Benjamin Porée était positionné en Lot-et-Garonne le 1er juin. Il nous livre son récit et ses clichés.

Une dégradation était attendue ce lundi du centre au sud-ouest de la France. Je décide d'aborder cette traque avec un certain recul sur la situation. En effet la goutte froide pilote cette dégradation apportant des cellules plus mobiles en fin de journée, dans un flux inhabituel de nord-ouest. La situation était favorable à un peu plus d’esthétisme. Je décide donc de ma placer entre Lot-et-Garonne et Gers et d'observer les multiples explosions de la Gironde au Limousin, avant de comprendre qu'une cellule plus prometteuse était encline à se renforcer et devenir durable. En effet, celle-ci ayant pris naissance aux alentours de Jonzac avec un caractère isolé au radar, elle commença à prendre une certaine vitesse dans sa progression tout en ce renforçant doucement, trahissant une alimentation détachée de ce qui est déjà en place depuis quelques temps sur le secteur. Je décide donc de me positionner aux alentours de Roumagne au nord du Lot-Et-Garonne et rapidement je commence à comprendre que cette cellule orageuse n'a rien de classique !

Sur les hauteurs des collines du secteur, je contemple ces multiples coups de foudre positifs additionnés à un grandement continu. La base à gauche évoluant de minutes en minutes ne laisse plus de doute au démarrage d'une supercellule :




Les coups de canon s’enchaînent :




La lumière du soleil couchant s'accorde avec l'ambiance de cette supercellule alors que des couleurs verdâtres apparaissent au sein du nuage, les cristaux de glace s'accumule au sein de celui-ci :




Je décide de descendre plus au sud et de suivre cette supercellule qui avance et continue son évolution en direction d'Agen et que spectacle : le bruit de la grêle est impressionnant au moment de ce cliché. à noter qu'un outflow se fait sentir... il se passe quelque chose :




Aux portes d'Agen  cet orage se transforme en véritable arcus multicouches mais garde son aspect rotatif sur son flanc est, bien caché par les précipitations qui deviennent impressionnantes. L'activité électrique devient interne et un front de rafale précédent celui-ci est visible par moment dû aux nombreux levers de poussière. La cellule orageuse perdra en vigueur 30 min après, avant de décliner complètement à la tombée de la nuit. Elle aura parcouru 200 km de sa naissance à sa disparition en passant par différentes phases intéressantes.