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EPISODE MEDITERRANEEN DES 6
ET 7 SEPTEMBRE 2010 |
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Un épisode
méditerranéen sévère, aux conséquences hydrologique somme toute
mesurées, a frappé le sud-est de la France dès la nuit du lundi 6 au
mardi 7 septembre 2010 et s'est prolongé jusqu'en tout début de matinée du
8 septembre 2010. Des lames d'eau voisines de 350 mm ont été relevées
sur le Gard et l'Ardèche. Plus au nord, les cumuls observés entre Loire
et Rhône (sur le Lyonnais et le Stéphanois) sont exceptionnels. |
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►
lames d'eau
observées et cartographie |
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►
lames d'eau observées
sur l'épisode en 24h environ
:
+ dans le Gard, c'est à
Conqueyrac* qu'il faut aller chercher la plus grosse lame d'eau de
l'épisode, qui s'élève à 371 mm (dont plus de 310 mm tombé en
moins de 6h dans la nuit du lundi 6 au mardi 7). La station Météo-France
de Cardet relève 336 mm (dont 116 mm en 1h mais 146
mm sur 1h glissante, valeurs rarement observées en France). La
commune de Quissac*, bien touchée par les inondations enregistre 253 mm
tandis que la lame d'eau atteint 286 mm au pluviomètre de la
Rouvière*. Bien d'autres valeurs dépassent les 150 mm (Anduze,
Saint-Hyppolite-du-Fort, Sénéchas,...). Nîmes*, balayée à deux reprises
par de forts orages, enregistre un cumul total de 178 mm, alors
que Saumane, au coeur des Cévennes, ne relève que 36 petits millimètres
sur l'épisode.
+ en Ardèche, c'est surtout dans
l'après-midi et la soirée du mardi 7 que les orages ont été les plus
marqués en Cévennes et piémont. La station Météo-France de Barnas
enregistre 287 mm dont 98 mm en 1h. A Rosières*, la lame
d'eau atteint 330 mm (dont 95 mm en 1h). Notons également les
307 mm de La Souche* (dont 90 mm en 1h), les 260 mm
d'Ucel* ou les 231 mm de Montpezat*. Sur l'extrême nord du
département, surtout près du Pilat, les cumuls sont restés beaucoup plus
modestes. Ainsi, Annonay enregistre une lame de 62 mm seulement.
+ dans la Drôme, les plus importants cumuls ont été observés en Drôme
Provençale (78 mm à Taulignan). Le Vercors et les
Baronnies ont reçu entre 50 et 70 mm de pluie en moyenne.
+ dans l'Hérault, l'importance de l'épisode a été moindre.
Aucun relevé ne dépasse les 70 mm. La station Météo-France de
Saint-Drézéry relève 61 mm.
+ en Lozère, l'épisode est resté
plus modéré. Si, au pied du Mont-Lozère, Villefort relève 127 mm,
les lames d'eau ne dépassent que très rarement les 100 mm
ailleurs sur le département.
+ dans les Bouches-du-Rhône,
c'est la région de Tarascon qui a été la plus touchée en matinée du
mardi 7 puis la nuit suivante. Bien que les cumuls aient probablement
atteint 200 mm localement, la valeur la plus élevée a été
enregistrée à Tarascon : 120 mm
+ en Vaucluse, le passage orageux matinal a été diluvien dans la
région de Cavaillon. Il est en effet tombé 215 mm sur l'épisode
(dont 207 mm en 4h) entre 6h TU le 6 septembre et 6h TU le 7
septembre. Ceci constitue un record tous mois confondus de
précipitations 24h depuis l'ouverture de la station en 1962 (ancien
record 158 mm). Il est également tombé 185 mm à
Avignon et 163 mm à Bonpas.
+ dans le Var, des lames d'eau
de 30 à 60 mm en moyenne ont été observées, lors du passage
orageux de la nuit du mardi 7 au mercredi 8.
+ en Haute-Loire, les lames d'eau relevées sont assez
hétérogènes d'un point à l'autre du département. Si la station du
Puy-Loudes ne relève que 48 mm, celle de Felines au nord-ouest du
département récolte 133 mm. A noter également les 108 mm
des Estables (malgré un début d'épisode plus tardif).
+ dans la Loire, c'est le sud du département qui a été le
plus touché. Ainsi, la lame d'eau à la station Météo-France de
Saint-Etienne Grand Clos (intra-muros) atteint 157 mm. La
station synoptique d'Andrézieux-Bouthéon relève 95.2 mm. Un
nouveau record 24h pour un mois de septembre est ainsi établi (l'ancien
record datait de septembre 1958). De nombreuses autres stations ont
relevé plus de 100 mm (Cellieu et Saint Chamond 141 mm, Firminy
148 mm...). En allant vers le nord du département, les lames
d'eau deviennent moindres : 46 mm à Riorges, 41 mm à
Villerest.
+ dans le Rhône, c'est à Soucieu-en-Jarrest que la lame
d'eau, exceptionnelle, a été la plus élevée. Le pluviomètre de la
station a récolté 170 mm. Il est tombé 113 mm à
Lyon-Bron. Cette valeur constitue un record absolu, tous mois confondus,
de précipitations en 24h. La station de Lyon-Bron a ouvert en 1921.
Une station située à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon a relevé
164 mm.
+ en Isère, les lames d'eau sont finalement restées plus
modérées que prévu. En effet, l'axe pluvio-orageux principal ne s'est
pas incurvé comme attendu vers le nord-est, limitant de fait les cumuls
sur ce département. Toutefois, la station Météo-France de
Vienne-Reventin en vallée du Rhône relève 58 mm. Il est tombé
47 mm à Sainte Anne-sur-Gervonde (station
ROMMA), 30 mm à Grenoble et 52 mm sur le
plateau Matheysin à la Mure.
+ dans les Hautes-Alpes, le
passage pluvio-orageux matinal, mal appréhendé, a contribué à gonfler
les cumuls. Ainsi, Météo-France relève 87 mm à Gap. La
station
ROMMA d'Orcières dans le Champsaur récolte 80 mm.
Il est tombé 63 mm à Arvieux mais seulement 34 mm à
Ristolas dans le Queyras.
+ dans les Alpes de Haute-Provence,
département le moins touché par l'épisode, il est généralement relevé
20 à 50 mm (mais 15 mm à Valensole et 54 mm à
Sisteron).
*
pluviomètres hydroreel
►
réactions hydrologiques sur le Gard et
l'Ardèche
:
L’épisode pluvieux qui a sévi n’a pas généré de réaction exceptionnelle
des cours d’eau principaux.
Les principales réactions ont été observées :
+ sur le Vidourle avec une crue modérée liée aux forts cumuls
enregistrés sur l’amont du bassin (Conqueyrac, Saint-Hippolyte-du-Fort)
dans la nuit du 6 au 7. Les côtes atteintes sont assez classiques sur ce
fleuve. La décrue n’a pas été régulière puisque les pluies diluviennes
du 7 au soir sur le bassin moyen ont provoqué une nouvelle réaction,
moins forte.
+ sur les Gardons, il est à noter que l’amont n’a été que peu
arrosé ce qui n’a pas permis le déclenchement d’une crue dès le piémont.
Ainsi, malgré les forts cumuls et les intensités exceptionnelles
relevées en aval du piémont, près de la confluence Gardon d’Anduze /
Gardon d’Alès, la réaction s’est avérée faible à modérée avec des débits
ne dépassant pas 600 mètres cube par seconde à Russan.
+ sur la Cèze : elle n’a fourni qu’une légère réaction. Les
cumuls sur l’amont, bien qu’en apparence conséquents, étaient assez
communs dans ces zones et le barrage de Sénéchas a absorbé une partie
des eaux de l’extrême amont.
+ sur l’Ardèche qui a montré une réaction rapide mais modérée.
Les débits atteints sont assez classiques. On n’a pas atteint 1600
mètres cube par seconde à Vallon Pont d’Arc, ce qui reste une valeur
faible. Plus en amont, les valeurs sont restées en dessous des périodes
de retour de cinq ans, malgré des montées assez rapides.
Ces faibles réactions sont à attribuer au manque de stationnarité des
principales phases pluvieuses. De fait, les deux zones où les fortes
pluies ont le plus stationné (l’amont du Vidourle et l’amont de
l’Ardèche durant quelques heures) sont les deux zones qui ont généré les
plus fortes crues. Avec une durée de station des pluies plus longue, il
est évident que les quatre cours d’eau précités auraient fortement réagi
en conséquence. Il apparait, et ce n’est plus à démontrer après les
épisodes passés, que les réactions les plus fortes dans les drains
principaux sont observées quand les reliefs de l’amont sont frappés par
les fortes pluies pendant une période suffisamment longue. Il y a fort à
parier que la sécheresse normale de fin d’été n’aurait pas empêché de
réaction majeure si ce cas s’était présenté.
Concernant le réseau secondaire, des réactions fortes ont été observées
partout où l’on a dépassé les 150 mm avec de fortes intensités
associées. La Gagnières, affluent de la Cèze a par exemple fourni
une forte crue. Là aussi, le manque de continuité des précipitations n’a
pas permis d’atteindre des niveaux très préjudiciables à ces petits
bassins versants. On peut citer l’Auzonnet qui n’a pas atteint
des niveaux problématiques en termes d’inondations.
Les réseaux très secondaires ont, eux, rapidement et fortement réagi,
comme à Nimes dans la nuit du 6 au 7 ou dans les secteurs frappés par
les intensités très fortes dans la zone de Quissac, Cardet ou Deaux,
posant rapidement des problèmes de circulation.
Par accumulation et ruissellement, les zones à faible relief du nord des
Bouches-du-Rhône et du sud du Vaucluse ont connu des inondations locales
sans sévérité exceptionnelle. Là aussi, il est heureux que les pluies
diluviennes ne se soient pas plus attardées. Enfin, partout où
l’artificialisation des sols est suffisamment développée, des
ruissellements urbains ont été observés. Cela a par exemple été le cas à
Nimes ou à Alès. Comme toujours, la situation est critique en raison de
la circulation automobile et de l’accumulation des
ruissellements dans les points bas. Mais là encore, la non stationnarité
des très fortes intensités n’a pas provoqué de situation catastrophique.
►
réactions hydrologiques sur la
Haute-Loire, la Loire et le Rhône
:
Comme sur les bassins situés plus au sud, les réactions hydrologiques
viennent surtout de cours d'eau secondaires et très secondaires,
essentiellement sur le sud de la Loire et le sud du Rhône. La
Haute-Loire, davantage habituée à recevoir des précipitations
supérieures à 100 mm en 24h, n'a pas connu de réactions hydrologiques
marquées.
Les principales réactions ont été observées :
+ sur le Furan, affluent de la Loire rive droite, qui prend sa
source sur les hauteurs de Saint-Etienne pour aller se jeter dans la
Loire au niveau d'Andrézieux-Bouthéon, a fortement réagi sur sa partie
moyenne et aval. La tête de bassin a été finalement moins affectée par
les gros cumuls de pluie que la partie médiane et aval. Ainsi, le débit
maximal enregistré à Andrézieux-Bouthéon a dépassé 120 m3/s, ce qui
place la crue à un niveau vingtenal. Les communes de la Fouillouse et
d'Andrézieux ainsi que des bretelles de l'autoroute A72, situées à
l'aval, ont été partiellement inondées (en bordure du cours d'eau). Il
faut noter que le Furan a été fortement alimenté par ses affluents dès
sa partie médiane.
+ sur l'Onzon, sous-affluent de la Loire, affluent du Furan, qui
a débordé au niveau de Sorbiers, où plusieurs habitations ont été
inondées.
+ sur l'Yzeron, affluent du Rhône qui prend sa source dans les
Monts du Lyonnais, une crue vingtenale a été observée à Craponne (pic de
crue vers 00h loc. le 8 septembre à 19m3/s). Quelques débordements ont
été signalés sur son linéaire.
+ sur le Gier, affluent du Rhône, qui prend sa source dans le
massif du Pilat, et qui a dépassé sa côte de crue décennale à 145 m3/s à
Givors. Aucune inondation n'a été signalée. Le débit du Gier a été
limité, fort heureusement, par l'apport en précipitations bien moins
important sur le massif du Pilat qu'à proximité de la vallée du Rhône.
La partie amont a de fait été peu sollicitée.
+ sur la Loire amont, une crue faible à modérée a été observée à
Feurs (côte à 1.70 m). Pour information, la côte enregistrée lors de la
crue de novembre 2008 était d'environ 4 m. L'amont de la Loire (en
Haute-Loire) n'a été que faiblement sollicité. L'ensemble des affluents
entre Bas-en-Basset et Feurs ont contribué à alimenter le fleuve, qui a
ainsi vu ses niveaux croître sur le département de la Loire puis
s'amortir dès le barrage de Villerest.
Il convient de préciser que l'ensemble de ces cours d'eau étaient à
l'étiage avant l'épisode pluvio-orageux, les barrages implantés sur le
Furan et le Gier étaient pratiquement vides.
Un apport moindre dans leur partie amont a sans doute contribué a éviter
des scénarii d'inondations majeures, préjudiciables aux enjeux (sur le
Furan ou le Gier notamment).
►
cartographie
:
Voici deux cartes, mettant en évidence
les cumuls de précipitations enregistrés sur l'épisode par les stations
Météo-France, Hydroreel et ROMMA.
L'échelle, quelque peu différente, ainsi que la méthode d'élaboration
peuvent conduire à d'infimes différences entre les deux supports.

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►
contexte
météorologique et prévisions |
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Un
thalweg d'altitude s'étire le lundi 6 septembre en soirée entre
le sud-ouest de l'Islande et la pointe de la Bretagne. Il redresse le
flux au secteur sud-ouest en altitude, tandis qu'un vent marin s'établit
sur le Golfe du Lion.
Lundi après-midi, la masse d'air advectée est chaude et potentiellement
bien instable, surtout sur le sud-ouest. Un premier forçage d'altitude
périphérique (visible sur le champ de tourbillon absolu à 500 hPa
disponible ci-dessous) remonte d'Espagne en fin d'après-midi puis se
décale vers les régions cévenoles.
Une convergence humide de basse couche (moisture convergence,
"MOCON") se met alors en
place et stationne sur l'ouest du Gard. Parallèlement, les
cisaillements s'accentuent nettement en seconde partie de nuit du 6 au
7 septembre. Les vents près du sol sont orientés au sud vers le Gard
alors que le flux général est de secteur sud-ouest en altitude. Ce
cisaillement directionnel est favorable au développement d'orages
stationnaires, à régénération rétrograde.
Dans ce contexte potentiellement instable (MUCAPE d'environ 800
J/kg, MULI de -4°K), l'activité orageuse n'a aucun mal à se déclencher
dès la soirée du lundi 6 septembre. Les lames d'eau générées par cette
première offensive s'avèrent particulièrement importantes près du
Vidourle, où un multicellulaire à régénération rétrograde se
positionne durant plusieurs heures.
En fin de nuit et début de matinée,
l'ensemble s'évacue vers les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, et se met
à nouveau à stationner. De fortes lames d'eau sont ainsi relevées sur la
plaine de la Crau et le Lubéron.

Champs de MUCAPE & MULI (à gauche),
de TABS 500 HPA (au centre) et de Divergence 300 hPa (à droite)
WRF 8km - KERAUNOS 7
septembre 2010 à 02z - run du 06.09.2010 12Z

Champs de MOCON (à gauche), d'Eau précipitable (au centre) et
de Vent 10m (à droite)
WRF 8km - KERAUNOS 7
septembre 2010 à 02z - run du 06.09.2010 12Z
Dans l'après-midi du 7 septembre, une accalmie toute
relative gagne l'est du Languedoc, même si quelques orages persistent en
Cévennes (entre Gard et Ardèche, apportant plus de 100 mm sur les
Cévennes ardéchoises).
Par ailleurs, les précipitations convectives sont régulières et
ponctuellement orageuses de l'ouest de la Haute-Loire à la Loire et au
Rhône (de l'ordre de 5 à 20 mm/h).
Il faut attendre l'approche du forçage principal en fin d'après-midi,
pour observer partout, du Languedoc à Rhône-Alpes, un net regain
d'activité.
La convergence humide (MOCON) se décale de quelques dizaines
de kilomètres vers l'ouest, libérant le Gard, très temporairement,
des précipitations les plus soutenues. La reprise des développements
convectifs s'opère donc de l'est de Midi-Pyrénées au Massif-Central, à
l'avant du forçage d'altitude (voir champ de TA500 et de Divergence 300 hPa).
La convection profonde s'organise de manière linéaire, le long de
la convergence. Le potentiel en eau précipitable est alors à son
maximum (jusqu'à 45 mm), alors que les profils verticaux sont dotés
d'une instabilité significative (MUCAPE d'environ 1300 J/kg, voire
davantage
près du littoral, MULI de -5°K).
Si le déplacement dudit forçage est rapide de l'Aude à l'Hérault, il
marque le pas sur le Gard et l'Ardèche, en raison du pivotement de
l'anomalie de tropopause. Les cisaillements de vent sont
importants, mais la dynamique semble s'avérer trop rapide pour autoriser
la formation d'un orage type "V" durable.
Dans le même temps, une faiblesse
d'altitude secondaire se présente dans le Golfe de Gascogne
(configuration d'entrée droite de courant-jet). Elle se met en phase
avec une advection d'air doux et participe à creuser un minimum de
surface particulièrement dynamique. Dans un contexte là aussi instable,
des orages s'organisent et revêtent un potentiel venteux non
négligeable (voir champ de vent 10m ci-dessous).
En première partie de nuit, la
convergence de basse couche commence à se décaler vers l'ouest de la
Provence, les vents tournent à l'ouest dans le Golfe du Lion. Les pluies
cessent sur l'ouest de la région Rhône-Alpes. L'activité orageuse balaie
alors en deuxième partie de nuit l'ensemble de la Provence avec une
activité moindre que celle observée sur le Languedoc.

Champs de MUCAPE & MULI (à gauche),
de TABS 500 HPA (au centre) et de Divergence 300 hPa (à droite)
WRF 8km - KERAUNOS 7
septembre 2010 à 21z - run du 06.09.2010 06Z

Champs de MOCON (à gauche), d'Eau précipitable (au centre) et
de Vent 10m (à droite)
WRF 8km - KERAUNOS 7
septembre 2010 à 21z - run du 07.09.2010 06Z

Champs de précipitations 1h
WRF 8km - KERAUNOS 7
septembre 2010 à 21z - run du 07.09.2010 06Z
Prévisibilité et comportement des
modèles de prévision :
La prévisibilité de ce premier épisode
méditerranéen de la saison s'est révélée plus que correcte. Les
premières simulations long terme ont envoyé un premier signal dès le
27 août 2010, avec possible mise en place d'une configuration
synoptique favorable à de fortes pluies dans le sud de la France.
La stabilité des runs quotidiens (aussi bien au niveau des
modèles américains qu'européens) s'est elle aussi révélée surprenante.
C'est d'ailleurs ce qui a permis à l'Observatoire d'émettre un
communiqué dès le samedi 3 septembre
2010, dans la mesure où les faisceaux d'indices plaidant en faveur d'un
épisode pluvio-orageux de grande ampleur présentaient déjà une convergence
remarquable.
Les modèles à haute résolution (dont le
modèle
WRF 8 km utilisé par l'Observatoire),
ont apporté de nombreux signaux intéressants, dont la mise en place
probable de phénomènes stationnaires sur le Gard en deuxième partie de
nuit du lundi 6 au mardi 7 septembre puis le passage d'un système
convectif linéaire et lent dans son déplacement en soirée du 7
septembre.
Le risque de lames d'eau tri-horaires
extrêmes (possiblement proches de 100 mm) a également bien été
appréhendé. C'est sans doute ce dernier élément qui a constitué le fait
marquant de cet épisode. |
Trombes d'eau et alerte en
Rhône-Alpes et Cévennes
source : Le
Progrès
Hier matin une partie de la
France s'est réveillée sous la pluie. Dans la soirée la
vigilance était de mise dans le Gard et l'Ardèche placés par
Météo France en alerte rouge jusqu'à ce matin 6 heures. La
montée des cours d'eau et des rivières inquiétaient
particulièrement les pompiers. Hier soir en Ardèche la
préfecture a ordonné l'évacuation de quatre campings et la mise
en sécurité d'un hôpital. Dans certaines communes, l'eau
atteignait les 70 cm et la pluie continuait à tomber. Les
écoliers ne devraient pas aller ce matin les transports
scolaires ne pouvant circuler.
De violents orages se sont
abattus sur Nîmes et ses environs dans la nuit de lundi à mardi
causant quelques dégâts matériels, comme l'effondrement d'un mur
de soutènement. Quelque 1 500 foyers ont été privés
d'électricité vers Uzès. Prudent, le préfet du Gard avait décidé
de fermer écoles, collèges et lycées hier à midi.
Le Vidourle, un
fleuve qui court sur les départements du Gard et de l'Hérault
était sorti de son lit en 2002 causant alors d'importantes
inondations. Ce fleuve a été particulièrement surveillé hier :
son niveau, à hauteur de Quissac, est monté de 4 mètres en
quelques heures. Mais le soulagement a prévalu en fin
d'après-midi alors que la décrue s'accentuait. Le danger n'était
pas écarté pour autant, un nouvel épisode de pluie étant annoncé
dans la nuit. Une cellule de crise a été activée à la préfecture
du Gard.
Même prudence
dans le Vaucluse où plusieurs routes départementales et
communales ont été fermées à la circulation. De fortes pluies se
sont également abattues sur la ville de Cavaillon. La violence
des pluies a saturé les conduits d'évacuation des eaux fluviales
rendant impraticables les routes d'Avignon et de l'île sur la
Sorgue. Outre les dégâts matériels, les pompiers ont évacué une
personne handicapée prisonnière des eaux. La préfecture du Gard
estime que « sur tout l'épisode, en 24 heures, les cumuls
approcheront donc 300 à 500 mm de pluie dans le voisinage des
Cévennes et attend de fortes rafales de vent, de la foudre,
voire de la grêle ».
Sur les douze
départements mis en alerte, (Ardèche, Drôme, Gard, Hérault,
Loire, Haute-Loire, Lozère, et Rhône et la région PACA) Météo
France a invité les automobilistes à éviter « le réseau routier
secondaire » et les résidents « en zone habituellement inondable
» à prendre des précautions d'usage. Mais ces pluies orageuses
et intenses qui ont débuté dans la nuit de lundi à mardi à
minuit doivent s'achever au plus tôt ce matin vers 7 heures.
Un épisode classique
Les remontées pluvieuses
et orageuses intenses qui ont provoqué des cumuls de pluie
allant de 150 à 230 mm dans l'Ardèche procèdent d'un phénomène
météo très classique dans nos contrées et baptisé épisode
cévenol. Par ses pluies diluviennes et continues, il a semé
drames et destructions en Haute-Provence et en Languedoc, que ce
soit à Nîmes (1990) Vaison-la-Romaine (1992), dans l'Hérault
(1996,2005) ou l'Aude (1999). L'épisode cévenol résulte de la
percussion de grandes masses d'air humides et chaudes provenant
de la mer Méditerranée avec les montagnes cévenoles, plus
froides.
Ce choc en altitude
provoque de grands phénomènes de condensation qui déclenchent
des pluies torrentielles renvoyées par les Cevennes, la montagne
noire ou les monts de Lacaune vers le sud, soit le Languedoc et
le Tarn.
Sauf que lorsque la
température est plus chaude sur les Cevennes, ces masses
s'abattent sur l'autre versant, donc en Lozère, Ardèche et
Haute-Loire. Elles peuvent même se diriger plus au nord jusqu'à
Saint-Etienne et même la région lyonnaise si le vent du sud les
pousse ce qui est le cas depuis lundi. Ainsi, en 2008, la
Haute-Loire et la vallée du Gier ont déjà été victimes de ce
phénomène sud-nord en quelque sorte inversé qui pourrait bien se
reproduire aujourd'hui.
******
9000 foyers sans électricité
source : Var
Matin
Les orages de cette
nuit privent toujours 9 000 foyers d'électricité à Fréjus et
Cabasse. Les violents orages qui se
sont abattues sur le département dans la nuit de mardi à mercredi
ont fortement perturbé le réseau électrique. 18 000 foyers ont été
privés d'électricité dans l'ouest-Var, principalement à Saint-Cyr.
"Tout est rentré dans l'ordre ce matin", indique un représentant
d'EDF. Dans le reste du département en revanche, 9 000 foyers
restent privés de courant, du côté de Fréjus et de Cabasse
notamment. "Les pannes sont éparpillées et touchent toutes sortes de
lignes (haute et basse tensions), mais les agents d'ErDF sont à pied
d'oeuvre depuis cette nuit pour un retour à la normale
attendu dans la journée".
40 mm de pluie en
une heure au Castellet
Malgré des cumuls pluviométriques sur 6 heures pouvant atteindre 80
à 100 mm sur des secteurs très localisés sur un axe au Nord de
Toulon en direction de Draguignan avec notamment 40 mm sur 1 heure
au Castellet, aucun incident majeur n’est à déplorer au bilan de
6h00. Les réseaux autoroutiers et secondaires n’ont subi aucun
dommage, le trafic conserve sa fluidité. Seuls quelques chutes de
pierres et coulées de boue mineures ont été constatées, notamment
sur le secteur d’Ollioules et de Bagnols en Forêt.
Le département
repasse en vigliance jaune
Les réseaux SNCF et France Télécom n’a subi aucun dommage. La
vigilance reste de mise sur le réseau routier secondaire, même si
l’alerte pluvio-orageuse a été ramenée au niveau « jaune » à 6
heures.
******
Après les trombes d'eau, l'heure du
bilan
source
:
Midi Libre
Les fortes pluies qui se
sont abattues mardi et dans la nuit de mardi à mercredi dans des
secteurs localisés du Gard ont cessé ce matin, provoquant des dégâts
essentiellement matériels, a-t-on appris auprès des pompiers. Dans le
Sud-Est, Météo France a levé la vigilance rouge "orages" mercredi
matin.Le Gard est passé en vigilance jaune à 6 h ce matin.
Dans ce département, aucun blessé n'est à déplorer. Une cinquantaine de
personnes, essentiellement des automobilistes, ont été misesen sécurité,
entre Lédignan et Alès, a-t-on appris de même source.
« Des
reconnaissances se poursuivent encore ce matin, mais la pluie s'est
arrêtée et le dispositif
humain devrait être allégé »,
ont affirmé les pompiers.
Quelque 200 hommes ont été déployés dans une zone allant de Noves à
Tarascon et Saint-Andiol, où l'eau était montée mardi sur plusieurs
centaines de centimètres dans les rues de la commune. Il ne pleuvait
plus mercredi matin sur ce secteur, où les secours n'ont recensé que
des dégâts matériels, caves et rez-de-chaussée inondés principalement.
Du côté du réseau électrique, les équipes d’ERDF mobilisées depuis la
veille ont permis la réalimentation durant la nuit de 10 000 des
12000 foyers privés d’alimentation électrique.
Ce matin une centaine d’agents d’ERDF interviennent pour des réparations
importantes sur le réseau. En parallèle, les dépannages individuels se
poursuivent. Un retour à la normale pour la très grande majorité des
clients du Gard est prévu d’ici la fin de la journée.
Le réseau téléphonique a lui aussi subit quelques perturbations sur les
départements du Gard, de l'Hérault et de la Lozère. On dénombre selon
France Télécom, 3 000 dérangements, répartis de manière diffuse, sur ces
trois secteurs géographiques. A ces dérangements se rajoutent des zones
isolées.
******
Fortes pluies dans le Sud-Est,
uniquement des dégâts matériels
source
:
AFP
Les fortes pluies qui se sont
abattues mardi et dans la nuit de mardi à mercredi dans des secteurs
localisés du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse avaient cessé
mercredi matin, provoquant des dégâts essentiellement matériels, a-t-on
appris auprès des pompiers.
Dans le Sud-Est, Météo France a
levé la vigilance rouge "orages" mercredi matin pour le Gard, et la
vigilance orange pour les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var.
Dans l'ensemble de ces
départements, aucun blessé n'était à déplorer.
Dans le Gard, il est encore tombé
120 millimètres en une heure dans le secteur de Lédignan dans la nuit de
mardi à mercredi, ont précisé les pompiers du département, qui ont
effectué une centaine d'interventions.
Une cinquantaine de personnes,
essentiellement des automobilistes, ont été mises en sécurité, entre
Lédignan et Alès, a-t-on appris de même source.
Entre Nîmes et Alès, des voies
SNCF ont été endommagées par les intempéries. "Les travaux de
rétablissement sont en cours et devraient permettre la réouverture de la
ligne dès demain (jeudi, NDLR) matin", précise dans un communiqué la
SNCF, qui a mis en place des autocars de substitution.
Dans le nord des Bouches-du-Rhône,
les pompiers ont annoncé à l'AFP "avoir effectué 493 sorties dans la
nuit de mardi à mercredi".
Quelque 200 hommes ont été
déployés dans une zone allant de Noves à Tarascon et Saint-Andiol, où
l'eau était montée mardi sur plusieurs dizaines de centimètres dans les
rues de la commune.
Selon son maire, Luc Agostini,
"plus de 200 maisons, ainsi que de nombreuses voitures, ont été
touchées" mais la décrue s'annonçait mercredi midi, avec "l'arrivée du
mistral" et l'installation d'une énorme pompe.
"Nous avons demandé l'état de
catastrophe naturelle", a précisé le maire, qui n'était pas encore en
mesure de donner d'estimation chiffrée des dégâts.
A Tarascon, une centaine de
personnes ont été contraintes d'évacuer un camping en raison de la
montée des eaux du Vigueirat à 01h00: elles ont été conduites dans un
gymnase où des lits ont été mis à leur disposition, ainsi que des
boissons chaudes.
"Toutes ces personnes ont pu
regagner le camping à 09h00 ce matin", selon un communiqué de la
municipalité.
Dans le Vaucluse, quelque 160
pompiers étaient encore mobilisés entre Cavaillon et
l'Isle-sur-la-Sorgue, où la pluie est tombée entre minuit et 03H00,
nécessitant "quelques interventions, essentiellement pour des garages
inondés".
Enfin, dans le Var, où les orages
ont débuté mercredi, à 02H00, avant de se déplacer vers les
Alpes-maritimes, "malgré des cumuls pluviométriques sur six heures
pouvant atteindre 80 à 100 mm sur des secteurs très localisés (nord de
Toulon et Draguignan, NDLR) (...) aucun incident majeur n'est à
déplorer", selon la préfecture.
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Plus de 1000 campeurs évacués en
Ardèche
source
:
Le Dauphiné Libéré
Plus de mille campeurs ont été
évacués et 700 autres "mis en sécurité" dans la nuit de mardi à mercredi
en Ardèche, placée en vigilance rouge en raison des fortes pluies qui
ont fait déborder son principal cours d'eau.
"Nous avons réalisé 250 interventions et visité une quarantaine de
campings le long de la rivière Ardèche, pour évacuer un peu plus de
1.100 personnes" réfugiées dans des gymnases et salles des fêtes mis à
disposition par la préfecture.
Environ 700 personnes ont par ailleurs été mises à l'abri "sur des
points plus hauts du camping" dans les zones moins exposées aux crues,
a-t-il poursuivi, précisant que l'ensemble des interventions s'était
réalisé sans incidents.
L'Ardèche a été placée mardi soir en vigilance rouge, levée mercredi à 6
heures, en raison des fortes pluies qui ont fait monter la rivière
Ardèche "jusqu'à plus de six mètres à Vallon-Pont-d'Arc", dans le sud du
département, et "tout le dispositif de prévention mis en place mardi a
pu être levé", selon ce responsable.
D'après lui, il s'agit d'un niveau exceptionnel qui n'avait plus été
atteint depuis les crues de 1992. L'Ardèche avait alors débordé de huit
mètres au même endroit.
Les pompiers ont également secouru dans la nuit de mardi à mercredi
trois automobilistes dont la voiture avait été emportée par les eaux
près d'Aubenas, ainsi que trois randonneurs d'une vingtaine d'années
bloqués sur une paroi rocheuse dans les gorges de l'Ardèche.
"Ils n'étaient pas en danger, ils auraient pu passer la nuit là. Mais on
avait peur qu'ils paniquent, tentent d'escalader la paroi ou se jettent
à l'eau", a expliqué la même source.
Vers 7h00, l'Ardèche était déjà redescendue de deux mètres, et vers
9H00, "elle tendait à reprendre son cours normal", tandis que les
pompiers s'attaquaient "au travail de nettoyage et de pompage".
Ailleurs en région Rhône-Alpes, les sapeurs-pompiers étaient "encore
très affairés sur l'ensemble de l'agglomération lyonnaise" mercredi
matin après les orages de la nuit, "surtout pour des caves inondées".
Dans la Loire, les pompiers sont intervenus 150 fois, notamment dans la
vallée du Gier, dans le sud du département, qui menaçait de sortir de
son lit mardi soir, mais dont le niveau a finalement baissé en fin de
nuit. |
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Intensités pluvieuses dépassant les
150 mm/h à Mayres en Ardèche (Patrick BLIER)

Impact de foudre sous le système
convectif linéaire balayant le Gard en soirée du 7 septembre (Bruno
BISCARRAT)

Le 07 sept. entre 21h et 22h30 loc à La Garde-Adhémar;
Vue Sud-Ouest sur l'énorme cellule qui ce décalait d'Est en Ouest
(Mickaël NARCON)

Le 07 sept. entre 21h et 22h30 loc à La Garde-Adhémar;
Vue Sud-Ouest sur l'énorme cellule qui ce décalait d'Est en Ouest
(Mickaël NARCON)

Le 07 sept. entre 21h et 22h30 loc à La Garde-Adhémar;
Vue Sud-Ouest sur l'énorme cellule qui ce décalait d'Est en Ouest
(Mickaël NARCON)

Capture vidéo au sud du centre-ville d'Avignon le 7
septembre vers 4h15 loc. (Mickaël NARCON)
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