L'année 2011 a été marquée par quelques
épisodes orageux de forte intensité, surtout concentrés sur le
printemps. L'été a en effet été contrasté, avec un déficit d'activité
orageuse très prononcé entre la mi-juillet et la fin août. Des épisodes
méditerranéens à répétition ont pour leur part rythmé la fin de
l'automne.
Au total, si on note des occurrences
d'orages forts ou violents sur la plupart des régions, ce sont le massif
alpin, le Jura, la Bourgogne, la haute vallée du Rhône et les Landes qui
enregistrent le plus grand nombre de jours avec orage en 2011, toutes
intensités confondues. A l'inverse, le quart nord-ouest du pays a connu
relativement peu d'orages et enregistre une saison bien peu convective.
Avec 227 jours d'orage, l'année
2011 affiche un repli de 15% du nombre de jours avec orage par
rapport à 2010. Les situations orageuses observées en 2011 ont toutefois
présenté en moyenne une sévérité accrue par rapport à celles
enregistrées en 2010, comme l'indique l'Indice
de Sévérité Orageuse (ISO), qui progresse de 20% en 2011
par rapport à 2010. Ce sont ainsi plus de 3.000 événements orageux
sévères qui ont été répertoriés par KERAUNOS au cours de cette année,
répartis sur 90 jours avec orage fort et 22 jours avec orage
violent.
+ les 4 et 5 juin : de
violents orages frappent sur le sud-est
de la France. Grêle, violentes rafales et inondations parfois sévères
touchent Bouches-du-Rhône et Vaucluse essentiellement (notamment les
régions de Carpentras et
Loriol-du-Comtat).
+ 28 juin : des
orages violents balaient les
départements du Nord, des Ardennes, de la Marne, de l'Allier, du
Puy-de-Dôme et de l'Yonne. Au moins une supercellule est identifiée sur
le département du Nord. Il s'agit de la situation météorologique la plus
instable de l'année 2011 en France.
Ci-dessous, modélisation par le modèle WRF-KERAUNOS 8 km de
l'instabilitéconvective (à gauche, SB Lifted Index, qui
pointe localement jusqu'à -12°K) et de l'activitéprécipitante
(à droite, champ de vent 10 mètres et précipitations instantanées), dans
son run du 27 juin à 18Z, valable pour le 28 juin [pour bien
synchroniser les deux animations, appuyer sur la touche F5 de votre
clavier] :
+ les 12 et 13 juillet : de
violents orages frappent une partie du
Limousin, de l'Auvergne, de la Bourgogne, de la Franche-Comté et de
l'Alsace.
+ les 22 et 23 août :
des
orages localement violents frappent un
grand tiers nord-ouest du pays. Plusieurs MCS et une supercellule sont
notamment à l'origine de pluies parfois intenses, de rafales de vent
tempétueuses en Loire-Atlantique et de chutes de grêle nombreuses.
+ le 1er septembre :
plusieurs supercellules se développent
en fin de journée sur les départements du Sud-Ouest. Le Lot est frappé
par un orage à propagation rétrograde très actif, producteur de
précipitations très intenses (lames d'eau estimées voisines de 150 mm).
+ le 3 septembre : un système
convectif de mésoéchelle (MCS) balaie en soirée les régions du nord de
la France, en produisant de fortes précipitations et de fortes rafales
de vent. Les orages sont violents sur le département du Nord, où des
rafales de 110 km/h et des inondations sont observées.
+ du 2 au 6 novembre : un
épisode méditerranéen remarquable
frappe le sud-est du pays, avec des cumuls qui dépassent localement 900
mm. Une
tornade d'intensité EF2, la plus
puissante de l'année, provoque de sévères dommages sur le Gard, dans les
environs d'Anduze, le soir du 3 novembre.
+ le 8 novembre : une tempête
subtropicale (Medicane)
provoque des orages accompagnés de pluies abondantes et de rafales
parfois supérieures à 150 km/h sur le littoral varois.
►
instabilité convective [suivi de la
MUCAPE]
De manière générale, l'année 2011,
pourtant exceptionnellement chaude, n'a présenté une instabilité
convective que légèrement plus forte que la normale de référence
(1981-2010). En effet, la
MUCAPE moyenne en France ressort avec
un excédent de 11%, surtout imputable à des profils verticaux plus
instables qu'à l'ordinaire sur tout le sud et le centre du pays (cf. carte
ci-dessous). Les régions proches des frontières du nord et du nord-est
présentent un bilan conforme à la normale en terme d'instabilité, tandis
que la Bretagne accuse un déficit d'instabilité d'autant plus significatif
que l'on se dirige vers le Finistère. En définitive, l'excédent moyen
d'instabilité peut être qualifié de "normal", c'est-à-dire avec une
durée de retour inférieure à 5 ans.
Les deux graphiques de gauche
présentent l'évolution, au fil de l'année 2011, du rapport à la normale de
la MUCAPE moyenne en France. Une valeur de 100 indique une valeur égale à
la normale ; une valeur inférieure à 100 indique une valeur inférieure à
la normale et inversement pour les valeurs supérieures à 100. La normale
de référence est constituée ici par la période 1981-2010.
Le graphique du haut présente
l'anomalie de MUCAPE en valeur glissante sur 10 jours. On note un pic de très forte anomalie
instable fin avril et début mai, ainsi que 4 pics secondaires en janvier,
à la fin août / début septembre, en novembre et en décembre. Toutes ces
anomalies présentent des excès sur 10 jours qui sont plus de deux fois
supérieurs à la normale (rapport à la normale supérieur à 200%). A
l'inverse, on note une instabilité convective régulièrement déficitaire
sur les trois mois d'été (juin, juillet, août).
Le graphique du bas présente
l'anomalie de MUCAPE en valeur glissante sur 1 an. On note que le
déficit d'instabilité enregistré en 2010 s'est progressivement atténué au
fil du premier semestre pour atteindre puis dépasser la normale sur une
année glissante à partir de la mi-mai. Malgré un retour temporaire sous la
normale en juillet et août, la tendance haussière a ensuite repris
jusqu'en fin d'année, indiquant ainsi une tendance moyenne au renforcement
de l'instabilité convective sur la France au fil de l'année 2011. Cet
élément vient corréler le constat d'une activité orageuse plus sévère en
2011 qu'en 2010.
►
récapitulatif
de l'année 2011, mois par mois
Les cartes ci-dessous représentent le
nombre de jours avec orage en France, par département et pour chaque mois
de l'année. L'échelle de couleurs unique permet de comparer facilement les
niveaux d'activité orageuse d'un mois à l'autre. Pour plus de détails sur
chacun des mois, cliquer sur les cartes associées :
JANVIER 2011
jours avec orage
FEVRIER 2011
MARS 2011
jours avec orage
AVRIL 2011
MAI 2011
jours avec orage
JUIN 2011
JUILLET 2011
jours avec orage
AOÛT 2011
SEPTEMBRE 2011
jours avec orage
OCTOBRE 2011
NOVEMBRE 2011
jours avec orage
DECEMBRE 2011
►
sévérité
orageuse quotidienne
Le graphique ci-dessous retrace les
valeurs quotidiennes de l'indice de sévérité orageuse (en savoir plus). Il permet
d'avoir une appréciation synthétique de l'activité orageuse à échelle
nationale et de mettre en évidence les principales offensives orageuses de
l'année.
INDICE DE SEVERITE ORAGEUSE -
ANNEE 2011
(c)
Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents - Tous droits
réservés
dernière mise à
jour : 1 janvier 2012
►
sévérité
orageuse moyenne mensuelle
Le tableau ci-dessous récapitule les
moyennes mensuelles des "ISO" quotidiens. Ces moyennes permettent de classer objectivement les mois
selon leur niveau d'activité et de sévérité orageuse.
mois
sévérité orageuse moyenne
mois
sévérité orageuse moyenne
janvier 2011
0,08
juillet 2011
2,93
février 2011
0,21
août 2011
5,09
mars 2011
0,29
septembre 2011
2,52
avril 2011
2,63
octobre 2011
0,28
mai 2011
4,82
novembre 2011
0,88
juin 2011
5,69
décembre 2011
0,74
►
activité foudre
L'activité foudre détectée par
Météorage a été médiocre en 2011, avec un nombre d'éclairs nuage-sol
voisin de 430.000,
inférieur de 14% à la moyenne des 20
dernières années. Les régions Provence - Alpes - Côte-d'Azur, Rhône-Alpes
et Languedoc-Roussillon ont été les plus foudroyées au cours de cette
année.
►
bilans départementaux
Les bilans de l'activité orageuse 2011,
département par département, sont librement accessibles pour les
membres de l'Association
KERAUNOS.
►
journée la
plus orageuse de l'année 2011
L'épisode orageux le plus significatif
de l'année 2011 a été observé le 4 juin, avec un
ISO de 28,29 :
Les critères retenus par l'Observatoire
pour la détermination de l'intensité des orages sont les suivants :
- orage fort : orage accompagné
de manifestations électriques significatives (activité foudre observée),
et associé à au moins un des phénomènes suivants : grêlons de plus de 2 cm
de diamètre, rafales convectives excédant 90 km/h, fortes pluies avec
inondations (montée des eaux significative produisant des dégâts), tornade
- orage violent : orage
accompagné de manifestations électriques significatives (activité foudre
observée), et associé à au moins deux des phénomènes suivants : grêlons de
plus de 2 cm de diamètre, rafales convectives excédant 90 km/h, fortes
pluies avec inondations (montée des eaux significative produisant des
dégâts), tornade