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● article de La Charente
Libre :
L'ORAGE DE GRÊLE A DÉVASTÉ
LA CHARENTE HIER SOIR
Un millier d'hectares de vignes détruits, des maisons
inondées, des toitures envolées, des routes coupées: l'orage a été
d'une violence inouïe
Une vision apocalyptique! Mille hectares de vignes déchiquetées dans
le Cognaçais et le Rouillacais. Des grêlons de trois centimètres
qu'on ramasse à la pelle dans une bonne partie de la Charente. Une
terre qui ressemble à un linceul. Des routes vertes de végétation.
Des feux cassés. Des voitures endommagées. Des maisons inondées. Des
toitures envolées. Fleurac, Mérignac, Foussignac, Vaux-Rouillac,
Rouillac dévastées. L'orage a balayé la Charente d'ouest en est hier
entre 17h30 et 20 heures. Un orage d'une violence inouïe.
«Je n'avais jamais vu ça en trente ans. J'ai traversé la cour en
tee-shirt pour aller mettre les véhicules à l'abri. ça m'a arraché
la peau du bras. C'était impressionnant de puissance. La grêle
défonçait le capot des voitures», témoigne Alain Reboul, viticulteur
à Fleurac, qui vient de perdre ses 15 hectares de vignes.
Il se retrouve avec cinq de ses collègues au carrefour de Bois-Noble
à Fleurac. Le constat est amer. «Les bois de taille sont détruits.
On ne pourra rien faire pendant deux ans. Il faut attendre que la
nature reprenne son cycle. C'est catastrophique», lâche-t-il sous le
choc.
La colère se mêle au désarroi. «C'est 80 à 90% de notre revenu qui
s'envole. On a déjà tout perdu avec la diversification. On perd tout
avec la météo.» Les mêmes réflexions reviennent. On parle de dégâts
énormes non couverts par les assurances. De malédiction. Les
comparaisons avec le gel de 1991 ou l'orage de Segonzac «il y a dix
ou quinze ans» sont aléatoires. Le présent est plus fort. Trop fort
pour contenir l'émotion.
Technicien à la Coopérative agricole de la Charente (CAC), Jean-Paul
Dupouy tente de dresser un premier bilan. Il avance des chiffres.
«Six millions d'euros, rien que pour le vignoble. Mais il y a aussi
les colzas, les blés, les orges, les tournesols qui sont détruits.»
Le spécialiste n'avait «jamais vu une zone aussi vaste, qui s'étend
jusqu'en bas de Saint-Cybardeaux, touchée».
Les toits en éverite ont explosé. Le centre d'adultes handicapés de
La Gachère est plongé dans l'obscurité. Le salon de coiffure de
Marcillac-Lanville a les pieds dans l'eau.
Le champ de foire de Rouillac est couvert de feuilles cisaillées.
«Dehors, on se croirait en janvier sous la neige. Sur les routes, ça
patine» raconte une habitante qui n'en croit pas ses yeux.
Une maison s'effondre à Soyaux
Après avoir attaqué le Cognaçais, l'orage a poursuivi sa progression
vers le sud du département et Angoulême avant de glisser en fin de
soirée vers l'est et la Charente limousine. «Les grêlons étaient
gros comme des œufs de pigeon. C'était d'une violence rare entre
19h30 et 20 heures», indique un Rupificaldien. Des lignes
téléphoniques ont été coupées.
A Mornac, la grêle a traversé les toitures. Pulvérisé des
ordinateurs. Des vitres ont cédé. Autour de l'église, c'est le
déluge.
A Touvre, quelques centaines de mètres plus loin, la route de
Montbron est bloquée par un mètre de boue à La Maillerie, en bas de
la pisciculture. La mairie doit sortir les tracto-pelles.
A Soyaux, les pompiers déblaient une maison traversée par la foudre,
impasse des Mimosas. Le premier étage est tombé. Les habitants, qui
regardaient la télévision, sont sortis à temps.
A Angoulême, le tunnel de La Grand-Font est fermé. Les inondations
interdisent l'accès.
A Villebois-Lavalette, les résidents de la maison de retraite se
réfugient au premier étage. Il y a quarante centimètres d'eau au
rez-de-chaussée. A Roumazières, la toiture du concessionnaire auto
s'écroule sous la grêle. Les jardins sont broyés. «Tomates, salades,
patates, il n'y a plus rien. ça commence juste à se calmer. C'était
complètement fou», confie une habitante vers 22 heures.
L'orage a des soubresauts jusqu'au cœur de la nuit. De quoi
provoquer des cauchemars."
● articles de Sud-Ouest :
CHARENTE MARITIME /
SAINT-NAZAIRE-SUR-CHARENTE
Un impressionnant orage de
grêle s'est abattu hier, vers 18 heures. Témoignages
«Ce sont des seaux de grêlons qui nous sont tombés dessus. »
Roselyne est encore étourdie par l'orage de grêle qui s'est abattu
sur Saint-Nazaire-sur-Charente, hier, vers 18 heures. Très violent,
il a duré près de trente minutes.
Les conséquences sont multiples mais sans gravité : les champs et
les fossés ont été gorgés d'eau, et environ 20 centimètres de
grêlons ont tapissé le sol. L'averse de glace a même provoqué un
léger accident : sans visibilité, un conducteur a percuté la clôture
d'un jardin, à l'entrée de Saint-Nazaire-sur-Charente. Des morceaux
de glaces gros comme « des oeufs de poule » se sont abattus sur
cette commune du Pays rochefortais.
« J'étais dans mon jardin lorsque les premiers sont tombés, raconte
Jean-Pierre, qui habite sur la route allant en direction de
Port-des-Barques. Je suis rentré en vitesse mais je n'ai pas pu tous
les éviter. » Les bleus sur ses bras en attestent : « C'est mon
épouse qui m'a hurlé de ne pas rester dehors. Les morceaux de glace
faisaient entre trois et quatre centimètres. »
Son potager a été haché : « Je suis dégoûté tout est foutu. » Si sa
voiture aussi porte les stigmates de l'averse - le toit est bosselé
et un rétroviseur a été brisé - la maison n'a subi que peu de dégâts
: une tuile cassée et la peinture de son portail porte des marques.
Reste une belle frayeur : « J'ai cru que les vitres de ma maison
allaient exploser, ajoute-t-il. C'est comme si on avait tapé dessus
à coups de masse. » Et pourtant Jean-Pierre n'est sans doute pas le
plus à plaindre. D'autres habitations ont été bien plus touchées.
Notamment les jardins situés dans des cuvettes. « Mon potager est
sous un mètre de grêlons, se désespère Roselyne, en pointant du
doigt les tuteurs de ses plants de tomates qui affleurent à la
surface. La caravane dans le hangar est foutue. » Même tarif pour
les tondeuses et autres motoculteurs garés à ses côtés. La clôture
en fer a même été en partie arrachée.
Les sapeurs-pompiers de Rochefort ne sont intervenus qu'une seule
fois, à cause d'une inondation. Pour autant, les propriétaires des
habitations touchées se sont tout de suite mis en action, à l'aide
de pelles, pour nettoyer les bouches d'égouts obstruées par les
débris. Mais il ne restait plus que cela à faire : attendre que les
grêlons fondent, pour enfin faire les constats.
INTEMPÉRIES DANS LE BORDELAIS, LE
CUBZAGAIS ET LE MÉDOC
4 700 impacts de foudre
recensés par les pompiers qui ont effectué 150 interventions
Orages dévastateurs
Il faisait beau hier après-midi quand, soudain, le ciel s'est
obscurci et a déversé des trombes d'eau sur Bordeaux. Ailleurs, dans
le Médoc, à Mérignac, Saint-Jean-d'Illac et Saint-André-de-Cubzac,
ce sont des grêlons « gros comme des balles de golf », selon
certains témoins, qui se sont abattus, occasionnant de sérieux
dégâts. La société Arbao, près du Chemin-Long, à Mérignac, a eu sa
toiture endommagée. Les établissements Dassault ont aussi subi de
plein fouet les intempéries. Le Centre administratif et technique de
la gendarmerie a été inondé.
Le lycée de Saint-André-de-Cubzac a été touché. La violence, très
localisée, des chutes de grêle aura détruit partiellement quelques
cultures et touché les vignes, où les jeunes grappes étaient parfois
déjà formées.
Les pompiers ont effectué plus de 150 interventions liées aux
orages. 40 ambulances sont sorties pendant ce temps. Sur la rocade
bordelaise, un accident impliquant deux voitures et un poids lourd
s'est produit entre les échangeurs 20 et 21 au moment où la chaussée
était inondée. Quatre blessés ont été secourus et évacués au centre
hospitalier. Un garage a pris feu à Bonzac, au lieu dit Brault.
INTEMPÉRIES [EN CHARENTE]
Hier soir, de Rouillac à
Blanzac, de violents orages de grêle ont causé d'énormes dégâts
"On est submergé ! » Hier soir, après le passage des orages d'ouest
en est dans le département, le centre opérationnel d'incendie et de
secours a été inondé d'appels. « Les intempéries ont
particulièrement touché les secteurs de Rouillac, Blanzac, Angoulême
et La Rochefoucaud. »
Du « jamais vu » du côté de Rouillac
« Gros comme des petits pois ». À 18 heures, les grêlons ont assommé
Rouillac en se muant en « oeufs de pigeons » ou « balles de
ping-pong », selon les versions. Aucune végétation n'a résisté à
l'épisode orageux. Le sol est jonché de feuilles mâchées.
Les premières caves et pas-de-porte sont inondés dès 18 h 30. La
salle culturelle du « 27 » fait partie des innombrables bâtiments
touchés. Les toits des voitures exposées sont criblés.
Devant la boulangerie Huron, au coeur du centre-bourg, des amas de
près de 50 cm de glace étaient encore chariés à la pelle à 20
heures. La population s'organise pour réguler la circulation.
Corinne et Dominique Huron n'avaient « jamais vu ça ».
Un PC de crise est monté au centre de secours. Trente-sept sapeurs
pompiers s'activent sous le commandement des capitaines Charrier et
Lelong dans douze engins de Rouillac, Cognac, Angoulême et de
l'état-major départemental.
20 h 15, sept interventions ont été effectuées, douze sont en cours,
neuf autres sont programmées. Les secours dîneront sur place.
Quelques centaines de mètres plus loin, dans la campagne, au
lieu-dit Chez Fleurent, c'est « la désolation ». Plus d'électricité,
voitures bloquées... Bertrand Feugnet fait le tour de ses 18 ha de
vignes. « Il ne reste plus rien, plus une feuille, toutes les
grappes sont par terre. »
Même consternation devant ses orges, « tous les épis sont brisés en
deux, retournés ». Ses maïs ont à peine mieux résisté, « il reste
quelques feuilles, mais tous sont cassés ». Impossible de dire
combien de centimètres sont tombés, son pluviomètre a explosé.
Heureusement son groupe électrogène permettra de nourrir les
cochons.
Des grêlons énormes au sud
de Barbezieux
« Je ne me souviens pas de grêlons aussi gros. Un orage comme
celui-là, je n'ai pas dû en voir depuis 1953. » Paul Gadras,
retraité à Condéon, n'en revient pas. Le demi-hectare de kiwis (actinidiens)
de sa propriété est devenu hirsute. Les branches effeuillées
pointent vers le ciel maudit.
« Les arbres allaient fleurir d'ici un mois et demi. Sur les 300 à
500 fruits que compte un pied, il va en rester une cinquantaine.
C'est une catastrophe ».
Les grêlons sont plus gros que des pièces de 2 ?. Sur la route, les
feuilles des arbres hachées menues forment une véritable patinoire.
« Les fruits sont perdus d'avance. Les pêches, les prunes, les
cerises, nombreuses cette année, sont grosses comme des noisettes.
Mais une fois touché, le fruit est abîmé. Il ne pourra évoluer », se
désole ce jardinier.
David Perrier, agri-viticulteur, lui aussi de Condéon, inspecte ses
25 hectares de vignes : « C'est foutu ! Je pense que la récolte de
2009 est détruite à 85 %.Toutes les tiges qui portent les grappes
sont cassées. Il ne reste quasiment rien. Je venais juste
d'effectuer un traitement par sulfatage. Le pire, c'est qu'il va
encore falloir traiter pour que les tiges cicatrisent. »
Problème supplémentaire pour certains exploitants : ils ne sont pas
assurés. « C'est beaucoup trop cher. On ne peut pas se permettre. Il
ne reste qu'à espérer que la zone soit déclarée officiellement
sinistrée. »
David Perrier a conservé des grêlons dans son congélateur : « On ne
sait jamais. S'ils veulent voir les responsables des dégâts. »
Jardins déchiquetés et
inondations à Blanzac
Hier soir vers 18 h 45 la pluie de grêlons s'est abattue avec une
puissance phénoménale sur le canton de Blanzac. Le déluge a duré une
bonne vingtaine de minutes, le temps de blanchir les routes et les
champs d'une couche de 10 à 20 cm de grêlons compacts. Sur la RD 5
entre Chadurie et Blanzac, la visibilité étaient quasiment nulle.
À l'entrée est du bourg de Blanzac, des torrents de boue ont dévalé
la colline sur une chaussée détrempée tandis qu'au centre du village
les gendarmes aidaient un convoi exceptionnel à dégager la rue
Marot. Très vite, les quartiers situés au fond de la vallée du Né
ont été inondés. À 19 h 15 les habitants commençaient à sortir le
nez de leurs habitations contemplant le désastre, des rues encore
couvertes de grêlons et des jardins déchiquetés.
Deux récoltes compromises
« Rouillac est rayé de la carte. On est abasourdi, on a les larmes
aux yeux. » Hier soir, Christophe Véral, président de la Fédération
des viticulteurs producteurs de Cognac, peinait à réaliser la
violence de l'épisode de grêle sur le Rouillacais. Il a passé sa
soirée à récolter des témoignages : « C'est tombé à Rouillac,
Vaux-Rouillac, Mérignac, Fleurac, Foussignac jusqu'à Jarnac. La
viticulture va devoir faire preuve de solidarité. Les premiers et
les deuxièmes boutons sont touchés. Ce qui veut dire qu'il n'y aura
pas de récolte en 2009, ni en 2010. » Les deux syndicats, SGV et
SVBC, ont également passé leur fin de journée à mesurer l'ampleur
des dégâts. La grêle, très localisée, a épargné le secteur de
Segonzac mais s'est abattue sur Saint-Fort-sur-le-Né, village entre
Cognac et Barbezieux. Pascal Martin, viticulteur, a assisté
impuissant au déluge de grêle « pendant vingt minutes ». Les
intempéries ont touché douze des ses vingt hectares de vignes. Il
fera le point sur ses hectares de céréales aujourd'hui. « Le champ
de tournesol était tout blanc comme s'il avait neigé. J'ai téléphoné
à des collègues dans le bourg de Saint-Fort. Entre 50 et 75 % de
leurs vignes étaient touchées. »
● article de la
Nouvelle République au sujet des
dégâts dans la Vienne. |