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SYNTHÈSE CLIMATOLOGIQUE DES TORNADES
La synthèse se décline en six parties principales :
●
statistiques
●
cartes de
répartition des tornades en France
●
histoire du
recensement
●
caractéristiques des tornades en France
●
les
situations météo à risque
●
tornades
et réchauffement climatique
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STATISTIQUES
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Nombre
de tornades recensées par l'Observatoire : |
●
214 au 16 juin 2008 |
| Plus
fortes tornades recensées : |
Deux F5 ont été recensées en
France :
●
le
24 juin 1967 : tornade F5 sur Palluel (Pas-de-Calais)
●
le 19 août 1845 : tornade F5 à Montville (76)
Les F4 sont pour l'instant au
nombre total de 13, dont 3 nous sont connues au XXème siècle :
●
le
2 juin 1982 : tornade F4 à Leviers (Doubs)
●
le 25 janvier 1971 : tornade F4 à La Rochelle (Charente-Maritime)
●
le 24 juin 1967 : tornade F4 à Pommereuil (Nord)
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| Tornades
ayant parcouru les plus long trajets : |
D’une
manière générale les tornades en France ne parcourent pas de longues
distances, ne dépassant que rarement les 10 à 15 kms. Cependant il peut
arriver que certaines parcourent un trajet nettement plus long, jusqu’à
58,5 kms :
●
le 19 août 1890 : tornade F4 de
St Claude (Jura) avec un trajet de 58,5 km de St Claude jusqu’en Suisse
● le 26 juillet 1983 : tornade F3 de Champagne Mouton (Charente) avec un trajet de 50 kms environ
●
le 9 novembre 1997 : tornade F3
de La Pérouille (Indre) avec un trajet de 48 km
●
le 10 juillet 1968 : tornade F3
d’Eschbourg (Bas Rhin) avec un trajet de 40 km
●
le 7 novembre 1840 : tornade F3 de Varaize (Charente Maritime) avec
un trajet de 35 à 40 km
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Tornades les plus larges : |
●
le 3 juin 1902 : tornade F3 de Javaugues
(Haute Loire), avec une largeur de 3000 mètres (tornade la plus large recensée en
Europe)
●
le 24 juin 1967 : tornade F4 de Pommereuil (Nord) avec une largeur de 2500 m
●
le 19 août 1890 : tornade F4 de
St Claude (Jura) avec une largeur de 1000 m
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Départements
les plus touchés :
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région |
nombre de cas |
Charente-Maritime |
33 |
|
Pas-de-Calais |
22 |
|
Nord |
21 |
|
Hérault |
16 |
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| Les
agglomérations les plus exposées : |
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agglomération
|
nombre de cas
1970 - auj
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nombre de cas
TOTAL
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La
Rochelle (17) |
5 |
7 |
|
Tours (37) |
2 |
3 |
|
Montpellier (34) |
2 |
3 |
|
Lille (59) |
2 |
3 |
| Le
Mans |
2 |
3 |
|
Paris |
2 |
5 |
Le cas de Paris et de la région parisienne, sur
lesquels les cartes montrent un grand nombre de cas, est à relativiser :
la ville en effet est étendue et fait l’objet d’une très bonne couverture
médiatique. Il faut savoir que depuis 1970, Paris intra-muros et les
départements 92, 93 et 94 n’ont enregistré aucun cas significatif
contrairement aux villes mentionnées au-dessus, d'où sa dernière place.
Précisons cependant que les formations de tornades en Ile-de-France ne
sont pas exceptionnelles, avec un cas tous les 2-3 ans environ sur les
années récentes.
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| Année
récente la plus active (depuis 1999) : |
●
2004, avec 13 cas recensés et
une dizaine encore en cours d'étude, soit 23 à 24 cas au total
|
|
Année
récente la moins active (depuis 1999) :
|
●
2002, avec 2 cas recensés et 8
cas encore en cours d'étude, soit 10 cas au total
|
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Fréquence moyenne annuelle en
France (1999 - 2006) : |
●
pour l’instant, nous estimons cette
moyenne à près de 17 cas par an. Cette moyenne est probablement
destinée à augmenter au fil des années à venir, avec l’arrivée en force
des toutes petites trombes observées. Cette éventuelle augmentation ne
doit pas inquiéter outre mesure, étant donné que ces trombes-là passaient
jusqu’à présent inaperçues. D'ailleurs on remarque que ce score reste
relativement faible en comparaison avec les autres pays européens. Ceci
s'explique probablement par la forte variété de reliefs sur le territoire
français, ce qui génère de très importantes variations de fréquence d'une
région à l'autre
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| Mois
le plus risqué : |
●
août, mois qui regroupe à lui
seul 1 cas sur 6 |
|
On constate que tous les mois de
l'année sont sujets à des formations de tornades.
Néanmoins, on note une fréquence plus
importante de début mai à mi-octobre, ce qui coïncide logiquement avec la saison des
orages. Il est néanmoins intéressant de remarquer que le mois de janvier connaît un
pic relatif, en liaison avec les traînes actives qui sont fréquentes à ce
moment de l'année et parfois à l'origine d'orages sévères.

Répartition des tornades en France,
mois par mois (en % des cas recensés)
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Les
plus grands "tornado outbreak" français :
● Septembre 1669 : un outbreak qui aurait concerné toutes les régions
de l'écharpe Nord Ouest allant de La Rochelle à Paris : on ne sait pas
grand chose sinon que ces deux villes ont été frappées, et qu'il s'agit
probablement de plusieurs tornades qui se seraient passé le relais sur ce
très long trajet
●
23, 24 et 25 juin 1967 : la région Nord - Pas de Calais et la Belgique
sont frappées par le tornado outbreak le plus intense du XXème siècle en
Europe de l'Ouest dont la F5 de Palluel, la F4 de Pommereuil et plusieurs
F3.
●
25 et 26 janvier 1971 : épisode
tornadique en Charente Maritime et Deux Sèvres, avec la F4 de La Rochelle,
et deux autres tornades à Saint-Fort-surGironde (17) et Aigonnay (79).
● 20 septembre 1973
: épisode tornadique en Normandie, Centre et IDF, marqué
par trois F3 à Sancy les Provins (77), Fleury les Aubrets (45)
et Grainville Langannerie (14), auxquelles on peut ajouter un cas plus
incertain à Les Andelys dans le 27. Cas peu nombreux, mais tous
de forte intensité.
● 13 et 14 décembre 1978
: épisode tornadique en Pays de Loire avec trois F3 sur deux
jours. L'une à Le Fief Sauvin (+ 2 autres communes) en Maine et
Loire, l'autre à Yzé et plusieurs autres communes
en Mayenne et en Sarthe, la troisième enfin à La
Caillère St Hilaire en Vendée. Même remarque que
pour l'épisode de Sancy les Provins.
● Octobre 1990 : épisode tornadique en Hérault. Plusieurs tornades
dont une F2/F3. Cet épisode aurait aussi concerné l'Aude.
●
9 novembre 1997 : épisode tornadique en Centre Ouest avec deux F3
(Rouillé dans le 86 et La Pérouille dans l'Indre) et deux autres tornades
(F0) à Marans et Archiac en Charente Maritime
● 28 juillet 2005
: épisode tornadique en région Centre avec 4 cas
recensés dont deux F2, l'une à Ivoy le Pré dans le
Cher et l'autre à Coulanges dans l'Yonne. D'autres cas de
tornades, non classés, ont été
répertoriés à Argy (Indre) et Sagonne (Cher).
●
1er janvier 2007 : outbreak ou quasi outbreak en Vendée, Vienne,
Haute Vienne, Charente et Bretagne avec entre 4 et 6 cas de tornades voire
plus, F1 pour la plupart. Ce cas est encore à l'étude.
On entend par Tornado Outbreak un épisode
orageux intense ayant donné naissance au moins à 6 tornades.
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Carte générale des cas de tornades en
France
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rouge
: cas recensés, validés et probables ;
orange : cas possibles ; blanc : cas non localisés
précisément dans le département
bleu
: trombes marines ; pictogramme allongé et traversé d'une barre (toute
couleur) : épisode regroupant au moins 3 cas

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Cas de tornades validés/probables en
France depuis 1999 (sur cette carte ne figurent pas les cas non localisés)
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Répartition des cas de tornades
par départements
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Répartition des cas de tornades
entre 2001 et 2007 inclus
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Zoom sur la répartition des cas de tornades
en zone charentaise
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L’étude du phénomène dans notre pays semble
dater du XIXème siècle avec une première étude connue de plus de 300 pages,
intitulée "Trombes et cyclones", publiée en 1879 par Surcher et Marcollé
(disponible
ici).
Au XXème siècle, Jean Dessens et J-T Snow sont à l’origine de la
première grande tentative de recensement à l’échelle nationale, accompagnée
d’une étude climatologique qui est restée (et reste encore) la référence de base
en matière de tornades en France. Certains cas ont été étudiés en profondeur tel
le terrible outbreak qui frappa le Nord - Pas de Calais et la Belgique en 1967.
L’étude a également tenté de cerner les situations météo à risque, mettant en
évidence certaines d’entre elles en hiver comme en été (voir plus bas). Des
cartes ont été produites par Jean Dessens en 1987 et 1990, par François Paul en
1999.
A partir des années 90, l’essor d’Internet et le développement de la
chasse à l’orage chez les amateurs va initier un nouvel essor dans la
connaissance du phénomène. Les nouvelles technologies et en particulier
l’avènement de la photo numérique instantanée favorisent un développement sans
précédent des témoignages, notamment concernant les tubas et petites trombes,
que l’on partage sur la Toile. Insistons sur l’importance de ce phénomène, qui
induit ainsi une augmentation remarquable du nombre de cas enregistrés à partir
des années 2000.
Aboutissement de tout cela, depuis fin 2006, une nouvelle initiative de
collectage contribue alors à la création d’une base de données réactualisée et
du présent site, en même temps que se constitue progressivement un réel réseau
d’observateurs-relais.
La nouvelle base met notamment en évidence de grandes différences régionales
voire plus locales encore, avec l’émergence de quelques
zones particulièrement touchées. Et d’une
manière générale elle tente d’évaluer
un taux de fréquence le plus proche possible de la
réalité laquelle d’emblée, et pour quasiment
toutes les régions, se révèle bien au-delà
de ce qu’on pensait jusqu’alors. Il ne reste plus à
présent qu’à confirmer tout cela par une
étude de l’ensemble du pays (approfondie à
l’échelle régionale) et bien sûr poursuivre
l’étude climatologique.
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Les différents types de
phénomènes tourbillonnaires en France
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Les trombes terrestres ou
tornades constituent l’objet principal du recensement. Il convient de
distinguer parmi elles les cas destructeurs (F0 fortes, F1… jusqu’à la F5), des
cas de trombes très faibles ou des tubas (amorces de tornades ne touchant pas le
sol) qui la plupart du temps passent inaperçus. A tel point que dans les
chiffres de fréquence on est amené à distinguer la fréquence des sinistres par
tornades, et celle des cas de tornades simplement estimés, évidemment beaucoup
plus importante. Jean Dessens estime le nombre total de ces derniers à 2 par an
et par département, alors que les cas destructeurs auraient un taux de retour
d’au moins quelques années par département sur une grande partie du territoire.
Les trombes marines se rencontrent sur tous les littoraux, mais
semblent préférer nettement les eaux plus chaudes de la Méditerranée et des
rivages corses, d’où nous parviennent de nombreuses observations.
Les tourbillons de poussière sont à mettre à part, car ils
apparaissent dans des conditions météo complètement différentes (beau temps
chaud). Les tourbillons de poussière sont en général inoffensifs, mais certains
d’entre eux ont pu atteindre des proportions respectables et provoquer des
dégâts notables, tel celui qui vint jouer les trouble-fête à Tonnay Boutonne
(17) en 2003, soulevant à 1 m de hauteur toute la structure d’une buvette.
Méfiance donc.
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Les caractéristiques des
tornades en France
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Les cartes de Jean Dessens et celles de son successeur actuel François Paul
mettent en évidence certaines réalités, que les plus récentes cartes produites
ont en général confirmées tout en apportant des nuances et un éclairage nouveau.
Même si leurs conditions d’apparition et leur fonctionnement obéissent aux mêmes
règles générales que celles des tornades américaines, les caractéristiques de
nos tornades à la française (et européennes) diffèrent cependant dans leurs
applications concrètes, liées au climat européen et ses spécificités.
Voici quelques-unes de ces caractéristiques :
- La répartition géographique des cas montre l’existence d’un
couloir à l’échelle nationale, une sorte d’écharpe au Nord Ouest qui va de La
Rochelle jusque dans le Nord - Pas de Calais, couloir qui curieusement se situe
légèrement au nord du traditionnel couloir d’orages au lieu de se superposer à
ce dernier. Les autres zones à risques mises en évidence sont le
Languedoc-Roussillon et une vallée jurassienne. On remarque le rôle évident joué
par le relief, qui protège les zones les plus montagneuses.
Le récent collectage semble avoir mis en évidence 3 zones locales
particulièrement touchées : Charente Maritime et centre Ouest, région Nord Pas
de Calais et littoral languedocien notamment héraultais. Sur ces zones, le
nombre de sinistres annuels par tornade évolue entre 1 cas tous les 7-8 mois et
1 cas tous les 15 mois aux 10 000 km2.
- En France la proportion de tornades hivernales atteint 20 %.
- Les longueurs, largeurs et durées des tornades françaises
sont en général moindres que celles de leurs consœurs américaines. Les trajets
en particulier ne dépasseraient pas la soixantaine de kilomètres (néanmoins des
questions se posent à propos de certains cas).
- La proportion des très grosses tornades reste faible.
Deux F5 ont été enregistrées pour l’instant en France (Montville en 1845 et
Palluel en 1967), ainsi que onze F4, dont les plus récentes ont eu lieu à
Leviers (1982) et à La Rochelle (1971). Néanmoins, les inévitables lacunes du
recensement laissent supposer des cas encore inconnus, notamment dans les
régions dont les archives n’ont pas été étudiées.
Outre ces lacunes, la faible proportion de très grosses tornades peut également
s’expliquer par la proportion des orages supercellulaires et donc des tornades
de type A, plus faible en France qu’aux USA. Un certain nombre de tornades en
France sont en effet des tornades hivernales survenant en situation de ciel de
traîne post – tempêtes, ainsi que des tornades de type B dites « de front de
rafales ».
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Les situations météo à risque en
France
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Il est notable que les conditions d’apparition des tornades dans chacune des
régions relèvent d’abord de facteurs micro-climatiques locaux spécifiques
à chacune d’entre elles (voir les dossiers consacrés au Nord Pas de Calais, à la
zone charentaise ainsi qu’à la Haute Garonne).
Cependant bien sûr, ces conditions obéissent aussi à des règles d’ordre
général et certaines situations synoptiques peuvent être considérées comme
des situations-type à tornades :
- D'après l'étude de Jean Dessens, la situation-type d'été correspond aux
situations orageuses classiques : à 500 hPa, flux de sud-ouest sur la France
provoqué par des hautes pressions sur le Sahara et des basses pressions sur le
Golfe de Gascogne ou sur l'Atlantique. Au sol, léger creux du champ de pression
au-dessus de la France, ou marais barométrique.
- La situation-type hivernale, moins connue, a été décrite en détails
dans le numéro 44 de La Météorologie de février 2004, sur laquelle se
basent les lignes suivantes : à 500 hPa, rapide flux d'ouest à sud-ouest (entre
75 et 130 km/h), circulant entre des bas géopotentiels centrés de l'Irlande à la
Mer du Nord et des hauts géopotentiels s'étendant des Açores à la péninsule
ibérique. Les tornades auraient tendance à se produire à gauche du courant-jet
ou juste sous celui-ci (zone de tourbillon cyclonique, du côté froid du
courant-jet).
En surface, les tornades se produisent de préférence dans des situations de
traîne active d'ouest - sud-ouest, loin à l'arrière du front froid principal.
Enfin les tornades de saison froide se produisent de préférence près des
littoraux, zones où l'instabilité est la plus grande en hiver. Les régions les
plus concernées sont celles du centre-ouest : portion Est de la Bretagne, Pays
de Loire, Charente Maritime.
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Tornades et réchauffement
climatique
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Dans le contexte du réchauffement climatique,
on entend souvent dire que les phénomènes violents (cyclones, tornades,
tempêtes…) sont en augmentation pour des causes en lien avec le réchauffement
climatique. Sans remettre en doute cette éventualité à ne pas négliger (et
récemment évoquée par les chercheurs du GIEC), il convient cependant de ne
pas tout mélanger. Concernant les tornades, pour l’instant le recensement ne
montre pas d’augmentation générale sensible.
Beaucoup de régions en revanche ont pu vivre dans le passé des années intenses,
probablement dues à des causes cycliques. Ainsi Paris a-t-il été frappé à
plusieurs reprises par de fortes tornades en 1896 et 1897. De même un périmètre
d’environ 50 km autour de Lyon a été frappé à 3 ou 4 reprises en 2006. Ces
flambées retombent en général au bout de quelques années maximum.
L’étude menée par N. BALUTEAU sur les Charentes montre un rythme régulier
d’occurrence depuis 1994 (période à partir de laquelle l’accès aux archives du
quotidien Sud Ouest a permis une étude à peu près exhaustive). Malgré
quelques pics d’intensité, le taux de fréquence moyen reste le même sur toute la
période.
Pour l’instant on ne peut donc pas parler d’une augmentation réelle du nombre
de cas sur les années les plus récentes, et l’apparente augmentation due à
l’émergence du net et des nouvelles technologies numériques ne fait que révéler
une réalité déjà existante. Et puis surtout concernant les tornades, comment
pourrait-on déduire une quelconque augmentation des cas si on n'a pas d'abord
une vision réaliste du phénomène en France ?
Une première constatation s’impose : le nombre de cas général et à l’année
est bien plus important à l’échelon national que ne le laissaient supposer les
premiers recensements.
Mais surtout il conviendrait à long terme, à l’échelle de la France et même de
la planète, raisonner non plus par départements ou Etats, mais par zones
climatiques, avec des facteurs locaux/généraux spécifiques qui jouent un rôle
dans l’augmentation ou la diminution du risque de tornades.
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