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TORNADES ET AUTRES PHENOMENES APPARENTÉS :
TROMBES, TUBAS, GUSTNADOS |
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►
qu'est-ce qu'une tornade ? |
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Une tornade est un violent tourbillon
de vent d'axe vertical, semblable à un entonnoir qui relie le sol à la
base d'un nuage cumuliforme (Cumulonimbus), et qui se manifeste sous la
forme d'une colonne d'air en rotation, ordinairement rendue visible par la
condensation de la vapeur d'eau en son sein et par les débris soulevés par
le vent. |
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►
caractéristiques principales d'une
tornade |
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Il s'agit du phénomène météorologique
le plus intense et le plus destructeur qui soit, mais compte tenu de leur
courte durée de vie et de leur largeur limitée, les tornades passent
parfois inaperçues quand elles sont de faible intensité. En France, en
moyenne, les tornades ne durent que quelques minutes, pour une trentaine
de mètres de large et un couloir de dégâts de 1 à 2 kilomètres de long. Il
est relativement rare qu'une tornade sévisse plus de 10 minutes et que sa
trajectoire au sol excède 10 kilomètres.
En France, la majorité des tornades se
déplacent du sud-ouest vers le nord-est, et suivent en cela l'axe de
déplacement privilégié des orages. La trajectoire la plus fréquente en
saison froide est plutôt orientée ouest - est.
La vitesse de
translation d'une tornade
est directement liée à celle du nuage orageux dont elle dépend. En
moyenne, elle se déplace latéralement à une cinquantaine de km/h.
Les tornades sont majoritairement
dotées d'une rotation cyclonique dans l'hémisphère nord et d'une rotation
anticyclonique dans l'hémisphère sud. On peut néanmoins rencontrer des
rotations anticycloniques dans l'hémisphère nord, mais elles concernent
essentiellement les tornades non-supercellulaires. Ce sens privilégié de
rotation est intimement lié à l'organisation habituelle des vents lors des
dégradations orageuses propices aux tornades, beaucoup plus qu'à
l'influence de la rotation de la Terre.
La couleur de la tornade dépend
étroitement de la nature du terrain et des projectiles qu'elle arrache au
sol. Elle peut ainsi varier du gris clair (cas le plus fréquent) au rouge
lorsqu'elle s'abat sur un sol argileux. Mais parfois, notamment dans le
cas des tornades de faible intensité, le corps de la tornade peut
apparaître tronqué, notamment dans sa partie médiane. En effet, la
tornade, qui n'est qu'un vent tourbillonnant, devient visible d'une part
par les débris qu'elle véhicule mais aussi par la condensation de la
vapeur d'eau en son sein : quand l'air pénètre dans la tornade, la forte
baisse de pression qui y est associée génère une dilation et un
refroidissement de l'air. S'il se refroidit suffisamment, la vapeur d'eau
contenue dans l'air se condense en gouttelettes qui donnent ainsi à la
tornade la même teinte que le nuage dont elle est issue. Quand l'air
environnant est sec dans les basses couches, il faut une chute de pression
importante pour déclencher la condensation : dès lors, pour peu que la
tornade soit de médiocre intensité, la condensation ne se fait pas et le
tube de la tornade demeure quasi invisible et n'est détectable que près du
sol, là où les débris et la poussière tracent le corps du tourbillon.
Les tornades s'accompagnent d'un bruit
souvent comparé à celui d'un réacteur, d'un
hélicoptère volant en rase-motte, ou du bruit que l'on entend dans une voiture
roulant à vive allure avec les fenêtres ouvertes.
Contrairement à idée répandue, les tornades ne sont pas un phénomène rare en France. L'Europe de
l'ouest, les Etats-Unis et l'Australie sont les régions du globe les plus
fréquemment frappées par les tornades, et la France ne fait pas exception
au sein du continent européen, bien au contraire. Les statistiques
et estimations récentes montrent qu'une quarantaine de tornades se forment
chaque année en France, soit environ une tous les dix jours.
Certes, les Etats-Unis enregistrent en
moyenne 1500 tornades par an. Mais le territoire américain est 14 fois
plus grand que la France. Si la fréquence au kilomètre carré est donc
supérieure en moyenne aux Etats-Unis, la fréquence des tornades en France
est loin d'être négligeable et il ne se passe pas une année sans que des
dégâts importants soient infligés par une tornade en un ou plusieurs
points de notre territoire.
Il convient ici de tordre le cou à
l'expression passe-partout "mini-tornade". Cette dénomination, qui n'a
aucune signification météorologique, est abusivement employée pour
désigner des vents violents de toutes natures. On y mêle sans distinction
les rafales descendantes, les tempêtes et les tornades. Il s'agit d'un
abus de langage dommageable, dans la mesure où d'une part il nuit à
l'éducation du public en introduisant une lexicologie fantaisiste, et où
d'autre part il met sur le même plan des phénomènes météorologiques qui
répondent à des processus totalement différents.
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►
comment se forme une tornade ? |
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On entend souvent dire que les tornades
se forment suite à la rencontre brutale entre de l'air chaud et de l'air
froid. Cette simplification est abusive et n'explique en rien le processus
de formation des tornades : sous nos latitudes tempérées, des masses d'air
froid et des masses d'air chaud se confrontent en permanence, sans que
pour autant nous ayons à déplorer des tornades chaque jour.
Même s'il demeure un certain nombre de
mystères relatifs à la naissance d'une tornade, les principaux mécanismes
à l'œuvre sont désormais connus. Dans tous les cas, la tornade se forme
sous le courant ascendant d'air chaud d'une cellule orageuse et résulte du
redressement à la verticale de tourbillons d'axe horizontal présents dans
l'environnement. Ces tourbillons d'axe primitivement horizontal sont la
conséquence d'un cisaillement des vents dans l'atmosphère (changement de
direction et de vitesse du vent avec l'altitude). Dès lors, les éléments
nécessaires à la formation d'une tornade sont : un cisaillement des vents
et une instabilité atmosphérique.
Sur cette base commune, on distingue
deux principaux modes de formations :
- tornades mésocycloniques : ces
tornades sont issues d'une rotation d'ensemble de la colonne d'air
ascendant qui alimente l'orage (mésocyclone). Cette rotation d'ensemble
est imprimée par le redressement à la verticale des tourbillons d'axe
horizontal générés par le cisaillement vertical des vents, et constitue
dans les couches moyennes de l'atmosphère un meso-vortex d'un diamètre
moyen d'une dizaine de kilomètres. Ce tourbillon vertical ne suffit
néanmoins pas à donner naissance à une tornade, ce qui explique d'ailleurs
qu'une majorité de supercellules ne génèrent pas de tornade. Ainsi, pour
entrer en phase tornadique, le tourbillon vertical déjà constitué à
l'étage moyen est indispensable, dans la mesure où il distribue
favorablement les flux convectifs et organise un courant descendant décalé
par rapport au courant ascendant. Néanmoins, s'il est nécessaire, ce
mésocyclone de l'étage moyen n'est pas suffisant et doit être doublé par
un mésocyclone en basses couches, généralement situé entre 1 et 2 km
d'altitude. C'est ce dernier qui va permettre à la rotation de s'accélérer
et de se concentrer en un tourbillon de quelques centaines de mètres de
diamètre. La génération de ce mésocyclone de basses couches résulte de
l'interaction et de la mise en phase entre la rotation imprimée par le
mésocyclone des couches moyennes et le courant descendant d'air froid de
l'orage, qui va produire près du sol un fort tourbillon horizontal par
effet barocline (renforcement du gradient horizontal de température). Ce
tourbillon horizontal basculera efficacement à la verticale grâce à la
proximité des fortes ascendances convectives. C'est ainsi quand la
circulation supercellulaire est à maturité que le mésocyclone de basses
couches se constitue en renfort du mésocyclone de l'étage moyen, avec un
décalage latéral du côté de l'interface avec les courants descendants. La
supercellule entre alors en phase tornadique : la circulation rotative
étant en équilibre cyclostrophique, la quasi-totalité de l'air circulant
autour de la tornade en formation est contraint de s'y engouffrer par le
bas. Pour peu que le mésocyclone soit stable, le mécanisme s'emballe et,
par conservation du moment cinétique, la circulation se concentre en
s'accélérant en un tube qui gagne rapidement vers le sol. La tornade se
forme alors, et concentre ses vents les plus intenses dans les 2 à 300
mètres les plus proches du sol.
- tornades non-mésocycloniques : alors
qu'une tornade issue d'un mésocyclone résulte d'une rotation en profondeur
de l'atmosphère, une tornade non-supercellulaire ne met en jeu que les
plus basses couches atmosphériques. Dès lors, les tornades non-mésocycloniques
présentent une durée de vie courte et une intensité faible à modérée, qui
ne peut prétendre excéder le niveau F2 que dans de très rares cas. Elles
n'en sont pas moins à négliger, dans la mesure où elles représentent la
majorité des cas de tornades. Ces tornades se forment dans la phase de
développement d'un nuage convectif, sans nécessité d'une interaction avec
un courant descendant, par exploitation d'un misocyclone induit par des
discontinuités de surface associées à une forte convergence en basses
couches (front de brise par exemple). En résumé, ces tornades se forment
lorsqu'une forte convection s'enclenche en aplomb d'un misocyclone
(circulation rotative d'un diamètre inférieur à 4 km), ce dernier étant
généré par une discontinuité de basses couches.
Visuellement, une tornade en formation
se manifeste sous la forme d'un appendice qui se constitue sous la base du
nuage d'orage. Ce petit appendice (tuba) prend progressivement de
l'ampleur et commence à se prolonger en direction du sol. Généralement,
dans le même temps apparaît au niveau du sol un début de buisson,
c'est-à-dire un soulèvement de poussières. Ce dernier indique que le
tourbillon de vent se prolonge jusqu'au sol : la tornade est formée. Le
plus souvent, dans les secondes qui suivent, la jonction entre le sol et
la base du nuage orageux devient visible, sous la forme d'un entonnoir
continu. Son apparence varie alors de façon importante au cours de sa
brève durée de vie et peut aller d'un fin cordon tortueux et incliné à une
massive tornade large et verticale. Les tornades les plus intenses se
présentent généralement sous la forme d'une colonne relativement courte et
parfaitement verticale. Néanmoins, ce ne sont pas les tornades les plus
larges qui sont nécessairement les plus violentes : il n'est pas rare que
les tornades de forte intensité n'excèdent pas 200 à 300 mètres de large,
alors que certaines tornades de plus d'un kilomètre de diamètre ont déjà
été classées d'intensité F1. L'extension verticale de la tornade dépend
étroitement de la hauteur de la base de nuage d'orage. Néanmoins, quelle
que soit la hauteur de la base du nuage, la rotation s'étend depuis le sol
jusqu'aux niveaux moyens de la cellule orageuse (du moins dans le cas des
supercellules) ; on peut donc considérer qu'une tornade implique
ordinairement une rotation sur 4 à 6 km de hauteur, même si seuls quelques
centaines de mètres en sont visibles sous le nuage d'orage.
Une tornade se dissipe soit par défaut
d'instabilité (affaiblissement des ascendances) soit si elle est
confrontée à un environnement qui n'assure plus une convergence et une
rotation suffisantes. Généralement, une tornade se dissipe lorsque la
cellule orageuse à laquelle elle est associée entre dans une phase dominée
par la subsidence (renforcement des courants descendants et destruction de
leur équilibre avec les ascendances).
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Une tornade à multi-vortex désigne une
tornade où cohabitent au moins deux tourbillons. Ces tourbillons tournent
habituellement autour d'un centre commun, ou tournent parfois les uns autour des
autres. Dès lors, les tornades à multi-vortex sont souvent à l'origine de
dommages particulièrement sévères. |
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Système international de notation de
l'intensité des tornades. Elle tient son nom de son concepteur, le Dr Theodore
FUJITA. Elle a fait l'objet en 2005 et 2006 d'améliorations notables qui ont
conduit à la mise en vigueur, depuis janvier 2007, de l'échelle améliorée de
Fujita. L'ancienne échelle est encore utilisée dans de nombreux pays du monde.
Dégâts-types associés à chaque niveau de
l'échelle


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►
l'échelle améliorée de Fujita (EF-scale) |
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L'échelle la plus couramment utilisée pour
juger de l'intensité des tornades est
celle mise au point par T. FUJITA au début des années 1970.
Elle repose sur l'évaluation de la nature et de l'étendue des dégâts observés suite au
passage des tornades. Cette échelle a fait l'objet d'une
réévaluation en profondeur durant l'année 2005. Un groupement composé de
météorologues, d'experts en bâtiments et d'ingénieurs a réajusté précisément les
vitesses de vent à l'échelle des dégâts, en étudiant les effets du vent sur plus
d'une vingtaine de types de construction différents.
L'échelle améliorée de Fujita est en usage de
référence aux Etats-Unis depuis 2007. KERAUNOS utilise cette échelle également
depuis 2007.
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INTENSITÉ |
VITESSE DU VENT |
DÉGÂTS OBSERVÉS |
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EF0 |
105 à 135 km/h |
casse de petites branches d'arbres,
torsion de panneaux de signalisation |
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EF1 |
136 à 175 km/h |
arrachage de tuiles sur les toits,
déplacement latéral des voitures sur les routes, renversement de caravanes |
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EF2 |
176 à 220 km/h |
soulèvement de toits entiers,
déracinement d'arbres, des débris légers commencent à être emportés sur de
longues distances |
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EF3 |
221 à 270 km/h |
arrachage des murs, retournement de
véhicules lourds comme camions et trains, des objets de taille moyenne
(quelques kg) sont transportés en altitude |
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EF4 |
271 à 320 km/h |
soulèvement et déplacement de bâtiments
sans fondations, de véhicules légers, des corps de toutes sortes (pesant
jusqu'à une centaine de kilogrammes) volent littéralement |
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EF5 |
> 320 km/h |
soulèvement et déplacement de bâtiments
avec fondations, de camions, de trains, arrachage systématique de tous les
arbres et de toutes les structures proéminentes, les débris se
transforment en projectiles d'une violence inouïe |
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►
qu'est-ce qu'une trombe ? |
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Phénomène tourbillonnaire se présentant sous la forme d'un entonnoir touchant
une surface d'eau (mer, lac...). Les trombes se rencontrent sous les Cumulus ou
sous les Cumulonimbus dans certaines conditions d'instabilité et de
cisaillement. Une trombe est ordinairement moins puissante que la tornade, sa
cousine terrestre.
Par le passé, le terme "trombe" était
générique et désignait autant ce que l'on appelle trombe aujourd'hui (on
parlait alors de "trombe marine") que ce que l'on appelle tornade
aujourd'hui (on parlait alors de "trombe terrestre").
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Entonnoir visible sous la base d'un nuage de type Cumulus ou Cumulonimbus.
Un tuba devient une tornade si l'entonnoir touche le sol ou si des poussières et
des débris sont soulevés du sol. |
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►
qu'est-ce qu'un gustnado ? |
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Abréviation de "gust front tornado", un
gustnado désigne une tornade qui se développe sur un front de rafales. Les
tornades de ce type sont brèves et de faible intensité. Visuellement, elles se
limitent le plus souvent à un tourbillon de poussières et de petits débris, et
ne sont généralement pas reliées à la base du nuage orageux sous lequel elles se
développent. Même s'ils ne tiennent pas leur origine d'un mésocyclone, on peut
parfois observer un ou plusieurs gustnados sous une supercellule, en périphérie
lointaine du nuage-mur. Là aussi, leur formation se fait sur le front de rafale
(avant ou arrière). |
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►
qu'est-ce qu'un diable de poussière ? |
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Tourbillon venteux de petites dimensions, qui
se développe par temps chaud et ensoleillé, et qui est rendu visible par les
poussières et les débris qu'il soulève du sol. |
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