vaches sont également atteintes. Toujours le 29 août, à Marcilly-en-Villette (Loiret), neuf vaches sont foudroyées et une fillette reçoit une forte commotion. Le lendemain, à Locmélar (Finistère), deux cultivateurs sont foudroyés à Kernonen; l'un meurt sur le coup.

En septembre, à Clessy (Saône-et-Loire), de très nombreux animaux domestiques périssent. Le 5, à Sainte-Menehould (Marne), un marchand de bestiaux meurt foudroyé avec son cheval. Enfin, durant le mois d'octobre, à Sète (Hérault), un cultivateur de 28 ans meurt foudroyé au pied d'un olivier sous lequel il pensait avoir trouvé refuge.