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L'EPISODE ORAGEUX DES 12 ET 13 JUILLET 2011 :
GRELE, RAFALES DE VENT ET INONDATIONS |
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Des orages violents ont
frappé le mardi 12 juillet 2011 une partie du Limousin, de
l'Auvergne, de la Bourgogne, de la Franche-Comté et de l'Alsace. Des
orages forts ont balayé certaines localités de la région
Centre, du Languedoc, de Midi-Pyrénées et de Champagne-Ardennes. Des
structures orageuses bien abouties ont été observées : LEWP, bow
echo et plusieurs cas de supercellules (avérées ou probables).
Le lendemain, mercredi 13 juillet, une forte activité orageuse
a concerné le Languedoc, la Provence et les Alpes du sud.
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►
résumé de l'épisode
orageux |
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L'épisode orageux de ces 12 et 13
juillet s'avère être le plus intense de la saison 2011 sur le
territoire national.
Dès la nuit du 11 au 12 juillet
et en matinée du 12, un système convectif de méso-échelle
balaie le littoral Atlantique, générant de fortes rafales de vent
sur la côte de la Charente-Maritime à la Vendée, avec de fortes
intensités pluviométriques (sur le Médoc par exemple). Ce MCS remonte
vers l'Ile-de-France et la Picardie en fin de matinée tout en se
déstructurant. De fortes rafales, supérieures à 100 km/h, sont localement enregistrées.
En fin d'après-midi et début de
soirée, de nouveaux orages s'organisent du Jura à l'Alsace d'une
part, sur le sud-ouest et le nord du Massif-Central d'autre part. Une
très
probable supercellule évolue entre Puy-de-Dôme et Allier
en début de soirée. Une
supercellule avérée balaie l'Allier,
la Saône-et-Loire et le Jura.
Par la suite, on note une
organisation significative de la convection entre le nord de
Midi-Pyrénées, le Limousin et l'Auvergne. Une structure en LEWP
parvient à se constituer, incluant un écho en arc (bow echo)
qui balaie alors le Puy-de-Dôme et le Cantal. Une deuxième très
probable supercellule frappe le sud de l'agglomération de
Clermont-Ferrand, juste à l'avant du LEWP.
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Image radar Wetter24 de 20h30 UTC
Constitution d'une structure en
LEWP sur le Massif-Central et de la Bourgogne au Jura. |
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Dans le même temps, de la
Saône-et-Loire (déjà fortement touchée dans l'après-midi par de
vigoureuses cellules) au Jura, un nouveau système convectif en LEWP
tente de se former avec petits échos en arc greffés. De
violentes rafales sont ponctuellement relevées dans le Doubs et
entre Côte-d'Or et Jura.
Dans le courant de la nuit
du 12 au 13 juillet, ces structures évoluent en un MCS imposant et fortement pluvieux,
qui se réactive en deuxième partie et fin de nuit sur le Languedoc,
puis sur la Provence le 13 au matin, sous une forme plus ou moins
linéaire.
Autres orages observés :
Des orages localement forts ont
été observés en matinée sur la région Centre, avec inondations
locales sur le département de l'Indre, où des infrastructures ont
été inondées dans plusieurs communes. Quelques dégâts sont également à
signaler sur le sud du département du Tarn, l'est de la
Haute-Garonne ou le nord du département de l'Aude.
Mercredi 13 juillet, en matinée,
des orages venteux (rafales de 60 à 90 km/h) ont balayé le Gard, le Vaucluse et
la Drôme, ainsi qu'une partie des Bouches-du-Rhône. En cours
d'après-midi, la plus forte activité s'est décalée vers les
Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, où des orages
grêligènes ont provoqué des phénomènes de ruissellement avec
accumulations en points bas et glissements de terrain, inondations urbaines et chutes de grêle
parfois significatives.
Informations complémentaires :
Le calcul provisoire de l'Indice
de Sévérité Orageuse (ISO) pour cette journée du 12
juillet 2011 ressort à plus de 30.
Cette valeur n'a été rencontrée qu'une seule fois, lors de l'épisode
orageux destructeur du
25 mai 2009 (ISO de 30,44).
Le 12 juillet 2011 est donc la
journée la plus orageuse qu'ait connu la France depuis cette date du
25 mai 2009. Le calcul définitif de l'ISO
pour cette journée, qui sera établi avec le bilan mensuel de
juillet, pourrait faire ressortir une valeur supérieure à celle du
25 mai 2009, plaçant donc la journée du 12 juillet 2011 en tête
depuis l'instauration de cet indice le 1er janvier 2009.
Il ne faut toutefois pas se
méprendre sur la signification de cette valeur particulièrement
élevée. En
effet, si l'épisode de ce 12 juillet 2011 a été plus étendu que celui
du 25 mai 2009, les phénomènes observés ont été moins intenses. Or,
l'Indice de Sévérité Orageuse prend en compte à la fois l'étendue de
l'activité orageuse et son intensité, et c'est sur le premier des
deux paramètres que cette journée du 12 juillet 2011 parvient à
compenser des intensités moins extrêmes que celles du 25 mai 2009.
Pour rappel, le 25 mai 2009, des grêlons géants de 12 cm avaient été
relevés, ainsi que des rafales de vent jusqu'à plus de 150 km/h avec
couloirs de micro- et macrorafales, deux tornades d'intensité EF1 et
des inondations.

Graphique des ISO quotidiens pour
les 4 journées les plus orageuses depuis le 1er janvier 2009.
En gris figure l'ISO temporaire calculé. En rouge figure
l'incertitude sur cette valeur, qui deviendra définitive avec le
bilan mensuel de juillet 2011 |
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De nombreuses chutes de grêle
ainsi que de violentes rafales de vent ont été observées lors de cet
épisode. La carte suivante pointe les chutes de grêle tous diamètres
confondus. Des chutes de grêle supérieures à
5 cm ont été relevées sur le nord du Cantal, le sud de la Corrèze,
l'Allier ou le Puy-de-Dôme. Plus généralement, les grêlons observés
en Saône-et-Loire, Franche-Comté et Haut-Rhin, sont voisins de 2 à 5
cm.
De violentes rafales convectives
ont été enregistrées par Météo-France sur plusieurs départements,
rendant de fait les orages violents de par la simultanéité de deux
phénomènes sévères. Une rafale proche de 100 km/h a été
relevée en matinée à Chouilly (51). Une violente rafale de 105 km/h
a été enregistrée à Chamblanc (21), ainsi que 97 km/h à
Sancey-le-Grand (25).
En première partie de nuit, des valeurs de 90 à 115 km/h sont
relevées à Issoire (63), Souillac (46), Mauriac (15), Nespouls et
Naves (19).
Des lames d'eau ponctuellement
supérieures à 60/80 mm sont également enregistrées du Massif-Central
au nord-est avec inondations parfois significatives localement. |
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►
contexte
météorologique |
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L’épisode orageux des 12 et 13
juillet
2011 s’est constitué dans une configuration synoptique particulièrement
dynamique, caractéristique
des sévères dégradations orageuses estivales sur notre pays.
Un thalweg très dynamique, associé à une profonde perturbation de
tropopause, s'étire du Nord-Pas de Calais jusqu' à la Péninsule
Ibérique. A l'aplomb du premier forçage d'altitude situé sur le Nord-Pas
de Calais, une méso-dépression se creuse dans l'air chaud et
humide de basse couche. Des advections de tourbillon à l'étage moyen
et à plus haute altitude, à l'avant du forçage principal, génèrent
un soulèvement dynamique prononcé, qui force une convection préfrontale bien organisée. Le bord
d'attaque de l'anomalie d'altitude principale vient pivoter sur les
Pyrénées puis le Golfe du Lion en fin de nuit du 12 au 13 juillet, avec
constitution d'un front froid actif, convectif et fortement orageux. |

Fig. 1 /
WRF 24 km EUROPE / run du 11 juillet 2011 18Z
Fig. 2 / WRF 24 km EUROPE / run du 11
juillet 2011
18Z
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Le vigoureux thalweg advecte une
masse d'air subtropical. Le modèle WRF 8 km simule une forte MUCAPE
(Fig. 3), supérieure à 2500 J/kg sur la zone la plus touchée par les
violents orages. La simulation semble cohérente par rapport aux valeurs
réellement observées par les radiosondages français et vis-à-vis des
points de rosée relevés.
La proximité des forçages d'altitude et la circulation d'un fort courant-jet à même la France permettent aux profils verticaux d'être
particulièrement bien cisaillés (Fig.4), aussi bien en profondeur
que dans les très basses couches. Sur l'épaisseur 0-6 km, les valeurs de
cisaillements atteignent voire dépassent les 25 m/s, ce qui constitue
une valeur optimale pour l'organisation d'une convection profonde
durable et sévère.
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Fig. 3 /
WRF 8 km FRANCE / run du 11 juillet 2011 18Z
Fig. 4 / WRF 8 km FRANCE / run du 11
juillet 2011 18Z
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Dans les basses couches de
l'atmosphère, des creux de méso-échelle plus ou moins bien dessinés
entretiennent un contexte fortement convergent. Les axes de convergence
demeurent particulièrement bien en phase avec les forçages d'altitude.
La teneur en eau précipitable de la colonne troposphérique explique
l'occurrence de fortes lames d'eau horaires (Fig. 5 et 6). |

Fig. 5 /
WRF 8 km FRANCE / run du 11 juillet 2011 18Z
Fig. 6 / WRF 8 km FRANCE / run du 11
juillet 2011 18Z

Passage d'un arcus très esthétique à
Gaye (51) en matinée du 12 juillet - Crédit photo Alexis BREDA

Un exemple de grêlons de grosse
dimension relevés lors de l'épisode orageux. Cliché capturé à
Saint-Ennemond (Allier) - Crédit photo Robert Chevet

Cliché obtenu sur les hauteurs de
Besançon (25) par Mickaël NARCON

Cliché obtenu sur les hauteurs de Besançon (25) par Mickaël NARCON

Cliché obtenu sur les hauteurs de
Besançon (25) par Mickaël NARCON

Cliché obtenu sur les hauteurs de
Besançon (25) par Mickaël NARCON

Tapis de grêle significatif à
Aigueperse (63) - Crédit photo Mike LAMANDE

Supercellule dans l'Allier au nord de Varennes-sur-Allier à 19h02 loc.
Le phénomène persiste jusqu'à Dole (39) - Crédit photo Vincent DELIGNY

Capture d'écran de la webcam d'Orcières
(05) au sommet du Drouvet (2655 m) après l'orage de grêle du mercredi 13
juin
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