Yann Noterbel était positionné en Normandie le 11 et 12 août. Il nous livre son récit et ses clichés.

En vacances en Suisse Normande, la canicule battait son plein et a pu m'offrir 3 journées orageuses du 11 au 13 août.

Mardi 11 août, perché sur les hauteurs du relief normand, j'assiste à l'arrivée des premières cellules.




Les cellules passent au loin accompagnées comme prévu de grosse rafales de vent, la lumière est encore vive, je ne m'attends pas à de la foudre bien esthétique.




 Le tonnerre gronde et quelques éclairs veulent bien sortir au loin, au Nord de la ville de Clécy.




Une fois l'orage bien présent, la lumière du soleil disparaît et les éclairs commencent à être plus intéressants.




Puis finalement une nouvelle cellule se forme au dessus de moi et tout va très vite, le vent se renforce puis les précipitations suivent...accompagnées de petits cailloux glacés qui font passer la température de 36°C à 19°C en un peu plus de 20 minutes, climatisation garantie !




Après avoir laissé l'orage nettoyer ma voiture, je ressors pour suivre la cellule qui s'évacue dans une lumière vespérale remarquable.




Ce sera la fin d'une chasse orageuse avec des cellules pas très organisées mais quelques sensations de fraîcheur qui font du bien. Je me prépare à la journée du lendemain qui s'annonce plus prometteuse.




Mercredi 12 août : Bis repetita le lendemain, je remonte sur mon perchoir, non loin de la route des crêtes, connue pour son école de parapente. Quelques instants après mon arrivée, le ciel se charge vite et j'aperçois déjà à l'ouest un rideau de précipitations qui se densifie.




Tout va très vite, le rideau devient très sombre et les précipitations sont fortement inclinés signe d'un vent très puissant dessous.




A l'avant, plusieurs tentatives de nuages murs s’opèrent. Cette amorce supercellulaire va débouler sur la plaine de Caen et tout emporter sur son passage. J'ai la confirmation avec les témoignages des collègues non loin de Caen, la bête est énorme.




Ne pouvant pas trop m'éloigner de mon lieu de vacances, je laisse donc filer et attend le reste de la dégradation qui vient de l'orne et qui emboîte le pas. Le radar est impressionnant je m’apprête à me faire rouler dessus. 




Tel un bulldozer, la cellule arrive et lessive tout sur son passage, je ne peux sortir l'appareil photo à cause d'un vent et de précipitations trop puissantes, qui font secouer ma voiture. C'est un véritable bombardement avec des coups de foudre positifs partout autour de moi, de véritables coups de canon qui résonnent dans mon habitacle. Une fois le plus gros de l'activité passé, j'essai de faire quelques clichés, de gros positifs tombent encore, l'adrénaline est là.




J'ai du mal à cibler car la foudre tombe de manière aléatoire. L'orage s'évacue mais l'activité électrique est encore soutenue.




Tout d'un coup, un flash illumine le paysage aussitôt suivi d'une détonation assourdissante, je m'enfonce au fond de mon coffre. En vérifiant un de mes boîtiers après cette soudaine frayeur, je constate qu'un impact est tombé juste à côté mais hors cadre. Les gouttelettes d'eau figées et le champ illuminé sur la photo me montrent que j'ai raté la photo de la journée de peu, tant pis ...




Je termine la journée avec quelques spaghettis au loin qui font sonner la fin de la chasse. Au final, beaucoup de sensations pour pas grand chose, un joli double arc en ciel finira par enflammer le ciel. Je rentre frustré d'avoir raté un coup de foudre proche mais pas bredouille avec quelques lots de consolation.