LE RECENSEMENT DES PHENOMENES ORAGEUX : PRINCIPES ET METHODOLOGIE

 

KERAUNOS assure, depuis sa création, un recensement qui se veut exhaustif de l'ensemble des phénomènes orageux qui touchent le territoire français. Ce recensement bénéficie de l'expertise des consultants de l'Observatoire, qui analysent et valident chaque phénomène orageux et chaque structure convective, afin d'en établir une climatologie fine et certifiée.

 

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principes du recensement

 

L'activité de recensement est l'une des activités principales de l'Observatoire. Les bases de données de KERAUNOS comptent en effet à ce jour plusieurs centaines de milliers de données météorologiques de toutes natures, plus de 10.000 chutes de grêle significatives et des milliers d'autres événements orageux. Cette somme d'informations nécessite une gestion quotidienne au sein de KERAUNOS, qui dédie chaque année des investissements conséquents à cette activité.

Le recensement mené par KERAUNOS concerne en effet autant les phénomènes orageux les plus intenses (tornades, tubas, trombes, grêle, microrafales, etc.) que les structures convectives extrêmes (supercellules, MCC, orages en V, etc.). Il s'appuie sur une remontée d'informations organisée via un réseau de correspondants et d'observateurs locaux, et par le déclenchement régulier d'enquêtes de terrain lors d'événements violents. Chacun de ces événements est systématiquement expertisé par KERAUNOS avant d'être intégré en base de données, ce qui assure un degré de fiabilité optimal à la base de données KERAUNOS.

Cette activité de recensement est d'ailleurs partie prenante du partenariat qui lie KERAUNOS à l'ESSL (European Severe Storms Laboratory) dans le cadre du projet ESWD (European Severe Weather Database) : KERAUNOS communique ainsi une partie significative de ses bases de données à l'ESSL afin de permettre un partage à l'échelon européen de données expertisées, propres à une utilisation dans les activités de recherche notamment.

 

 

méthodologie du recensement

 

Les informations recueillies tout au long de l'année, qu'elles soient relatives à la période actuelle ou à des périodes historiques, sont analysées plusieurs fois par mois par un comité de validation, composé des consultants de KERAUNOS et, ponctuellement, de partenaires européens ou américains.

Le comité de validation, dans ses analyses, s'appuie sur un corpus de directives qui ont été édictées en vue de bannir, autant que faire se peut, toute subjectivité dans l'analyse d'un cas, afin d'assurer un traitement homogène de tous les signalements analysés. Le respect de cet ensemble de principes est systématiquement vérifié par chacun des membres du comité de validation via un contrôle croisé.

Le comité de validation bénéficie en outre de deux outils informatiques : le premier permet de garantir un suivi détaillé des validations et de favoriser les échanges d'analyses pour chacun des cas étudiés ; le second constitue un outil d'aide à la décision qui propose une catégorisation privilégiée en fonction de la nature des informations recueillies sur chaque cas.

 

 

critères de validation

 

Chaque phénomène et chaque structure convective est associée à une liste de critères qui permettent de justifier sa validation ou à l'inverse son refus. Ces critères ont été déterminés en cohérence avec ceux utilisés par les principaux organismes de recensement internationaux, afin d'assurer une homogénéité entre les recherches effectuées en France par l'Observatoire et celles menées dans d'autres pays du monde par d'autres structures (ESSL, NOAA, etc.).

 

Les principaux éléments requis et examinés dans le cadre des validations sont les suivants :

 

+ TORNADE : la validation des cas requiert un relevé précis des dommages, qui permette d'évaluer avec exactitude la nature des dégâts (traces d'aspiration, projection de débris en tous sens, etc.) et l'organisation des dégâts (couloir délimité, traces de convergence, etc.). Ces informations doivent être recueillies par enquête de terrain et/ou par des articles de presse officiels et/ou par des ouvrages de recherche ou publications scientifiques.

Si la nature et/ou l'organisation des dommages ne peut être évaluée avec précision, le cas ne pourra être validé en liste principale (sauf si une vidéo ou une photographie explicite du phénomène est disponible). Les témoignages recueillis sur place peuvent venir en appui de l'analyse des dégâts, mais ils ne sont pas nécessaires pour une validation en liste principale si la nature et l'organisation des dégâts est explicite en elle-même. La détermination de l'intensité est établie sur l'échelle améliorée de Fujita.

 

+ TROMBES et TUBAS : ces phénomènes ne produisant pas de dommages, la validation en liste principale est uniquement réservée aux cas qui bénéficient d'une photographie ou d'une vidéo exploitable et explicite. En l'absence de buisson identifiable, une trombe, même quasi certaine, est classée en liste 2. Plus largement, la liste secondaire rassemble les cas pour lesquels la photographie et/ou la vidéo disponibles ne sont pas explicites, ou ceux rapportés par des observateurs chevronnés sans photographie ou vidéo disponible.

 

+ TOURBILLONS DE POUSSIERES : la validation se fait sur la base d'une photographie ou d'une vidéo explicite, ou sur la base d'un article de presse ou d'un texte historique explicite, qui mentionne les conditions météorologiques et aérologiques observées au moment du phénomène.

 

+ SUPERCELLULES : la validation en liste principale est établie sur la base d'un écho radar typique, ou d'un écho radar conforme mais pas nécessairement typique à la condition qu'il soit doublé d'une photographie explicite de la cellule orageuse.

 

+ LEWP, ECHOS EN ARCS, ORAGES EN V : la validation se fait sur analyse de l'imagerie radar

 

+ M.C.C. : la validation est établie uniquement en application des critères de Maddox

 

+ GRÊLE : le recensement des fortes chutes de grêle est basé sur des reports de dégâts ou sur des photographies explicites des grêlons

 

+ MICRORAFALES, MACRORAFALES, DERECHOS : le recensement est établi soit sur des reports de dégâts soit sur des relevés de rafales au sol supérieures à 90 km/h

 

+ LAMES D'EAU CONVECTIVE : le recensement est établi soit sur des reports de dégâts (inondations, coulées de boue), soit sur des relevés de lames d'eau supérieures à 50 mm, uniquement en présence simultanée d'une activité électrique détectée

 

 

liste 1 (principale) et liste 2 (secondaire)

 

Cette rigueur dans la méthodologie et les critères de validation est accompagnée d'une structure de recensement en deux listes :

1 - la liste principale, qui recueille tous les cas validés et certains ;

2 - la liste secondaire, qui regroupe les cas pour lesquels de fortes présomptions sont présentes, mais où certains critères de validation font défaut ou souffrent d'une incertitude. Ces cas quasi-certains sont conservés sur cette liste, afin de ne pas oblitérer des phénomènes dont l'absence pénaliserait la représentativité climatologique du recensement effectué.

 

Ce fonctionnement permet d'inclure ou d'exclure, au besoin, les cas quasi-certains des statistiques et, conséquemment, des études et de la recherche sur ces phénomènes.