Lucas Adler était positionné en Alsace le 30 mai. Il nous livre ses clichés et son récit.

Chaleur et humidité dans le rift rhénan en ce mardi 30 mai, l’ambiance est tropicale à Strasbourg, et dès 10h du matin des orages déjà bien vifs se développent au nord en Allemagne, près de Mannheim.
L’initiation côté français a lieu vers 15h au nord de Strasbourg, avec cet orage déjà bien virulent :




En poursuivant sa course vers le nord, l’orage devient plus compact et on note une interaction évidente entre les précipitations et la base de l’orage :




Ce début d’organisation avorte très vite, mais l’orage sur le déclin offre une vue dégagée sur le rideau de précipitations arrière :




L’initiation reprend vers le sud, et cette fois, ce sont de multiples orages monocellulaires qui s'agitent. Les poussées convectives sont très impressionnantes et les sommets atteignent les hauteurs des grands jours. Je rejoins ces orages (qui ne sont plus que deux) et c’est un orage rotatif bien structuré qui apparaît en second plan (l’orage au premier plan se fera par la suite absorber par l’amorce supercellulaire) :




Je poursuis l’orage rotatif pendant une demi-heure jusqu’à la frontière allemande au nord de l’Alsace, où l’absence de pont vers l’autre rive du Rhin me contraint à marquer un dernier arrêt avant d’être rattrapé par le cœur de l’orage, très intense. Une structure supercellulaire reste parfaitement identifiable alors qu’un nuage mur se reforme :




A l’arrière, un autre orage évolue très proche du premier. Je me dirige vers celui-ci, tout en me faisant rattraper par la probable supercellule que j’observais. L’entrée dans le noyau précipitant est très mouvementée, il grêle, il pleut comme sous un orage de mousson, les rafales sont puissantes et l’autoroute est difficilement praticable au delà de 50 km/h.
En sortant du chaos, je découvre une base étendue, bien développée et qui forme un petit abaissement durable :




Le soleil brille sur les champs tandis que l’orage assombrit l’horizon. Très beaux contrastes pour une photo de foudre aux côtés d’excroissances nuageuses :




De gros orages sont passés, mais l’instabilité demeure et de nouvelles poussées convectives coiffées de pileus me confirment que nous sommes toujours l’air chaud. Le calme s’installe pour quelques heures…




Les orages déjà loin en Allemagne, le calme règne depuis 3 heures, lorsque vers 21h, une immense enclume est visible depuis Strasbourg. On the road again, l’alimentation de l’orage se situe 40 km plus au sud, près de Sélestat. Après 20 minutes de route, l'horizon dégagé dévoile une imposante supercellule que je m’empresse de rattraper :




Arrivé sur un bon spot à une dizaine de kilomètres de l’orage, j’admire une magnifique supercellule moteur gauche LP en pleine maturité, jusqu’à son déclin au coucher du soleil :






Timelapse de la supercellule avec cadrage approximatif