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L'orage est sans doute le phénomène
météorologique le plus spectaculaire : de loin la plus intense des
manifestations du ciel, il mêle, au bruit du tonnerre, la lueur des éclairs et
le déchaînement du vent et de la pluie. A lui seul, il met en mouvement
l'ensemble des météores et concentre toute la puissance de l'énergie
atmosphérique. Il recèle encore en cela de nombreux mystères, mais sa formation,
sa structure et son évolution sont désormais bien connues. Les quelques éléments
qui suivent esquissent une synthèse qui se veut la plus claire possible des
connaissances actuelles sur les orages.
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Comment se forme un orage ? |
L'orage se définit en météorologie comme
l'observation auditive de tonnerre sur un lieu donné. Un seul grondement de
tonnerre suffit ainsi à définir un jour d'orage. Plus généralement, on parle
d'orage lorsque l'on peut observer une activité électrique dans un nuage
(éclairs, chutes de foudre).
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Pour "fabriquer" un orage, il est
indispensable que l'atmosphère présente un état d'instabilité. Qu'entend-t-on
par là ?
On considère qu'une masse d'air est stable
lorsque la température d'une parcelle d'air soulevée diminue plus rapidement
avec l'altitude que celle de l'air environnant.
A l'inverse, une masse d'air est
dite instable lorsque la température de cette parcelle d'air soulevée
diminue plus lentement avec l'altitude que celle de l'air environnant. Cette
parcelle d'air sera donc plus chaude que l'air ambiant, plus légère et aura donc
tendance à s'élever, à la façon d'une montgolfière. On parle ainsi d'instabilité
notamment lorsque de l'air chauffé près du sol est surmonté par de l'air plus
frais en altitude. Dans ce cas-là, l'air chaud qui s'élève depuis le sol va
lentement se refroidir en prenant de l'altitude, au point de déclencher la
condensation de la vapeur d'eau contenue dans l'air. Des gouttelettes se forment
alors : un nuage se forme. Ce nuage continuera de se développer en altitude
aussi longtemps que l'air qu'il contient sera plus chaud que l'air environnant.
Ce mécanisme, appelé convection,
donne naissance aux nuages du genre Cumulus.
Ces Cumulus, s'ils se développent à l'extrême
(instabilité forte), finissent par voir leurs sommets atteindre le sommet de la
troposphère. Cette limite, dénommée tropopause, qui sépare la
troposphère de la stratosphère, se caractérise par une inversion de température.
On entend par là le fait que la température de l'air s'accroît avec l'altitude
au lieu de s'abaisser. Cette inversion est infranchissable pour les nuages : les
Cumulus, ne pouvant plus s'étendre vers le haut, s'étalent horizontalement. A ce
stade, on ne parle plus de Cumulus, mais de Cumulonimbus.
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DU CUMULUS AU
CUMULONIMBUS |
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Cumulus humilis

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Cumulus mediocris

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Cumulus congestus

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Cumulonimbus

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PRINCIPAUX NUAGES PRE-ORAGEUX |
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Le Cumulonimbus est ainsi un Cumulus
qui a pris des dimensions colossales. Un Cumulus de petite taille (Cumulus
humilis) ne fait ordinairement qu'un kilomètre d'épaisseur ; un Cumulus de
taille moyenne (Cumulus mediocris) peut se développer sur 3 à 4 km de hauteur ;
un Cumulus très développé (Cumulus congestus) pourra bourgeonner sur plus de 6
km d'épaisseur. Le Cumulonimbus, pour sa part, se développe sur 7 à 12 km
d'altitude sous nos latitudes.
Un nuage de ces dimensions possède des
caractéristiques réellement impressionnantes. Ce sont ainsi plusieurs
millions de tonnes d'eau sous forme liquide ou de glace qui sont contenues
dans un Cumulonimbus, pour un poids total de plusieurs milliards de tonnes. Pour
maintenir en vie un nuage de cette envergure, ce sont 700.000 tonnes d'air qui
sont aspirées chaque seconde par le nuage orageux, soit près de 600.000 tonnes
de vapeur d'eau chaque minute. Cette gigantesque usine nuageuse produit en
moyenne 4.000 tonnes de précipitations chaque seconde, qui s'abattent au
sol sous forme de pluie ou de grêle.
Une telle usine fourmille de collisions
innombrables entre les gouttes d'eau, les grêlons et les cristaux de glace qui
circulent dans le nuage. Cette agitation finit par créer des charges
électrostatiques, généralement positives pour les cristaux de glace qui,
légers, se concentrent surtout dans la partie supérieure du nuage, généralement
négatives pour les gouttes d'eau qui, plus lourdes, tendent à descendre vers les
parties inférieures du nuage. Cette répartition est toutefois, encore
aujourd'hui, sujette à discussion dans la mesure où une organisation plus
complexe des charges électriques dans les Cumulonimbus est probable, avec une
superposition de plusieurs "couches" de polarités opposées.
Ces champs opposés qui coexistent au sein du
Cumulonimbus finissent par dépasser les limites tolérables pour l'atmosphère...
des décharges électriques surpuissantes se déclenchent au coeur du nuage : les
éclairs zèbrent le ciel et le tonnerre gronde... l'orage est né !
Si les Cumulus et les Cumulonimbus sont la
manifestation visible d'un état instable de l'atmosphère, d'autres nuages
peuvent également trahir cette instabilité et précéder de quelques heures
les développements orageux proprement dits. Ce sont les nuages pré-orageux,
dont l'apparition est souvent un bon indice d'orage pour les heures à venir,
notamment en été.
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Cirrus floccus
Nuages élevés rassemblés
en petits grumeaux.

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Altocumulus castellanus
Nuages moyens constitués
en alignement
de petites tourelles.

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Altocumulus floccus
Nuages moyens rassemblés
en petits boules cotonneuses.

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Comment s'organisent les orages
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Les orages peuvent survenir isolément ou au
contraire se présenter dans des structures bien organisées. On distingue ainsi
deux catégories d'organisation de la convection. Soit l'orage résulte
d'une cellule convective isolée et indépendante de toute autre cellule
convective éventuellement en activité à un autre endroit au même moment : on
parlera dans ce cas d'orage monocellulaire (1). Soit il résulte d'un
ensemble de plusieurs cellules convectives interagissant les unes avec les
autres : on parlera alors
d'orage multicellulaire (2).
1. Les orages monocellulaires
peuvent se présenter sous trois formes différentes : sous une forme "ordinaire",
sous une forme "à pulsation" ou sous une forme "supercellulaire".
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Les orages monocellulaires
"ordinaires" sont des orages à courte durée de vie, condamnés dès leur formation
à une dissipation rapide. En effet, ce type d'orage dure généralement une
demi-heure, au plus une heure, durant laquelle se succèdent trois phases : la
phase de croissance, durant laquelle le Cumulus prend de l'ampleur et se
développe en altitude ; la phase de
maturité, durant laquelle le Cumulus, devenu Cumulonimbus, commence à
former son enclume et, simultanément, constitue un courant descendant d'air plus
froid en liaison avec le début des précipitations orageuses ; la phase de
dissipation, durant laquelle l'orage ne parvient plus à s'alimenter en air
chaud près du sol, en raison du refroidissement de l'air par les courants
descendants. Un orage monocellulaire reste ainsi, dans sa forme la plus commune,
un
orage bref, souvent peu intense, qui se trouve rapidement asphyxié
par son propre courant descendant d'air froid.
Les orages monocellulaires sont fréquents en
été dans les situations de forte chaleur, notamment dans les régions de
relief, où ils se déclenchent préférentiellement en fin d'après-midi ou en début
de soirée. On peut également les rencontrer en plaine, où leur survenue est
souvent liée à la présence d'éléments locaux favorables (présence d'un lac ou
d'une zone de convergence des vents de surface). C'est également ce type de
structure qui est majoritaire dans les orages de masses d'air froid
(traîne active).
En présence d'une instabilité forte et d'une
tropopause élevée, certains orages monocellulaires peuvent s'avérer violents
(chutes de grêle, très fortes rafales de vent) et présenter une durée de vie un
peu moins brève qu'un monocellulaire ordinaire. Ces orages à formation très
rapide sont constitués d'une poussée convective unique, soudaine et très
virulente : on parle dans ce cas d'orage à pulsation (pulse storm). Ce
type d'orage, que l'on rencontre exclusivement par temps très chaud et en
présence de vents faibles dans toute l'épaisseur de la troposphère, se constitue
à partir d'une colonne convective particulièrement vigoureuse, qui présente
souvent sur des balayages radar verticaux une zone de formation des
précipitations plus élevée que dans le cas d'un monocellulaire ordinaire. Les
orages à pulsation se caractérisent visuellement par un bouillonnement
convectif très marqué, accompagné souvent d'un sommet pénétrant
et parfois d'une
enclume qui présente partiellement une progression rétrograde.
Un orage à pulsation présente au début de sa phase de dissipation un risque
élevé de downburst (rafales de vent destructrices).
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MONOCELLULAIRE ORDINAIRE
MONOCELLULAIRE A PULSATION |
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Orage monocellulaire ordinaire
Cellule isolée avec
enclume bien formée.

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Orage à pulsation
Bouillonnement convectif
intense et sommet
pénétrant dans un
contexte très peu cisaillé.
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LA SUPERCELLULE |
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Les orages monocellulaires peuvent
adopter une troisième forme qui, si elle est rare, constitue la structure
orageuse la plus virulente et la plus dangereuse de toutes : la supercellule.
Un orage supercellulaire a en commun avec un monocellulaire ordinaire la
présence d'une cellule convective unique et autonome. En revanche,
contrairement au monocellulaire ordinaire dont la durée de vie est brève, la
supercellule a pour particularité de pouvoir conserver une activité intense
durant parfois plusieurs heures.
D'où provient cette longévité remarquable ?
Il faut aller en chercher l'origine dans un décalage spatial entre le
courant ascendant principal et le courant descendant d'air froid.
Alors que ce courant froid descendant va venir se mêler au courant chaud
ascendant dans un monocellulaire ordinaire (et donc asphyxier la convection), il
présente dans le cas d'une supercellule un décalage qui, non seulement, permet à
l'air chaud ascendant de ne pas subir le refroidissement du courant descendant,
mais qui, en constituant un pseudo front froid, vient même dynamiser ces
ascendances en favorisant le soulèvement de l'air chaud par un renforcement
local de la convergence des flux près du sol. Ce décalage au sein d'une même
cellule orageuse est rendu possible par l'inclinaison du courant ascendant,
qui vient donc s'alimenter à une distance respectable de la zone où se
produisent les précipitations liées au courant descendant d'air froid. Cet
aspect caractéristique des supercellules est lié à la présence d'un profil de
vent fortement cisaillé qui, d'une part, incline la colonne convective
d'alimentation de l'orage et qui, d'autre part, transporte verticalement une
vorticité primitivement d'axe horizontal générée par le cisaillement présent
dans l'environnement. Ainsi, en plus d'être incliné, le courant ascendant d'une
supercellule est rotatif, élément qui est visuellement très spectaculaire et qui
trahit la présence d'un mésocyclone au sein de la colonne convective
d'alimentation de l'orage. C'est la mise en évidence de cette rotation
mésocyclonique qui définit à lui seul la supercellule et qui la distingue de
tous les autres types d'orages. Elle se manifeste sur un radar Doppler de
manière très évidente par la juxtaposition de vents de directions contraires
dans la zone d'ascendance de l'orage ; sur un radar classique à balayage
horizontal, la supercellule se distingue par la présence d'un écho en crochet
sur le flanc sud-est de l'orage.
Ce subtil équilibre entre les flux entrants
et sortants de l'orage impose un environnement atmosphérique très particulier,
où sont présents simultanément une forte instabilité et un
cisaillement vitesse et directionnel des vents. Ces conditions sont
assez rarement réunies au même moment et au même endroit, ce qui fait toujours d'un orage supercellulaire un
phénomène remarquable et particulièrement dangereux. En effet, par sa structure
et sa longévité, une supercellule est toujours associée à des ascendances
extrêmement violentes, qui dans certains cas peuvent excéder 200 km/h (vent
vertical ascendant), et à une production de météores particulièrement intense :
violentes chutes de grêle, précipitations diluviennes, fortes tornades, rafales
de vent extrêmes. Visuellement, une supercellule est souvent un orage aux
dimensions impressionnantes, dont la tour d'alimentation convective, inclinée,
rotative et excessivement bouillonnante, se prolonge vers le bas par un
nuage-mur et vers le haut par un sommet fortement pénétrant.
Un véritable mur de précipitations est généralement visible à quelques
kilomètres de là et constitue la manifestation visible du courant descendant
d'air froid.
A l'instar des monocellulaires classiques et
des monocellulaires à pulsation, les supercellulaires se forment généralement
à distance respectable de leurs congénères. La présence d'autres orages
actifs à proximité, notamment en aval dans le flux, a en effet tendance à
réduire sensiblement l'énergie convective disponible, essentiellement en raison
du brassage de la masse d'air (dispersion de la chaleur humide en réserve près
du sol). Les supercellules ont ainsi tendance à se former à l'avant des
dégradations orageuses organisées et constituent souvent des orages
pré-frontaux. Leur structure totalement autonome tend à créer un vent
relatif à l'orage qui conduit la supercellule à ne pas suivre le flux
atmosphérique des couches moyennes (ce que font habituellement les orages), mais
à dévier sur la droite du vent moyen atmosphérique avec un angle
d'environ 25 degrés et à adopter une vitesse de déplacement supérieure à
celle du vent moyen mesuré à l'altitude du niveau de contrôle habituel pour un
orage. Un tel comportement atypique constitue souvent l'un des éléments
importants dans la mise en évidence d'un orage supercellulaire.
Les orages supercellulaires répondent aux
caractéristiques communes qui précèdent ; néanmoins, comme tout orage, ils
présentent des morphologies différentes en fonction de leur environnement, ce
qui conduit à en distinguer quatre types différents :
1. les supercellules classiques, qui
présentent un mésocyclone sur le flanc sud-est de l'orage et une zone de
précipitations concentrée dans la partie nord et nord-ouest de l'orage ; ces
supercellules sont particulièrement propices à la formation de tornades de forte
intensité ;
2. les supercellules diluviennes, dites
supercellules HP (high precipitation), caractérisées par un mésocyclone
positionné davantage sur le flanc est de l'orage et par une zone de
précipitations qui concerne désormais, en plus de la partie nord de l'orage, sa
partie ouest et sud, ce qui conduit les précipitations à envelopper une grande
partie du mésocyclone. Les supercellules HP sont productrices de tornades
faibles à modérées, mais parfois fortes, et sont associées à des précipitations
excessivement intenses, notamment sur leur flanc sud-ouest. Elles peuvent ainsi
provoquer des crues-éclairs, des destructions liées à la grêle, des rafales de
vent extrêmes et une très forte activité électrique (forte propension aux chutes
de foudre de forte intensité). Cette catégorie de supercellules est excessivement
dangereuse dans la mesure où les tornades générées par le mésocyclone sont
souvent cachées par des rideaux de pluie et de grêle.
3. les supercellules sèches, dites
supercellules LP (low precipitation), qui présentent un mésocyclone positionné
sur le flanc sud de l'orage et une zone de précipitations assez diffuse sur le
flanc nord et nord-ouest de l'orage. Ces supercellules, qui se forment dans des
environnements secs, se distinguent par une structure très dessinée, très
visuelle et particulièrement nette. En effet, la faible humidité environnante
conduit la structure de la cellule à apparaître au grand jour, sans être
dissimulée par des rideaux de pluie, ce qui toutefois complique leur détection
par les radars de précipitations. Le peu de précipitations significatives généré
par les supercellules LP se concentre au nord immédiat du mésocyclone et se
matérialise par une zone étroite de pluies fortes mêlées à de violentes chutes
de grêle. Les supercellules LP sont ordinairement associées à des chutes de
grêlons géants, à une activité électrique essentiellement intranuageuse, à de
violentes microrafales et à des tornades qui peuvent se révéler de forte
intensité. La durée de vie d'une supercellule HP est souvent plus brève que
celle de ses consoeurs qui se forment dans des environnements plus humides.
4. les mini-supercellules, dites
supercellules LT (low topped), qui possèdent généralement toutes les
caractéristiques d'organisation des supercellules classiques, mais qui, en
raison d'une instabilité limitée et d'une tropopause assez basse (moins de 10
km), ne présentent pas des dimensions aussi imposantes. Les signatures radar
d'écho en crochet sont plus ténues dans le cas des mini-supercellules, mais
elles n'en demeurent pas moins des structures orageuses périlleuses,
particulièrement favorables à la formation de tornades et à la survenue de
violentes précipitations, de chutes de grêle et de rafales destructrices.
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Orage supercellulaire
On note la colonne d'air
ascendant, très massive,
inclinée et en rotation

Coupes horizontales de supercellules :
Légende des schémas

Le "T" indique la zone
sujette au risque de tornade.
Supercellule classique
Le mésocyclone est
positionné
sur la pointe sud-est de
l'orage

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Supercellule HP
Le mésocyclone est
positionné
sur le flanc est /
sud-est de l'orage

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Supercellule LP
Le mésocyclone est
positionné
sur le flanc sud est de
l'orage
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En France, les monocellulaires ordinaires
représentent près de 80% des orages monocellulaires, les orages à pulsation
comptent pour un peu plus de 15% des orages monocellulaires, enfin les orages supercellulaires, de loin les orages les plus rares de tous, représentent
à peine 2 à 3% des orages monocellulaires.
2.
Si les orages monocellulaires sont des orages
isolés qui n'interagissent pas avec d'autres cellules orageuses, les orages
multicellulaires ont pour propriété inverse de constituer des ensembles
interactifs de plusieurs cellules orageuses parvenues à des stades de maturité
différents.
Ordinairement, on observe au début de la
formation d'un système orageux multicellulaire des cellules orageuses séparées
parfois de plusieurs kilomètres, qui finissent par s'agréger en un amas nuageux
convectif, occupé dans sa partie centrale par les cellules parvenues à maturité.
La constitution d'un tel agglomérat de cellules orageuses n'est permis que par
la constitution d'un courant descendant d'air froid (courant de densité)
suffisamment important et mobile pour générer dans l'environnement un forçage
générateur du soulèvement en masse de l'air chaud stationné près du sol. C'est
ce forçage qui, par ricochet, va provoquer la naissance de nouvelles cellules
convectives. L'ensemble de ce mécanisme nécessite pour sa mise en place un
cisaillement des vents au moins modéré et une masse d'air conditionnellement
instable.
Dans un contexte où le cisaillement des vents
demeure relativement faible, les orages
multicellulaires ne parviendront pas à s'organiser : on observera alors un
développement chaotique d'orages sur une région donnée, les uns se dissipant
quand d'autres se forment juste à côté, sans progression définissable de
l'activité orageuse dans une direction précise.
En revanche, en présence d'un
cisaillement des vents modéré à fort, les orages multicellulaires auront tendance
à s'organiser en suivant une direction de propagation déterminée, les cellules
les plus jeunes étant générées en aval dans le flux par le courant d'étalement
issu des cellules parvenues à maturité.
Compte tenu des conditions nécessaires à leur
formation, les orages multicellulaires constituent assez souvent des orages au
moins modérés, générateurs de phénomènes parfois destructeurs, notamment quand
plusieurs cellules actives passent successivement au même endroit. Dans ces
circonstances, les orages multicellulaires peuvent être notamment à l'origine de
crues-éclairs. Néanmoins, un orage multicellulaire reste bien défini par
l'identification de plusieurs cellules liées entre elles, et non par des
critères d'intensité : un orage monocellulaire peut en effet dans certains cas s'avérer nettement
plus virulent qu'un orage multicellulaire.
Les épisodes orageux qui concernent la France
toute l'année prennent des ampleurs différentes en fonction de la dynamique
atmosphérique du moment et de l'instabilité observée.
Certains épisodes orageux sont ainsi
constitués uniquement de quelques orages monocellulaires ordinaires. Ils
se rencontrent notamment dans les situations hivernales de traîne active,
de novembre à mars, lorsque de l'air très froid envahit soudainement la haute
atmosphère à l'arrière d'un front froid. Les cellules orageuses sont à courte
durée de vie et ne concernent que de faibles portions du territoire. On retrouve
également des structures monocellulaires voisines dans les orages de chaleur
isolés, qui se produisent préférentiellement au coeur de l'été sur les
massifs montagneux, à cette différence près que les monocellulaires auront alors
tendance à prendre une tournure à pulsation.
Il convient néanmoins de noter que certains
épisodes orageux de traîne active sont parfois virulents et marqués par la
formation d'un grand nombre d'orages monocellulaires parfois de type
supercellulaire (mini-supercellules), et de quelques amas multicellulaires. Ces
cas de traîne très active se rencontrent préférentiellement des Charentes
à la Bretagne, à la Normandie et au Nord - Pas de Calais entre les mois de
janvier et de mars.
D'autres types de situations sont plus
propices à la formation d'orages multicellulaires que
monocellulaires. Ces situations sont celles des dégradations orageuses
organisées de la "saison chaude", qui s'étire approximativement de
début mai à fin septembre voire mi-octobre. Alors que les simples orages de
chaleur se forment et meurent sur place, les orages liés à des dégradations
organisées se forment en relation avec le passage ou la proximité d'un front
froid qui généralement aborde la France par l'ouest. Les orages se forment alors
à l'avant ou sur le front en une multitude d'amas multicellulaires, dont
la formation est favorisée par la présence d'une ligne de forçage très étendue
et structurée. Lorsque ces orages multicellulaires couvrent simultanément une
superficie conséquente (au moins une région entière), on parle de
Système Convectif de Méso-Echelle (MCS ; Mesoscale Convective
System). Un MCS désigne un ensemble d'orages multicellulaires et parfois
supercellulaires dont la particularité est de couvrir une portion de territoire
importante. Le plus souvent, les MCS sont constitués par une ligne d'orages
multicellulaires (ligne de grains), à laquelle s'adjoint
dans certains cas des formations supercellulaires soit en amont du système soit
en queue de ligne (extrémité sud de la ligne de grains). Parfois, les MCS
adoptent une forme circulaire pour constituer une véritable "boule orageuse",
capable de couvrir plusieurs régions simultanément ; ces MCS
circulaires constituent ainsi des "super-multicellulaires" qui se
rencontrent en France par temps très chaud et à distance respectable d'un front
froid situé plus à l'ouest. Enfin, certains MCS adoptent une forme qui n'est ni
celle d'une ligne ni celle d'un amas circulaire, mais celle d'un V. Ces MCS à
propagation rétrograde, dits orages en V, tirent leur forme
d'un point d'alimentation fixe de l'amas orageux, qui, en dépit d'un mouvement
des cellules vers le haut du V, donne naissance en permanence à de nouvelles
cellules à la pointe sud du V, qui donne ainsi l'illusion de ne pas ou peu
bouger. Ces orages en V se rencontrent préférentiellement à l'automne sur les
régions du sud-est français.
conseils de comportement et consignes de
précaution
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